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Friday, July 17, 2009

La décadence est inséparable de la gastronomie

“L’arrachement aux valeurs et le nihilisme instinctif contraignent l’individu au culte de la sensation. Quand on ne croit à rien, les sens deviennent religion. Et l’estomac finalité. Le phénomène de la décadence est inséparable de la gastronomie. Un certain Romain, Gabius Apicius, qui parcourait les côtes de l’Afrique à la recherche des plus belles langoustes et qui, ne les trouvant nulle part à son goût, ne parvenait à s’établir en aucun endroit, est le symbole des folies culinaires qui s’instaurent en l’absence de croyances. Depuis que la France a renié sa vocation, la manducation s’est élevée au rang de rituel. Ce qui est révélateur, ce n’est pas le fait de manger, mais de méditer, de spéculer, de s’entretenir pendant des heures à ce sujet. La conscience de cette nécessité, le remplacement du besoin par la culture - comme en amour - est un signe d’affaiblissement de l’instinct et de l’attachement aux valeurs. Tout le monde a pu faire cette expérience : quand on traverse une crise de doute dans la vie, quand tout nous dégoûte, le déjeuner devient une fête. Les aliments remplacent les idées. Les Français savent depuis plus d’un siècle qu’ils mangent. Du dernier paysan à l’intellectuel le plus raffiné, l’heure du repas est la liturgie quotidienne du vide spirituel. La transformation d’un besoin immédiat en phénomène de civilisation est un pas dangereux et un grave symptôme. Le ventre a été le tombeau de l’Empire romain, il sera inéluctablement celui de l’Intelligence française. […]”

Emile Cioran, De la France, 1941 [extraits]

Wednesday, April 15, 2009

Couler les pêcheurs

"Nous ne sommes ni au-dessus, ni au-dessous du reste : tout ce qui est sous le Ciel, dit le sage, court une loi et fortune pareille. Il y a quelque différence, il y a des ordres et des degrés; mais c’est sous le visage d’une même nature. Il faut contraindre l’homme et le ranger dans les barrières de cette police." Montaigne en sceptique se demandait si la cruauté envers nos frères "inférieurs", les animaux, et l’impassibilité envers les souffrances d’autrui ne se répondent pas l’une l’autre comme les deux faces d’une même médaille métaphysique.

Quand j'entends, entre autres, le discours que les pécheurs français tiennent en ce moment, au sujet des poissons, qu'ils ne considèrent que sous l'angle d'une vile marchandise, je me dis qu'il ne reste qu'à couler toutes les flottilles de bateaux de pêche et à envoyer tous ces connards de marins-pêcheurs à la soupe populaire.

Tuesday, April 14, 2009

C'est la nausée

Sartre était le maître-penseur d’une gnose sadique illuminée par la conviction qu’il n’existe rien entre le ciel et la terre qui ne mérite d’être nié. A la lumière de ce diagnostic, on comprend pourquoi la pensée contemporaine ne peut tout simplement plus progresser sur le chemin de Sartre. On a ouvert un nouveau chapitre dans le roman de la négativité. Sur ses premières pages, on rencontre des concepts sur lesquels le grand professeur de la liberté n’avait pas grand-chose à dire : écosystèmes, réseaux, multitudes, atmosphères, mécanismes cybernétiques. Les termes cardinaux de l’ère postsartrienne sont non pas révolution, mais émergence, non pas refus, mais rattachement et transformation. La science actuelle a rompu avec l’idéologie sartrienne du monde muet et absurde. Nous savons à présent que tout parle et nous pouvons l’entendre dès que nous interrompons le monologue du sujet autiste. La conscience pure a fusionné avec le scintillement tranquille des écrans à cristaux liquides. Les choses et les hommes forment de nouvelles communautés, au-delà de la bourgeoisie et du prolétariat. Il y a longtemps que la société du vécu a ôté à la critique le mot de la bouche. Mieux : la consommation elle-même est devenue la critique et l’anéantissement des choses. La seule à ne pas être encore au chômage, c’est la nausée.
Peter Sloterdijk
Extrait de l'article : Le grand négateur

Tuesday, March 17, 2009

Semblable à un ours

Où est l'homme qui, semblable à un ours dans la société, ne voudrait s'occuper continuellement qu'à satisfaire ses désirs sans égards pour les bienséances ni pour le repos d'autrui : serait-on heureux avec de pareils sentiments ?
Jean-Jacques Rousseau dans son Mémoire à M. de Mably.
Franchement, seriez-vous heureux en société avec les sentiments d'un ours ?

