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Wednesday, June 24, 2009

i-Esclaves modernes

C'est au sujet des réseaux sociaux qui ont occupé une place importante dans l'imaginaire de ceux qui ont suivit le soulèvement d'une partie du peuple iranien suite à l’élection présidentielle du 12 juin dernier en Iran. Une élection qui a fait l’objet de manipulations à grande échelle, par le pouvoir en place.

Au moment où je rédige ces lignes, je crois qu'il est bien possible que la situation politique iranienne reste en l'état, et que, dans les jours qui viennent, le cours ordinaire de la vie reprenne "comme avant".

Pour en revenir à la technologie dont il a été beaucoup question, je pense que ces outils informatiques - Twitter, Facebook, Youtube, Flick, etc. - sont à double tranchants. Effectivement, cette technologie permet aux opposants de se regrouper, d'exprimer des revendications de justice sociale via Internet, et de se faire entendre des autorités, dans une certaine mesure. Mais, si les Iraniens en sont arrivés à de telles violences, c'est que le Pouvoir n'a pas encore mis en place un système de contrôle social tel que nous je connaissons dans les démocraties occidentales. Un contrôle des masses qui passe par la prévention des insatisfactions, des heurts, des frustrations justement grâce, en partie, aux nouveaux outils informatiques, dont les réseaux sociaux. Ces réseaux permettent d'absorber en douceur les pics d'insatisfaction collective, ces crises qui surviennent régulièrement au sein de la société. Les blogs, Facebook, Twitter offrent la possibilité aux administrés d'un gouvernement de formaliser par la parole, donc de les exprimer publiquement, toute sorte d'insatisfactions. Ces prises de paroles jouent certainement un rôle de soupape et les autorités - tous les ministères ont des cellules de veille informatique - peuvent voir se former, avec suffisamment d'avance pour tenter de les juguler, les situations sociales difficiles qui peuvent poser problème sur le plan sécuritaire.

Les Iraniens, en prenant leur destin en main, ont encore la chance de pouvoir créer des instants lourds de sentiments véritables d'accès à la Liberté. Les occidentaux n'ont plus ce noble privilège depuis des lustres : l'Etat s'est introduit partout, contrôle tout [cf. le biopouvoir de Foucault à Agamben]. On peut imaginer sans peine que les réseaux sociaux, au lieu d'apporter plus de libertés, ôtent au contraire des possibilités aux individus de faire face au Pouvoir qui s'est immiscé jusque dans leurs chiottes, en leur indiquant de quelle manière ils doivent se torcher. Ceux qui hurlent au triomphe de Twitter sont donc les plus atteints, les plus soumis, les moins libres.

Ce qui m'a plu dans le déroulement de cette contestation populaire, en Iran : c'est, par PC interposés, d'avoir vu des personnes agir librement, au point de mettre leur vie en jeu. Ici, on n'a plus que le simulacre de la conquête des libertés, avec ses manifestations bidons, sans enjeu. Les manifestants occidentaux sont subtilement manipulés de tout côté par des autorités qui ont compris l'avantage de la violence psychologique indolore sur la violence physique. Paradoxalement, ces "révoltés" sont tout de même conscients de jouer un rôle dont ils sont fier : ils admireront la performance artistique, après la manifestation, en se regardant défiler sur l'écran, lors du journal TV, et, maintenant sur un i-Phone, grâce à Youtube. Ces i-Esclaves qui se soumettent volontairement à l'arbitraire des gouvernements démocratiques portent un nom : citoyens.

Ridicules et pitoyables occidentaux ! Salut aux courageux Iraniens !!!

Wednesday, April 22, 2009

Souvenirs

meknes 1956 souvenirs riot
C'est la première fois qu'une trace de ce massacre fait surface sur le Web. Mais, je devine que les personnes plus âgées que moi - j'étais trop jeune pour m'en souvenir - ont du mal à en parler. Alors, je ne poserai pas plus de questions. Cette histoire m'accompagnera encore, sans que je ne cherche à en savoir plus que ce que je n'en sais déjà.

Wednesday, April 15, 2009

Chirac, ce héros...

