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Wednesday, July 1, 2009

No Twitter Anymore

En quelques mois, j'ai réussi à limiter mes interventions sur les blogs, en ne commentant plus que très rarement, deci delà, au hasard de mes déambulations sur la Toile. Je peux considérer que Cloudy Days est à l'agonie, et, je n'envisage pas de reprendre sérieusement la publication de billets, sur ce dernier. Je ne mentionne pas les autres sites que j'ai, pour la plupart, complètement laissés tomber.

Par contre, c'est Twitter qui, progressivement, s'est mis à occuper mes journées. Depuis quelques semaines l'utilisation de cet outil me bouffe la vie. Pendant deux ans, je n'ai passé sur ce micro-blog que quelques heures par semaine. Maintenant, depuis qu'en début d'année le réseau Twitter c'est largement étendu, je consacre bien trop de temps à ce social networking. Là encore, je vais faire en sorte de me dégager de ça.

I joined twitter on 25 July 2007 - http://whendidyoujointwitter.com ?

Wednesday, May 6, 2009

350

Il y a dix minutes, j'étais en train de lire la presse en ligne avec le sentiment que toutes ces nouvelles ne me concernaient pas. Lorsque les "événements" que relatent les journaux sont liés à la France, cette impression est d'autant plus prononcée : je me sens encore moins concerné. Je lis les infos comme si j'avais quitté ce pays depuis longtemps et je ne sens en rien impliqué dans ces histoires politiques, économiques, ces faits de sociétés qui me sont totalement étrangers et me paraissent même étranges.

En me retirant de la bloggosphere, je me retire encore un peu plus de ce qui touche à la vie au quotidien dans ce pays. Je viens de lire quelques articles qui traitent de la crise économique, mais ça ne me parle pas, ça ne me dit rien : ça se passerait sur Mars ou Pluton, ça me ferait le même effet.

Il est évident qu'avec un tel état d'esprit, je ne peux pas continuer à m'intéresser aux blogs qui ne parlent que de cette catégorie de choses, c'est à dire de politique au sens large, compris comme l'organisation de la cité. Je publie ces remarques en imaginant qu'il y a quelques personnes qui se demandent encore pourquoi Cloudy Days reste inactif. Je sais que dans les semaines qui vont suivre, à l'instar des deux ou trois années précédentes, l'activité sur la franco-sphère va redoubler, et puis, avec l'arrivée de l'été et des vacances scolaires, presque tous les blogs seront laissés de côté, à l'abandon. Pourtant, je ne pense pas participer à ce rush de fin de printemps, je crois que le blogging, considéré sous l'aspect d'un échange régulier de points de vue, ne sera pas, pour moi, à l'ordre du jour avant l'automne prochain. Et l'automne prochain, c'est encore loin.

Pour l'instant, Cloudy Days reste fermé aux commentaires.

Wednesday, April 22, 2009

Ralentissement

Je vais être obligé de laisser de côté Cloudy Days. Dès la fin de la semaine, pendant une période qui devrait durer environ un mois et peut-être même un peu plus longtemps, je n'aurais que très peu de temps à consacrer à la bloggosphere. C'est donc, pour moi, le moment de ralentir le rythme des publications. Ceci allégera probablement l'atmosphère dans l'environnement virtuel immédiat de ce blog. Vous aurez moins de remarques désobligeantes à contourner en surfant sur La Toile. Mais ne vous réjouissez pas trop vite quand même, parce que j'ai remarqué que chaque fois que j'ai tenté de m'éloigner de la bloggosphere, une sorte de maléfice m'a poussé à produire et publier encore plus de texte qu'auparavant. C'est tout ce que j'ai à dire pour cette nuit. Je compléterai cette annonce demain. Faites de beaux rêves.

Sunday, April 12, 2009

Médiocrité

Les blogs ne font que refléter la culture d'une société donnée. Rien de pire ou de meilleur n'est produit sur le Net que ce que les individus produisent au quotidien, pour leur travail ou leurs loisirs. Bien que toute la société ne soit pas représentée sur la Toile, les blogs et les sites personnels donnent tout de même une idée assez précise de l'état d'esprit collectif.

On sait que la société française est une société dans laquelle prime l'idée de hiérarchie. C'est certainement pour cette raison que l'on retrouve si fréquemment des bloggers qui tentent de se démarquer de la masse en affichant des performances, telle que le nombre de visiteurs, pensant prouver par là qu'ils seraient meilleurs que ceux qui cumulent moins de visites mensuelles ou annuelles. Mais ils ne prennent pas en compte que, pour établir une hiérarchie sur le critère de la fréquentation, il faut nécessairement produire le blog le plus médiocre possible. Et, ceci, indépendamment des moyens techniques qui permettent d'améliorer le classement opéré par les moteurs de recherches - des techniques que tout bon webmaster connaît.