Sunday, March 8, 2009

A quoi nous sert ce billet ?

Parce que LOmiG a cité Ludwig Wittgenstein, ce matin, sur son blog, j'ai été tenté de re-feuilleter le Tractacus logico-philosophicus où il est écrit, entre parenthèses, au paragraphe 6.211 : "En philosophie la question : "A quoi proprement nous sert ce mot, cette proposition ?" conduit toujours à des intuitions précieuses."

Pour paraphraser ce grand poète - Wittgenstein n'est pas seulement un logicien et un philosophe - je pose la question : "A quoi proprement nous sert ce billet, ce blog ?" En cherchant la réponse serai-je conduit à une intuition précieuse ?

Friday, January 30, 2009

La pensée politique de Rousseau

"On a souvent écarté la pertinence actuelle de la pensée politique de Rousseau en reléguant (au mieux) son champ d’application aux petites républiques antiques ou en y voyant (au pire) la préfiguration des dérives modernes de la tyrannie des masses et du totalitarisme. Ces lectures sont surtout des moyens de rester sourd à ce que Rousseau nous donne à penser sur nos propres démocraties, lorsqu’il théorise les conditions de possibilité de la démocratie en général et lorsqu’il observe avec scepticisme la préfiguration des démocraties représentatives modernes que constitue en son temps le modèle anglais (CS, III, 15).

Toute sa pensée politique repose sur ce qu’il nomme lui-même quelques "principes" simples.

Premièrement, la politique et le droit concernent toujours la totalité d’un peuple donné. La politique est donc par définition "chose publique" (res publica) et par conséquent il n’est pas d’autre régime politique légitime que le régime républicain ; ce qui s’entend, dans son vocabulaire, comme régime mettant entre les mains de la totalité du peuple les décisions législatives qui le concernent. La chose publique doit être l’affaire de tous, sans quoi elle sera toujours l’objet d’une usurpation despotique plus ou moins radicale.

Deuxièmement, la vie démocratique suppose que les membres de la société aient une conscience minimale de l’existence d’un intérêt commun, défini comme ce qu’il y a de commun entre les différents intérêts particuliers (CS, II, 1).

Une démocratie peut-elle faire abstraction de ces deux principes sans entrer en contradiction avec elle-même ? Et l’approfondissement de ces deux principes n’éclaire-t-il pas les tensions qui travaillent structurellement les démocraties modernes ?"
Blaise Bachofen

Tuesday, January 27, 2009

Une gouvernementalité néolibérale ?

"La construction d’une société de concurrence concerne tous les champs de l’action publique et tous les domaines de la vie sociale et individuelle. Fondée sur une anthropologie totale de l’homme économique, elle met en œuvre des ressorts sociaux et subjectifs spécifiques, la concurrence, la responsabilité, l’esprit d’entreprise, et vise à produire un sujet nouveau, l’homme néolibéral. Il s’agit en somme de produire un certain type d’homme qui serait apte à se laisser gouverner par son propre intérêt. L’objet du pouvoir n’est donc pas donné, il se réalise dans les dispositifs que le gouvernement crée, entretient, stimule.
"Le gouvernement néo-libéral n’a pas à corriger les effets destructeurs du marché sur la société. Il n’a pas à constituer, en quelque sorte, un contrepoint ou un écran entre la société et les processus économiques. Il a à intervenir sur la société elle-même dans sa trame et dans son épaisseur. Il a, au fond […] à intervenir sur cette société pour que les mécanismes concurrentiels, à chaque instant et en chaque point de l’épaisseur sociale, puisse jouer le rôle de régulateur. […] Ce n’est pas un gouvernement économique, c’est un gouvernement de société" [Michel Foucault, Naissance de la biopolitique, Cours au collège de France, 1978-1979]"
Xavier Desjardins, "Le logement social au temps du néolibéralisme", Métropoles, 4, Aménagement urbain et transition post-keynésienne, [En ligne], mis en ligne le 18 décembre 2008. URL : http://metropoles.revues.org/document3022.html. Consulté le 27 janvier 2009.