Jacques Chirac, avec 74% d'opinions positives, s'empare de la première place du classement des personnalités selon un sondage Ifop/Paris-Match à paraître demain.
Comment voulez que je ne passe pas mon temps à me foutre de la gueule des trois quarts des Français avec qui j'entre en interaction ? 3/4 de xénophobes et 3/4 de demeurés, voilà avec qui je suis régulièrement en contact. Quand on sait que dans le quart restant, nombreux sont ceux qui ont soutenu et soutiennent encore Ségolène Royal, Jean-Marie Le Pen ou Olivier Besancenot et même Yannick Noah ou Francis Lalanne...

Thursday, April 9, 2009

Citoyens en série

Je viens de recevoir un mail, une invitation de La Fondation pour l'innovation politique, sur lequel on peut lire le texte suivant :
Les blogueurs ont fait une entrée aussi soudaine que fracassante dans l'espace public démocratique. La blogosphere recouvre une variété très hétérogène de lieux d'expression et de débat. Qu'ils soient rédigés par des novices, par des amateurs ou par des «professionnels», les blogs bousculent la sphère publique traditionnelle : les médias, dont ils sont complémentaires et parfois concurrents; le monde politique qui voit en eux de possibles «influenceurs».
Cette déclaration sous-entend que les bloggers seraient à l'origine d'un débat politique diversifié, où s'affronteraient des conceptions multiples, susceptibles d'enrichir la pensée publique, le dialogue politique.

Mais qui peut croire à de pareilles conneries ? Il faut une sacrée dose d'auto-suggestion pour en arriver à écrire de telles absurdités. En quoi la sphère publique traditionnelle serait-elle bousculée puisque les bloggers ne font que se ranger par affinités ? Une fois qu'ils ont été répertoriés sous une étiquette, c'est à dire, une fois qu'ils se sont rangés d'eux-mêmes dans un courant politique, ils n'auront de cesse que de renforcer la doxa. La doxa, pour ceux qui ignoreraient qu'ils en abusent sans le savoir, est le discours lié aux représentations communes, fait de paroles de "bon sens", donc de préjugés infondés et de stéréotypes moisis.

La bloggosphere est un espace de contrôle de la pensée. On vient d'en avoir un exemple avec la récente histoire R.O., chacun contrôlant l'autre pour éliminer tout ce qui serait déviant par rapport au discours autorisé, ce dogme qui fige toute réflexion et restreint la liberté de penser. Le blogger doit s'interdire d'exprimer quoique ce soit qui pourrait désagréger la masse que représente sa blogroll. Une meute défensive se crée automatiquement dès qu'il y a un risque que soit remis en cause le courant de pensée dominant.

Le monde politique n'a pas tort de voir parmi les membres de ces meutes de possibles "influenceurs", mais certainement pas dans le sens d'une politique nouvelle et audacieuse. Bien au contraire, tout concorde pour faire du blogger sous influence un normopathe apathique, qui, bien sûr, se pensera hautement inventif et même parfois subversif, mais tout aussi inventif et subversif que son voisin de blogroll. Car, tous expriment, à la virgule près, un discours pré-formaté qui rassure le normopathe. Aussi, ce dernier le répète inlassablement, sachant que cela renforce son intégration au sein du groupe, ce qu'il perçoit, bien sûr, comme quelque chose de valorisant. C'est donc la répétition du "même" dans les limites du courant politique imparti. Rien de plus !

Internet ou la machine à fabriquer rapidement des bourrins en grande série. On appelle ça des citoyens. Pauvres types, c'est pathétique !

Thursday, March 19, 2009

Vague brune en Italie

Un journaliste de La Repubblica, Paolo Berizzi, dresse un tableau impressionnant du néofascisme. Il a enquêté au sein des partis politiques, dans les stades, les centres sociaux et les écoles. Il en ressort des chiffres préoccupants.
Selon lui, il y a dans l’Italie d’aujourd’hui «au moins 150 000 jeunes Italiens de moins de 30 ans qui vivent dans le culte du fascisme et du néofascisme, dont certains cultivant le mythe d’Hitler». Depuis quelque temps, la nostalgie du Duce séduit d’ailleurs de plus en plus les jeunes. Jamais les visites sur la tombe de Benito Mussolini n’ont été aussi nombreuses. La vague noire touche tout le pays: du Trentin à la Calabre en passant par la Lombardie et le Latium. La capitale, Rome, recense selon le journaliste, 50 000 néofascistes. [suite]

