"La construction d’une société de concurrence concerne tous les champs de l’action publique et tous les domaines de la vie sociale et individuelle. Fondée sur une anthropologie totale de l’homme économique, elle met en œuvre des ressorts sociaux et subjectifs spécifiques, la concurrence, la responsabilité, l’esprit d’entreprise, et vise à produire un sujet nouveau, l’homme néolibéral. Il s’agit en somme de produire un certain type d’homme qui serait apte à se laisser gouverner par son propre intérêt. L’objet du pouvoir n’est donc pas donné, il se réalise dans les dispositifs que le gouvernement crée, entretient, stimule.
Xavier Desjardins, "Le logement social au temps du néolibéralisme", Métropoles, 4, Aménagement urbain et transition post-keynésienne, [En ligne], mis en ligne le 18 décembre 2008. URL : http://metropoles.revues.org/document3022.html. Consulté le 27 janvier 2009.
"Le gouvernement néo-libéral n’a pas à corriger les effets destructeurs du marché sur la société. Il n’a pas à constituer, en quelque sorte, un contrepoint ou un écran entre la société et les processus économiques. Il a à intervenir sur la société elle-même dans sa trame et dans son épaisseur. Il a, au fond […] à intervenir sur cette société pour que les mécanismes concurrentiels, à chaque instant et en chaque point de l’épaisseur sociale, puisse jouer le rôle de régulateur. […] Ce n’est pas un gouvernement économique, c’est un gouvernement de société" [Michel Foucault, Naissance de la biopolitique, Cours au collège de France, 1978-1979]"