Monday, January 12, 2009

Communication

L’homme ne communique avec son semblable que quand l’un écrit dans sa solitude, et que l’autre le lit dans la sienne. Les conversations sont divertissement, escroquerie, ou escrime.
Nicolas Gomez Davila [1913-1994]

Tuesday, December 9, 2008

Le bouffon

Le feu prit un jour dans les coulisses d'un théâtre. Le bouffon vint en avertir le public. On crut à un mot plaisant et l'on applaudit ; il répéta, les applaudissements redoublèrent. C'est ainsi, je pense, que le monde périra dans l’allégresse générale des gens spirituels persuadés qu’il s’agit d’une plaisanterie.

Søren Kierkegaard, Œuvres complètes, 1843

Tuesday, November 11, 2008

Liberté, Humanité, Critique

Les lecteurs, qui connaissent Cloudy Days depuis quelques temps, ont peut-être remarqué que, sous mon profil affiché dans la colonne de gauche, se dessine un logo accompagné de la légende "Recommandé par des Influenceurs". Depuis hier, je fais partie du réseau Liberté, Humanité, Critique [LHC] fondé par Roman Bernard aka Criticus et LOmiG. Suite à une invitation de Rubin Sfadj, j'ai soumis ma candidature au LHC qui l'a accepté après délibérations. Je remercie chaleureusement Rubin et les bloggers qui ont voté en ma faveur.

Si Cloudy Days n'est pas un blog "politique", il m'arrive assez souvent d'exprimer mes opinions. Je n'adhère à aucune mouvance politique, mais je me sens relativement proche des opinions qui sont celles des bloggers que je viens de citer.

Comme on ne fait pas partie d'une communauté sans se dresser contre une autre, en entrant dans le réseau LHC, je me démarque franchement des bloggers qui annoncent pompeusement faire parti du "peuple de gauche", alors qu'ils ne font, en réalité, partie que d'une communauté d'individus sentant l'odeur âcre du renfermé, rejoignant ainsi la France moisie dépeinte par Sollers, avec quelques nuances puisque la société française a évolué depuis.

C'est le point de vue de Peter Sloterdjik qui fait souvent référence à l'idée que je me fais de la politique et Slavoj Zizek en donne un aperçu:
Quel est donc le "programme positif" de Sloterdijk ? Comme l’indique le titre de sa conclusion, il s’agit avant tout d’aller "au-delà du ressentiment" : il faut déligitimer et rompre le lien fatal noué entre intellectuels et ressentiment, qu’il s’agisse aussi bien de penseurs féministes, postcolonialistes ou écologistes. Il faut réaffirmer haut et fort l’approche libérale, dont John Locke trouva la première formulation : la triade Vie-Liberté-Propriété - triade guérie du ressentiment grâce à l’amère pilule nietzschéenne. Il nous faut apprendre à vivre dans une culture mondiale postmonothéiste, dans une méritocratie anti-autoritaire respectueuse des normes de la civilisation et des droits de l’individu, condamnée à être perpétuellement en fragile équilibre entre élitisme et égalitarisme. Il nous faut articuler un "code de conduite" libéral efficace en équilibrant les interactions entre les divers agents thymotiques, et ainsi sortir du chemin fatal qui nous mène à la destruction éthique et écologique.

Friday, October 17, 2008

Mégalopathes

Je distingue les mégalomanes, ces petits personnages qui se gonflent pour signaler leur présence, des mégalopathes, qui sont stigmatisés par le sentiment d'avoir affaire à plus grand qu'eux. La mégalopathie est la condition humaine telle que la philosophie l'explique. Sans elle, la philosophie n'est pas pensable, car il faut être déchiré par quelque chose qui nous dépasse pour penser. Hegel incarne à la fois la mégalopathie et la mégalomanie. Il souffre et il construit, comme tous les grands artistes du XIXe siècle qui, comme Ulysse, sont de grands souffrants, de divins endurants. Pour les penseurs contemporains, tels des petits-bourgeois qui travaillent sans relâche, la défense hégélienne de la contemplation est devenue incompréhensible. Hegel s'est permis le luxe de dire que la philosophie est une activité du dimanche. La philosophie, c'est le dimanche absolu. Sans la méditation des résultats de l'Histoire, pas de philosophie. Tous ses successeurs ont aboli le dimanche de la pensée et créé une sorte de camp de concentration intellectuel où le travail forcé s'impose jour et nuit, sans dimanche ni week-end. L'une des grandes conquêtes de l'humanité réside pourtant dans la création de la fin de semaine élargie. La modernité se caractérise par le fait que si Dieu n'avait besoin que d'un jour de repos, les hommes en ont besoin de deux ! Quand l'islam entrera sérieusement dans le jeu de la mondialisation, les judéo-chrétiens partageront l'idée du repos avec les gens du vendredi - on verra advenir la semaine de quatre jours. Pour anticiper cela, une bonne dose de mégalomanie peut être utile.
Peter Sloterdijk