Saturday, March 14, 2009

Bande de cons

Ce qui suit sont des passages extraits d’un enregistrement fait lors d’un cours de Georges Frêche, professeur honoraire d'histoire de droit romain à l'Université Montpellier I, devant ses étudiants, en 2008. Georges Frêche est accessoirement président du conseil régional de Languedoc-Roussillon, président de la communauté d'agglomération de Montpellier et conseiller municipal de Montpellier. Il fut député de l'Hérault et maire de Montpellier (1977-2004).
[...]Ah, mais si les gens fonctionnaient avec leur tête, mais les gens ils ne fonctionnent pas avec leur tête, ils fonctionnent avec leurs tripes. La politique c’est une affaire de tripes, c’est pas une affaire de tête, c’est pour ça que moi quand je fais une campagne, je ne la fais jamais pour les gens intelligents. Des gens intelligents, il y en a 5 à 6 %, il y en a 3 % avec moi et 3 % contre, je change rien du tout. Donc je fais campagne auprès des cons et là je ramasse des voix en masse.[...]

[...]Les cons sont majoritaires, et moi j’ai toujours été élu par une majorité de cons et ça continue parce que je sais comment les « engraner », « j’engrane » les cons avec ma bonne tête, je raconte des histoires de cul, etc… ça un succès de fou, ça a un succès fou. iIs disent, merde, il est marrant, c’est un intellectuel mais il est comme nous, quand les gens disent "il est comme nous", c’est gagné, ils votent pour vous. Parce que les gens ils votent pour ceux qui sont comme eux, donc il faut essayer d’être comme eux.[...]

[...]Les cons sont cons et en plus ils sont bien dans leur connerie. Pourquoi les changer, pourquoi voulez vous les changer ? Si vous arrivez à faire en sorte que les gens intelligents passent de 6 à 9 % voire à 11, vous ne pourrez pas aller au-delà. Mais les cons sont souvent sympathiques, moi je suis bien avec les cons, je joue à la belote, je joue aux boules. Je suis bien avec les cons parce que je les aime.[...]
Vous n'aurez aucun mal à trouver, sur le Net, des documents qui démontrent le cynisme époustouflant de cet élu. Pourtant, comme tout cynique, Frêche s'appuie sur un fond de vérité et c'est bien sur cette parcelle de vérité que mon point de vue rejoint le sien : les électeurs sont cons, c'est une évidence. Ça n'est pourtant pas difficile à comprendre : s'ils n'étaient pas si cons, il n'y aurait tout simplement pas d'élus, personne ne pourrait s'arroger la moindre parcelle de pouvoir.

S'il a y certaines choses que j'ai mis du temps à comprendre dans ma vie, s'il a y encore plus de choses que je ne comprends pas et que je ne comprendrai certainement jamais, j'ai très tôt compris sur quoi reposait le fameux "suffrage" électoral. Vous comprendrez que, pas une seule fois dans ma vie, je n'ai voté, qu'il ne m'est jamais venu à l'idée de demander ma carte d'électeur. Autant me demander d'aller volontairement m'inscrire comme "con", sur la longue liste de cons et de me déplacer, ensuite, comme un con à chaque élection, pour glisser un bulletin dans une urne, certifiant par ce geste que je suis bien un con. Pour qu'enfin, un gros con cynique, tel que Frêche, puisse me cracher à la gueule en toute impunité.

Dire que Ségolène Royale, amie de Frêche, utilise pour parler des électeurs le concept d'"intelligence collective". Hahahaaaaa ! Bref, si les politiciens vous pissent à la raie du cul, c'est bien fait pour vos gueules, bande de cons, vous ne méritez pas mieux.

Thursday, March 12, 2009

Liberté d'expression

La Charte des droits fondamentaux de l'Union ne mentionne pas directement l'accès à Internet, mais son article 11 stipule que
toute personne a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques, et sans considération de frontières.
Pour plus de précisions sur Hadopi, suivre la comparaison des libertés françaises avec celles en vigueur dans l'Empire du Milieu.

Wednesday, March 4, 2009

Ça craint

Je viens de lire sur Wikipedia que Jean-François Kahn a débuté sa carrière de journaliste avec comme bagage universitaire une licence en Histoire. C'est vers la fin de la guerre d'Algérie, où il aura l'occasion d'y faire des reportages, qu'il a commencé a travailler. Il me semble, qu'après 50 années passées au contact de l'écrit, un journaliste doit être en mesure d'énoncer des phrases qui soient cohérentes... a minima.