Car, mis à part l'aspect mécanique du référencement, il ne faut pas perdre de vue que, pour avoir le plus de chance de se retrouver en haut de l'échelle, il faut avant tout séduire le lecteur. Les médias audiovisuels ont su établir les meilleures recettes pour capter le maximum de spectateurs. Les bloggers doivent appliquer le même genre de stratégies pour faire augmenter leur lectorat. C'est à dire faire, par analogie, du TF1 ou du M6TV plutôt que du ArteTV. Je sais par expérience que, par exemple, l'emploi du terme "analogie", que je viens d'écrire à l'instant, coûte un certain nombre de points dans la course à l'audience. Ne parlons même pas de la longueur de mes billets : écrire plus de 100 mots à la suite équivaut à se tirer une balle dans le bras - on n'a pas besoin de pieds pour blogguer.

Croire que les blogs, dans leur ensemble, permettent de faire grimper le niveau culturel d'une population quelconque est une idée digne de Karl Marx qui imaginait que la conscience de classe passait par l'amélioration des accès aux savoirs. Ce qui s'est avéré complètement faux. La conscience de classe n'était réalisable que sur la base du ressentiment des ouvriers face à la bourgeoisie. La conscience de classe du blogger ne peut se fonder que sur le mépris ou la haine de la culture savante, lettrée.

Je reviendrai probablement sur ce dernier point qui concerne ce qui est le mieux partagé par la population française : le ressentiment.

Wednesday, March 11, 2009

Non à la routine !

spice up your blog
Nous sommes Mercredi et il est peut-être temps de faire un billet qui porte en lui tout le poids de la zizanie, plein des ingrédients qui donneront naissance à une grosse polémique, le truc pour lequel les bloggers s'arrachent les cheveux, rameutent leurs troupes, complotent en secret par mails, affichent leur solidarité en surface, appellent à signer des pétitions, désignent des boucs émissaires, convoquent la loi, réclament le concours de leurs avocats, menacent de faire des procès et finissent par s'insulter, pour ensuite couper des liens, bannir des clampins, etc.. Haaaaa, quel bonheur !

Bon, il me faut sortir, mais je vais y réfléchir. Il doit bien exister un truc qui devrait pouvoir secouer l'apathie générale, la petite routine du blogger moyen.

J'y penserai... et, si vous avez des idées, n'hésitez pas à nous en faire part. En disant ça, je m'adresse particulièrement aux lecteurs qui n'ont pas de blogs, ce qui ne veut pas dire qu'ils n'ont pas d'idées.

Wednesday, February 25, 2009

Lassitude

Après avoir écrasé ce blog le 26 Décembre 2007, je le relançais avec Tripalium, il y a tout juste un an et un jour. 290 posts mis en ligne au cours des 52 semaines passées.

Je me demande si le moment de faire un break n'est pas à nouveau venu. D'autant plus que j'ai aussi utilisé pas mal de mon temps à faire des copier-coller pour Notesu, après que Pownce ait fermé son site. A l'époque, j'avais été obligé de transférer mes notes sur Soup et sur Vox.

Bon, je ne parle même pas de Posterous ou de Twitter, et encore moins de mes sites d'images, comme Eikasia ou No Milk Today, c'est inutile, je pense que j'en ai assez révélé comme ça : j'ai suffisamment d'excuses pour raccrocher quelques temps.

Ça ne veut pas dire que je m'accorde une pause, mais ça dit que j'y pense sérieusement. D'ailleurs, ça vous ferait aussi des vacances, n'est-ce pas ?

Saturday, February 21, 2009

Intellectuels de haute nécessité

Neuf intellectuels antillais, Ernest Breleur, Patrick Chamoiseau, Serge Domi, Gérard Delver, Edouard Glissant, Guillaume Pigeard de Gurbert, Olivier Portecop, Olivier Pulvar, Jean-Claude William ont rédigé un "Manifeste pour les 'produits' de haute nécessité", publié, le 16.02.09 par Le Monde.

Glissant est titulaire d’un doctorat ès lettres, Chamoiseau a obtenu un prix Goncourt pour un roman et Pulvar est maître de conférence en Histoire. Ces noms me disaient quelque chose; j'ai du les entendre prononcés sur une radio quelconque, mais c'est sur Wikipedia que j'ai appris à qui j'avais affaire. Je ne me suis pas fatigué à découvrir d'où les cinq autres tirent la qualification d'intellectuels, mais je n'ai aucune difficulté à croire qu'ils ont de bonnes raisons pour prétendre au titre, ainsi que le font les trois premiers.