Sunday, September 14, 2008

Apprendre à parler

J'ai rencontré, lorsque j'étais jeune, une divinité dangereuse et je ne voudrais raconter à personne ce qui envahit alors mon âme -- pas plus les bonnes que les mauvaises choses. C'est ainsi que j'appris à me taire à temps et aussi que l'on doit apprendre à parler pour bien se taire: qu'un homme qui a des arrière-plans a besoin de premiers plans, que se soit pour lui-même ou pour les autres. Car les premiers plans sont nécessaires pour se reposer de soi-même et pour rendre possible aux autres de vivre avec nous.
Friedrich Nietzsche 1885

Monday, August 25, 2008

Be Back Later

BBL, mon ange, que j'incitais à twitter, a préféré ouvrir un blog. Pourtant, récemment encore, elle ne voulait pas avoir vraiment affaire avec cette activité; jusqu'à maintenant, elle s'était contentée de laisser quelques commentaires de-ci de-là. Mais hier, elle a franchi le pas et, aujourd'hui, en début d'après midi, elle a publié son second billet - le tout premier est une annonce sous forme d'image - où elle met en question "l'omniprésence d'un Imaginaire social ultra-redondant, ou encore la sur-imposition de l'Identitaire et des re-présentations sociales stéréotypées, l'infinie répétition du Même où trouvent désormais à se réassurer en permanence nos con-citoyens".
Vous êtes donc chaleureusement invités à laisser vos remarques, critiques, commentaires et encouragements sous la série de textes qui débute sur Be Back Later.
Longue vie à ce nouveau blog !

Sunday, August 24, 2008

Lecteur ...

Lecteur, si ta vie n'est pas un roman, une fiction divine, un rêve d'éternité alors laisse ces pages, ne me lis pas plus avant. Car je te serai indigeste, et il te faudra me vomir sans profit ni pour toi ni pour moi.
Miguel de Unamuno (1864-1936)

Monday, August 11, 2008

L'imagination

adorno horkheimer philosophie humanité
Je n'ai pas grand chose à faire et je n'ai pas envie de faire beaucoup de choses. Le blogging s'en ressent: les posts sont de moins en moins signifiants. Aussi j'essaye de contrebalancer cette plongée vers l'insignifiant en faisant appel aux grands hommes, ceux qui n'ont rien su des subtilités de la publication de billets en ligne. J'espère que des évocations, comme celles-ci, me feront retrouver mes esprits, ou, du moins, m'éviteront de m'égarer définitivement dans le vide, la béance, l'aride divertissement, le niveau J.O. de la pensée.

Friday, July 11, 2008

Univers symbolique

Le cercle fonctionnel de l'homme ne s'est pas seulement élargi, il a également subi un changement qualitatif. L'homme a, pour ainsi dire, découvert une nouvelle méthode d'adaptation au milieu. Entre les systèmes récepteur et effecteur propres à toute espèce animale existe chez l'homme un troisième chaînon que l'on peut appeler système symbolique. Ce nouvel acquis transforme l'ensemble de la vie humaine. Comparé aux autres animaux, l'homme ne vit pas seulement dans une réalité plus vaste, il vit, pour ainsi dire, dans une nouvelle dimension de la réalité. Entre les réactions organiques et les réponses humaines existe une différence indubitable. Dans le premier cas, à un stimulus externe correspond une réponse directe et immédiate ; dans le second cas, la réponse est différée. Elle est suspendue et retardée par un processus lent et compliqué de la pensée. Le bénéfice d'un tel délai peut sembler à première vue bien contestable. "L'homme qui médite, dit Rousseau, est un animal dépravé" : outrepasser les frontières de la vie organique n'est pas pour la nature humaine perfection mais dégradation.