Je relève, sur Le Monde d'aujourd'hui, que Jean-François Kahn a rappelé la montée des extrémismes en Europe après la crise de 1929, en déclarant : "Si on ne remplace pas d'urgence l'injustice économique par l'humanisme, cela sera un retour au sol, au sang, à la race, aux tribus et aux intégrismes religieux. Y compris en Scandinavie où je m'attends à une poussée de l'extrême droite." Suite à cette lecture, je suis inquiet pour la santé mentale de ce retraité qui se présentera aux élections européennes.

Mais je suis encore plus inquiet de savoir que de telles âneries sont rapportées par d'autres journalistes, qui, comme Geoffroy Deffrennes, ne se demandent même pas de quoi peut bien parler Khan. On dirait une phrase extraite d'un des blogs de cet abruti de Nicolas Jegun. Un homme ou une femme à jeun, en possession de facultés intellectuelles intactes ne peut rien entendre à ça, mais personne n'a l'air de s'en inquiéter. Certains iront même jusqu'à voter pour lui.

Ça craint, n'est-ce pas ?

Wednesday, February 25, 2009

Bordel martiniquais

grenadines map bequiaMon frère qui a quitté Le Marin, son port d'attache, il y a quelques jours, m'a expédié un mail de Bequia où il se trouve en ce moment.

Voici ce qu'il m'écrit :
"En Martinique, c'est toujours le même bordel. La grève continue et cela tourne à une "guerre" raciale. Les grévistes, tous fonctionnaires ou employés municipaux, barrent l'accès aux diverses zones commerciales et industrielles, empêchent les blancs d'aller travailler et laissent passer les blacks pour qu'ils puissent bosser.
T., [une de ses amies, chef d'entreprise, à la peau blanche], ne peut ainsi rejoindre son labo et va certainement vers une faillite. Cela devient du délire.
Cette grève est en train de faire beaucoup de mal à tout point de vue sur la Martinique."


Évidement cette situation est connu de tous, aussi bien en Guadeloupe qu'en Martinique. Pourtant, je n'ai pas eu l'occasion de lire un seul papier dans la presse qui parle ouvertement du fait que des Antillais à la peau foncée et, de surcroît, au service de l'État, se livrent à de la discrimination raciale. Comment se fait-il que cela soit passé sous silence ?

Qu'en pensent Besancenot, Bové, Royale qui sont allés soutenir ces grévistes ? Qu'en pensent les tordus qui soutiennent Besancenot, Bové, Royale et compagnie ?

Enfin... ces deux dernières questions sont déplacées, oubliez-les : on sait que ces gens ne pensent pas.

Tuesday, February 24, 2009

Hypocrisie de bon aloi

Oui, je sais, le billet précédent, n'aura aucune portée psycho-socio-politique. 98% des lecteurs vont automatiquement rejeter mes propos et, peut-être même, iront jusqu'à donner raison au dessinateur, uniquement parce qu'ils ne supportent pas l'insulte. Ce pays peuplé de cervelles de mouche voit de la violence partout, ou plutôt, ne voit pas la violence où elle se planque généralement. Il suffit que l'injure soit masquée par une tournure de phrase qui fait qu'elle n'est pas prononcée directement, mais de manière implicite, pour qu'elle soit acceptée par les cervelles foulonnisées. L'insulte franche, sans équivoque est quelque chose d'insupportable pour l'oreille du blogger moyen, le civilisé français du IIIème millénaire.
Encore un domaine, dans lequel je suis inassimilable. Je n'arrive pas à produire tous les efforts que l'hypocrisie de bon aloi réclame. Impossible d'être dans le ton, en harmonie avec le décor aux couleurs crasseuses, baveuses.

Thursday, February 19, 2009

L'université, pour quoi faire ?

Martine Laval a reçu ce matin ce mot de Pierre Jourde, écrivain et professeur d'université.

"Pendant des décennies, l’université a avalé sans broncher les réformes les plus burlesques. Et voici brusquement les universitaires de toutes tendances politiques, les présidents d’université les plus modérés, les chercheurs les plus prudents, gauche et droite mêlées, qui se retrouvent dans la rue, à lever le poing avec des étudiants et de jeunes chercheurs. Pour en arriver à cela, il faut un sentiment profond d’humiliation, de mépris pour les professions intellectuelles, qui dure depuis très longtemps, et qui ne vient pas seulement de nos hommes politiques, mais aussi de la représentation qui est donnée de ces professions par certains médias, à partir d’une méconnaissance profonde de leur réalité quotidienne.