Pour moi, ce texte marque un tournant dans la culture française, avec ce "Manifeste pour les 'produits' de haute nécessité", l'horizon se fait soudain lumineux: l'affaire est entendue, il n'y a plus rien à espérer. Il me faut à tout prix faire émigrer ma pensée dans une autre langue. Je dois dans l'urgence apprendre à parler parfaitement le premier idiome à portée de dico, pour essayer de conserver la raison et une once de dignité. Je ne veux pas subir le douloureux sentiment de honte, de ridicule achevé, celui qui me torturera chaque fois que j'aurai à converser avec un humain qui n'a pas la nationalité française.

Pour l'instant, je me demande s'il ne vaut pas mieux que le Translator de Google me raconte le monde. En effet, lorsque le robot traducteur me donne la version française de "Sein und Zeit", le texte me semble bien plus facile à comprendre que celui de nos intellectuels outremarins.

Seigneur Doliprane, priez pour nous, pauvres Français ! La crise financière internationale est rien en comparaison de ce qui nous guette sur le plan intellectuel.

Friday, January 30, 2009

Bonheur textuel

LOmiG, ton blog refuse mon commentaire même après plusieurs tentatives pour l'inscrire. Alors, pour ne pas avoir fait une réponse totalement inutile, je la publie ici.
blog commentaire lomigC'est peut-être le mot bonheur qui est un peu trop excessif, LOmiG, pour qualifier ce que je ressens en écrivant ou après avoir écrit un post. Je peux y trouver un certain plaisir, la satisfaction d'avoir pu synthétiser une idée, parfois confuse, en une série de phrases compréhensibles pour un quelconque lecteur. J'aurais ainsi obtenu la quasi certitude que mon opinion sera entendue, et je me serais prêté au jeu de la conversation, asynchrone, en mode différé, médiée par ordinateur. Mais, pour moi, ça s'arrête là, et je ne considère pas cela comme un exploit [d'où le bonheur éventuel], sinon technique. En tout cas, ce n'est pas comme ça que je me représente l'acte d'écrire.

Je crois simplement qu'on n'écrit pas pour les autres, mais simplement pour soi et que le blog est justement l'outil qui est pensé pour la communication, la diffusion d'un message, avec une possibilité de retour presqu'immédiate sur investissement... Processus qui me semble à l'opposé de l'écriture. L'idée que je me fais de l'écriture comme la pratiquait Kafka - je dis ça parce que Rubin fait le rapprochement avec cet auteur - ne correspond pas à ce que je lis sur les blogs.

Pour faire simple : je veux juste signifier, qu'à mon sens, "écrire" c'est mettre en oeuvre un univers totalement original, construire un monde virtuel clôt, parfaitement délimité, ce qui n'a rien à voir avec ces carrefours ouverts à tous vents que sont les blogs. Un blog, c'est un drive-in installé au bord du périf, rien de plus ! Aussi, écrire pour une blog, du moins tel que les gens le font pour l'instant, c'est faire uniquement dans le fast-writing.

Il est probablement possible de produire autre chose, un nouveau genre textuel, autre que ce que les bloggers donnent à lire pour le moment [sous-journalisme et sous-littérature dans la plupart des cas], mais je pense que l'écriture en ligne reste encore à inventer. Et que celui qui en sera l'inventeur connaîtra peut-être alors un instant de bonheur.