Il n'existe pourtant aucun remède contre ce renversement de l'ordre naturel. L'homme ne peut échapper à son propre accomplissement. Il ne peut qu'accepter les conditions de sa vie propre. Il ne vit plus dans un univers purement matériel, mais dans un univers symbolique. Le langage, le mythe, l'art, la religion sont des éléments de cet univers. Ce sont les fils différents qui tissent la toile du symbolisme, la trame enchevêtrée de l'expérience humaine. Tout progrès dans la pensée et l'expérience de l'homme complique cette toile et la renforce. L'homme ne peut plus se trouver en présence immédiate de la réalité ; il ne peut plus la voir, pour ainsi dire, face à face. La réalité matérielle semble reculer à mesure que l'activité symbolique de l'homme progresse. Loin d'avoir rapport aux choses mêmes, l'homme, d'une certaine manière, s'entretient constamment avec lui-même. Il s'est tellement entouré de formes linguistiques, d'images artistiques, de symboles mythiques, de rites religieux, qu'il ne peut rien voir ni connaître sans interposer cet élément médiateur artificiel.

Ernst Cassirer, Essai sur l'Homme.

Thursday, June 19, 2008

Publications

Je suis vraiment dégoûté. Ces derniers jours, sur ce blog, je n'ai fait que du remplissage sans me donner la peine de faire quelque chose d'un tant soit peu présentable. Je suis allé au plus facile et je n'ai même pas cherché à faire un post qui soit agréable à lire. Non seulement, les derniers billets sont vides, n'apportent quasiment rien, mais en plus, il sont rédigés dans un français plat et vulgaire. C'est nul !

Je n'écris pas ça pour me punir ni pour me faire plaindre, mais je ne peux pas faire autrement que de me livrer à ce triste constat. C'est le degré zéro du blogging !

J'ai des excuses, mais elles ne valent pas grand chose. Je les donne quand même car ça me permet de faire encore un peu de remplissage. J'ai passé pas mal de temps à retravailler le design de mon site après l'avoir rebaptisé, re-intitulé "Traverses". L'intérêt de ce que je vous dis en ce moment, c'est que je vais remettre en place quelques textes d'écrivains, essayistes, poètes, universitaires, journalistes plus ou moins célèbres. Donc, la lecture de l'un de ces textes vous donnera, peut-être, l'occasion de passer un bon moment. Quelques instants qui vous feront oublier que la France footbalistique s'est faite ratiboiser par toutes les équipes de foot contre qui elle a joué, sauf la Roumanie [0-0] : une occasion de mettre en ligne un texte de Cioran.

Sunday, June 1, 2008

Complexité

Pourquoi la philosophie est-elle aussi compliquée? Elle devrait pourtant être tout à fait simple. La philosophie défait dans notre pensée les noeuds que nous y avons introduits de façon insensée; mais c'est pour cela qu'il lui faut accomplir des mouvements aussi compliqués que le sont ces noeuds. La complexité de la philosophie n'est pas celle de sa matière mais celle des nodosités de notre pensée.

Ludwig Wittgenstein, Remarques philosophiques, I,#2.

Saturday, May 24, 2008

Inspiration

Parce qu'il a souvent été question de philosophie, ces dernières semaines, je vous livre une autre citation.
C'est le point de vue de Vladimir Jankélévitch, extrait de "Quelque part dans l'inachevé":
La philosophie consiste à penser tout ce qui dans une question est pensable, et ceci à fond, quoi qu'il en coûte. Il s'agit de démêler l'inextricable et de ne s'arrêter qu'à partir du moment où il devient impossible d'aller au-delà ; en vue de cette recherche rigoureuse, les mots qui servent de support à la pensée doivent être employés dans toutes les positions possibles, dans les locutions les plus variées ; il faut les tourner, les retourner sous toutes leurs faces, dans l'espoir qu'une lueur en jaillira, les palper et ausculter leurs sonorités pour percevoir le secret de leur sens. Les assonances et résonances des mots n'ont-elles pas une vertu inspiratrice ?