Cela ne tient pas seulement au déferlement des clichés populistes. Ce n’est pas seulement parce que l’on fait passer pour des fainéants des gens qui ne cessent de travailler, pour des salaires minables, dans des lieux souvent sordides. Ce n’est pas seulement parce que l’on prétend évaluer enfin des chercheurs qui le sont en réalité toute leur vie, sur des critères très sélectifs. Ce n’est pas seulement parce que le temps qui pourrait être consacré aux étudiants et aux recherches est en réalité dévoré par une bureaucratie envahissante. C’est aussi et surtout parce qu’il s’agit d’une politique globale de destruction de la culture générale, qui touche l’université, la formation des professeurs, les concours de la fonction publique, l’audiovisuel, etc.

Nous formons les futurs professeurs, et on nous demandera de les recruter, non plus sur ce qu’ils savent en littérature ou en sciences, mais sur des critères techniques étroits. Dans tous les domaines, il s’agit de ne former que des visseurs de boulons soumis, étroitement rivés à leur tâche. Et cela concerne l’éducation dans son ensemble, de la maternelle à l’université. Les universitaires manifestent contre cette vision de la société.

Nous ne voulons pas former seulement des techniciens soumis, aux compétences étroites, mais des hommes et des citoyens. Nous pensons que la recherche est d’autant plus créatrice qu’elle n’est pas soumise à des objectifs purement utilitaires. Que le sens d’une vie ne se résume pas à des savoir-faire techniques. Qu’un professionnel est d’autant plus efficace que sa vision n’est pas étroitement limitée à son domaine de compétence. Que la culture est partie intégrante du fait de devenir homme."

C'est, globalement, ce point de vue que BBL défend en réponse à une question posée par Rubin Sfadj : "Autonomie des universités : une bureaucratisation en trompe l'oeil ?"

Monday, February 9, 2009

Socialisme des cavernes

Gérard Grunberg, directeur de recherche au CNRS / Sciences Po, a lu le bouquin que viennent de publier Besancenot et Bensaïd : Prenons parti. Pour un socialisme du XXIe siècle. Grunberg nous fait remarquer que depuis plus de cent cinquante ans, une infinité de textes anticapitalistes ont été écrits. Il affirme que "celui-ci [Prenons parti] est indéniablement l’un des plus vides". Pour ce chercheur :
"L’argumentation est réduite à sa plus simple expression. Le capitalisme étant la cause de tous les maux, il suffit de le supprimer. Et pour cela, le peuple doit le vouloir et se lever, car il ne faut pas compter sur les élections pour cela. La crise actuelle peut être résolue ainsi: "Dès aujourd’hui, nous prétendons qu’en donnant à la majorité du peuple un emploi stable, correctement rémunéré, avec une protection sociale généreuse et plus de services publics, non seulement les pouvoirs publics prendraient des mesures de justice sociale et de solidarité, mais ils emprunteraient la seule voie de rationalité économique possible qui permettrait la sortie de crise" (p.24)."
"Aussi simple que cela", ironise Grunberg.

Friday, January 30, 2009

La pensée politique de Rousseau

"On a souvent écarté la pertinence actuelle de la pensée politique de Rousseau en reléguant (au mieux) son champ d’application aux petites républiques antiques ou en y voyant (au pire) la préfiguration des dérives modernes de la tyrannie des masses et du totalitarisme. Ces lectures sont surtout des moyens de rester sourd à ce que Rousseau nous donne à penser sur nos propres démocraties, lorsqu’il théorise les conditions de possibilité de la démocratie en général et lorsqu’il observe avec scepticisme la préfiguration des démocraties représentatives modernes que constitue en son temps le modèle anglais (CS, III, 15).

Toute sa pensée politique repose sur ce qu’il nomme lui-même quelques "principes" simples.

Premièrement, la politique et le droit concernent toujours la totalité d’un peuple donné. La politique est donc par définition "chose publique" (res publica) et par conséquent il n’est pas d’autre régime politique légitime que le régime républicain ; ce qui s’entend, dans son vocabulaire, comme régime mettant entre les mains de la totalité du peuple les décisions législatives qui le concernent. La chose publique doit être l’affaire de tous, sans quoi elle sera toujours l’objet d’une usurpation despotique plus ou moins radicale.