Monday, September 22, 2008

Prix Contoucour

Pendant des après-midi entières elle avait cherché un nouveau sujet. La bouilloire bouillait, le thé infusait, mais l'illumination ne venait pas. Et puis un soir, alors que le sommeil commençait à l'envahir, elle fut prise d'un besoin frénétique d'écrire. L'idée était là. Elle le sentait, il fallait qu'elle se vide, que son cerveau éjacule tout de suite. Puisque par l'acte égoïste de l'écriture elle essayait toujours de raconter un peu de sa vie à travers celle de ses personnages, pourquoi ne pas tomber les masques et assumer pleinement cet égocentrisme en ne parlant que de ce qui l'intéressait vraiment : elle et lui ? Elle allait commencer par parler de lui, ou plutôt, d'elle et de lui. De lui, qu'elle avait retrouvé hier à la cafétéria du supermarché. Mais d'elle aussi qui se rongeait d'angoisse car les rides auxquelles elle s’était habituée lui paraissaient aussi insultantes pour leur amour que l’étaient, sur son corps, les traces de ses trois maternités: Kiki, Riri et Fifi. Tu n’as pas changé non plus, avait-elle envie de lui dire, à un détail près… Mais elle se taisait. Elle cherchait dans ses yeux ce qu'ils pourraient devenir. Ses pupilles l’éclaboussaient de paillettes. Son visage paraissait un peu chiffonné, à peine, par les années. Ils n’avaient pas évoqué ce qui les avait séparés, pas tout de suite. Ils se tenaient la main par-dessus la table de la cafétéria où s'étaient réfugiés. Une employée entassait les détritus d'un repas, qu'ils n'avaient pu finir, tous deux étant déjà suffisamment gras, sur un plateau crasseux. L'employée de la cafétéria soupirait comme un phoque tout en observant les deux tourtereaux avec une regard oblique. Elle se disait qu'elle mettrait cette scène de retrouvailles, entre cette godiche rouquine et son amant à tête de merlan frit, dans sa nouvelle. Elle était en train d'écrire pour Le Fil à Couper le Beurre, une grande maison d'édition à qui elle avait déjà versée un mois de salaire pour qu'il accepte de la publier - à compte d'auteure, il disait, monsieur le fil à couper l'beur. Mais bon, il fallait bien qu'elle en passe par là, cette pauvre employée de cafétéria. Elle devait s'en sortir à tout prix. Car si la tordue, qui se tenait devant elle, éclaboussée de paillettes, se plaignait de sa triple grossesses et de ses rides, elle n'avait pas non plus de quoi se réjouir de sa tronche de smicarde. Publier chez Le Fil à Couper le Beurre, c'était franchir une marche. Un jour elle passerait à la TV. D'ailleurs, elle était sur la bonne voie, grâce à son blog, parce qu'un écrivain, que tout le monde ignore, mais qu'elle, elle aimait bien, l'avait encouragée. Il lui avait même proposé de se donner rendez-vous le week-end prochain, sur les berges du fleuve Rose. En pensant à tout ça, elle, l'employée de la cafétéria s'était sentie étrangement proche de la tordue empailletée qu'elle était en train d'examiner. Elle avait écouté toute sa conversation. Aussi, elle savait que, toutes deux, elles aspiraient de toute leur chair au bonheur d’éveiller le désir d’un homme. L'une voulait chanter comme elle respirait et l'autre voulait écrire comme elle lavait les carrelages. Et ça c'était leur seul moyen de conquérir un homme, tellement elles étaient ravagées. En attendant, toutes les deux, elles travaillaient…

Thursday, September 11, 2008

Ma cause

Je connais l'histoire de Sarah Palin par coeur, je peux vous dire s'il est préférable, sur les blogs, de justifier son texte ou non*, je sais exactement ce qui fait la différence entre Arial et Helvetica, je crois savoir qui est l'hidalgo qui a séduit Rachida, mais je ne sais pas grand chose de ce qui se passe dans mon entourage bloggospherique, représenté par la blogroll de Cloudy Days. Je passe plus de temps à chercher du matériel pour mes collages Photoshop, ou à lire d'un oeil distrait des choses sans grand intérêt, qu'à suivre ce qui se passe aux alentours.

Je dois me rendre à l'évidence : le blogging n'a plus les mêmes attraits qu'au cours des années passées. La bloggosphere me semble, à présent, être un univers tout à fait banal. Je m'intéresse aux blogs depuis cinq ans, mais, depuis le début de l'année, la fièvre liée à l'exploration de la bloggalaxie, selon une expression de Francis Pisani, est sensiblement retombée. Commenter l'actualité, comme je l'ai fait pendant pas mal de temps, ne me dit plus rien. Exposer mon point de vue socio-philosophique sur le monde, sans avoir la critique rigoureuse d'Albertine en réponse, ne m'amuse plus. Raconter ma vie serait peut-être marrant pour moi, mais certainement pas pour vous, parce que je n'ai pas été touché par la grâce du conteur, et que je n'ai pas un style très attrayant.

Croyez moi, si vous êtes en train de lire les mots qui s'affichent là devant vos yeux, et si vous en êtes donc arrivé jusqu'ici, c'est que vous avez déjà perdu beaucoup trop de votre temps précieux. Aussi, ne vous donnez pas la peine de commenter, sinon pour dire que vous en avez assez, assez que d'insignifiants bloggers puissent impunément vous faire perdre autant de temps. Faites en sorte de réduire au silence, ici comme ailleurs, ces remplisseurs de posts qui ont encore moins à dire que ce qu'on entend à la radio ou sur les plateaux T.V..

J'ai un peu honte de vous infliger ça, mais je me demande si, parfois, vous ne finissez pas en rage à force d'avoir usé vos yeux sur un écran, sans rien avoir lu d'autre que des inepties monstrueuses.

Allez-y, n'hésitez pas à cogner, je sais parfaitement encaisser...

Mais non... laissez tombez, c'est totalement inutile ! De plus, je le sais, vous êtes des non-violents, des gens civilisés... