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Saturday, October 18, 2008

Les damnés

Je suis persuadé que les petits penseurs, qui se sont laissés influencer par le marxisme, et qui raisonnent en terme de classes, présupposant que l'une n'a pour seule volonté que la domination de l'autre, ne peuvent que favoriser la haine qu'ils cherchent, une fois que les hostilités ont été amorcées, à entretenir à tout prix. Ils ne reculent devant rien et attribuent les pires intentions à ceux qu'ils considèrent, dans leur délire de persécution, comme des ennemis.

La genèse du génocide qui a eu lieu au Rwanda est pour moi le meilleur modèle pour expliquer la lutte de classes. A l'arrivée des Allemands et des Belges, Tutsis, Hutus et Twas ne formaient qu'une seule ethnie ; ces appellations correspondaient aux groupes socioprofessionnels formés par des cultivateurs (environ 80% de la population), des éleveurs (environ 20%) et des potiers (environ 1%), .
Pour administrer le territoire, les Belges, convaincus de la supériorité des Tutsis, en qui ils voyaient des "nègres blancs", vont favoriser ce groupe, au détriment des Hutus - les Twas, infime minorité, ne sont pas concernés. Mais quand les Tutsis commencent à revendiquer l'indépendance, les colonisateurs belges renversent leur alliance au profit des Hutus, au nom de la démocratie - les cultivateurs étant plus nombreux que les éleveurs. Vers la fin des années 50, les premiers massacres se produisent. En effet, avec l'aide des Belges, les Hutus se sont emparés du pouvoir et chassent les Tutsis, dont plusieurs milliers prennent le chemin de l'exil vers les pays voisins. Le reste de l'histoire est suffisamment connue, surtout à partir du moment où les Français vont s'engager dans cette affaire avec l'effroyable résultat que personne ne peut ignorer.

Qu'ont fait les marxistes, après avoir discriminé la population en riches/pauvres, koulaks/prolos? Exactement la même chose que le premier président du Rwanda, Grégoire Kayibanda: appeler au meurtre, ce qui se nomme Révolution dans le jargon socialiste, et qui n'est, en réalité, qu'une guerre civile contre les "ennemis de l'intérieur" dont il faut se débarrasser pour établir le paradis sur terre, pour que ce ne soient plus les lendemains qui chantent, mais le jour même qui hurle sa joie, tous les caprices des pauvres se réalisant instantanément.

Bien entendu, les faibles d'esprit ne peuvent résister à cette promesse selon laquelle la cupidité du pauvre sera immédiatement récompensée par le vol d'un riche, même s'il faut en passer par le meurtre, ou plus exactement, à notre époque, en France, par le souhait de la mort de l'autre, ce salopard, ce nanti, ce banquier. [Laissons le Juif de côté, qui a déjà suffisamment à faire, même si Badiou soutient que la disparition du Juif,  jusqu'à la complète dissolution de son nom, permettra enfin l'avènement du communisme, du vrai, encore plus beau que dans les rêves les plus sanguinaires de Saloth Sar, dit Pol Pot [Politique potentielle], le pote de Badiou, justement.].

Mais inutile d'insister. Ce dont je parle ici est tout à fait visible aujourd'hui. Ce déferlement de haine, qui, jusqu'à la faillite de Lehman Brothers, se prononçait à mots plus ou moins bien couverts, explose au grand jour sur la franco-bloggosphere et dans les médias nationaux.

Les damnés de la bloggosphere hurlent à la Lune, comme des chiens fous qui crèvent de peur à l'idée de perdre leur gamelle et leur niche. Pauvres clébards tenus en laisse par leur salaire de misère, mais incapables de supporter la liberté !