Deuxièmement, la vie démocratique suppose que les membres de la société aient une conscience minimale de l’existence d’un intérêt commun, défini comme ce qu’il y a de commun entre les différents intérêts particuliers (CS, II, 1).

Une démocratie peut-elle faire abstraction de ces deux principes sans entrer en contradiction avec elle-même ? Et l’approfondissement de ces deux principes n’éclaire-t-il pas les tensions qui travaillent structurellement les démocraties modernes ?"
Blaise Bachofen

Thursday, January 29, 2009

Abolissons la fonction publique !

Près de 26% des fonctionnaires ont fait grève aujourd'hui à l'appel de tous les syndicats de la Fonction publique, a affirmé le ministère dans un communiqué. Un chiffre qui m'oblige à réviser mon opinion sur les serviteurs du Contribuable: 74% de gens raisonnables parmi cette corporation, c'est déjà pas si mal !

Ce sont leurs syndicats et les ténors de la gauche qui doivent être déçus. C'est triste, n'est-ce pas ? On sait qu'une bonne partie des employés de l'Etat n'a déjà pas le moral. Evitons leur de telles déceptions : interdisons leur le droit de grève pour qu'ils n'aient plus à faire face à ce genre d'échecs. Ils passent suffisamment de temps, tout au long de l'année, à se lamenter. Aussi, soyons sympas; aidons ces pauvres hères; révoquons le droit de grève pour ses manants; les petits kapos syndiqués ne pourrons pas les pousser à arpenter la rue contre leur gré.

Et même, mieux ! Affranchissons ces esclaves des temps modernes. Abolissons la fonction publique ! Que ces hommes et ces femmes puissent vivre dignement en rejoignant la cohorte des nobles travailleurs du privé.

Qu'en pensez-vous ? N'est-ce pas là, une généreuse idée ?

Wednesday, January 28, 2009

Libérez les transports publics !

"En réponse à une grève indécente, ouvrons à la concurrence des transports en commun", c'est ce que propose le Parti libéral démocrate. Cet appel est relayé par Libertas.

Sept Français sur dix (72%) sont favorables "à une limitation du droit de grève pour instaurer un service minimum dans les transports publics", selon un sondage IFOP réalisé pour l'organisation libérale "Contribuables associés" et 6O% estiment "qu'il est nécessaire d'introduire de la concurrence dans les transports ferroviaires en France", contre 40% d'un avis contraire.

Je pense que c'est une excellent projet. Et vous aussi, n'est-ce pas ?

Tuesday, January 27, 2009

Une gouvernementalité néolibérale ?

"La construction d’une société de concurrence concerne tous les champs de l’action publique et tous les domaines de la vie sociale et individuelle. Fondée sur une anthropologie totale de l’homme économique, elle met en œuvre des ressorts sociaux et subjectifs spécifiques, la concurrence, la responsabilité, l’esprit d’entreprise, et vise à produire un sujet nouveau, l’homme néolibéral. Il s’agit en somme de produire un certain type d’homme qui serait apte à se laisser gouverner par son propre intérêt. L’objet du pouvoir n’est donc pas donné, il se réalise dans les dispositifs que le gouvernement crée, entretient, stimule.
"Le gouvernement néo-libéral n’a pas à corriger les effets destructeurs du marché sur la société. Il n’a pas à constituer, en quelque sorte, un contrepoint ou un écran entre la société et les processus économiques. Il a à intervenir sur la société elle-même dans sa trame et dans son épaisseur. Il a, au fond […] à intervenir sur cette société pour que les mécanismes concurrentiels, à chaque instant et en chaque point de l’épaisseur sociale, puisse jouer le rôle de régulateur. […] Ce n’est pas un gouvernement économique, c’est un gouvernement de société" [Michel Foucault, Naissance de la biopolitique, Cours au collège de France, 1978-1979]"
Xavier Desjardins, "Le logement social au temps du néolibéralisme", Métropoles, 4, Aménagement urbain et transition post-keynésienne, [En ligne], mis en ligne le 18 décembre 2008. URL : http://metropoles.revues.org/document3022.html. Consulté le 27 janvier 2009.

Wednesday, January 14, 2009

Video clash

Je n'aime pas beaucoup les vidéos sur les blogs. Mais après en avoir publiées trois concernant des manifestations pro-palestiniennes, puis après les avoir enlevées et ensuite les avoir à nouveau republiées, j'ai fini par me dire qu'elles seraient plus à leur place sur un blog qui me servait de laboratoire, de banc d'essais pour les templates que je dessinais.

Aussi, Paul, tu retrouveras les vidéos dont on parlait à l'adresse suivante:
http://goliathus.blogspot.com/2009/01/free-free-palestine.html

Thursday, December 18, 2008

Jeunes merdeux

Extrait d'un reportage intitulé "Le ministre recule pour mieux nous arnaquer", voici ce qu'on peut lire sur Le Monde :
Pour Devi Langouët, 16 ans, en première L à Rennes, responsable départemental de l'UNL, le mot clé reste celui de suppression. "Tant que les suppressions de postes sont maintenues, on continue". Il ne voit pas les vacances d'hiver comme un obstacle. "Si les suppressions de postes ne sont pas remises en cause, ça va s'enflammer. Il y aura de la rage. Des blocages et pas que des blocages de lycées", dit-il, tout en assurant qu'il ne "souhaite pas cette radicalisation".
Je n'arrive pas à me décider pour l'attitude qu'il me faut prendre suite à la lecture d'une chose pareille. Dois-je me tordre de rire devant tant de stupidité infantile ou dois-je me déclarer totalement hors jeu et me situer encore plus en marge que je ne le suis déjà de cette société ? Une société dans laquelle je vis, mais à laquelle je refuse totalement de participer du point de vue de la citoyenneté.

Dans un roman, Milan Kundera fait dire à un de ses personnage : "Comment vivre dans un monde avec lequel on n'est pas d'accord ? Comment vivre avec les hommes, quand on ne sait pas être des leurs ?" Et ce sont des questions qui se posent pour moi, avec acuité.

Le problème est bien là, car je ne peux, en aucune façon, accepter d'adhérer à une société qui tolère, entre autres, que des enseignants - afin de préserver un pouvoir d'achat qui serait pénalisé en cas de grève - utilisent de jeunes merdeux pour paralyser des lycées et les encouragent implicitement à bloquer des voies publiques, et même, à quelques déprédations stupides, en faisant passer ces conneries pour des actes civiques héroïques.

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1 prof pour 12 élèves [PDF]


Un enseignant pour 12,2 élèves dans le secondaire. La France fait mieux que la moyenne des pays de l'OCDE (1 pour 13). Moins avantagée que l'Espagne ou l'Italie (10,6), elle bénéficie d'un taux d'encadrement bien meilleur que ceux du Royaume-Uni (14,1), de l'Allemagne (15,1) ou des Pays-Bas (16,2). Cette moyenne cache évidemment des réalités variées. Un enseignant n'a pas toujours le même nombre d'élèves devant lui, puisqu'un tiers des heures de cours est dispensé en groupe. De même, les effectifs d'une classe de latin n'ont rien de comparable à ceux d'une classe de français.

Saturday, December 6, 2008

L'Europe en 2020

Le 14 Novembre dernier, Rubin me taggait avec pour mission de fournir des réponses au questions suivantes:
Quelle Europe voulez-vous en 2020 ? Quelles doivent être les 4 priorités à mettre en œuvre dès aujourd'hui pour améliorer l'Europe, la rendre plus démocratique, plus compétitive, plus forte à l'international, plus en avant sur le développement durable, etc. ?
J'imagine donc une Europe qui aurait intégré complètement les Balkans et fait en sorte que la Serbie ait récupéré en douceur le Kosovo. Une Europe qui comprendrait l'Ukraine, la Moldavie et la Géorgie et l'Arménie et qui soit bien décidée à faire tomber Loukachenko, s'il n'est encore mort d'ici là.

Pour paraphraser Libertas, je vois une Europe où chaque adulte aurait lu au moins l'intro de L'unique et sa propriété, de Max Stirner.

Mais, pour aller plus loin que Libertas qui a eu une excellente idée, j'aimerais que tous les Européens apprennent à parler le latin qui deviendrait ainsi la langue véhiculaire de l'Europe.

Enfin, quoi qu'il arrive, L'Europe ne devra jamais intégrer la Suisse, qui restera à la marge, comme la meilleure exception pour confirmer la règle de l'Union.

Pour faire progresser cette intéressante chaîne, je désigne les maillons suivants: Pub & C°, Evret, Tizel, Débloc-note et La lime.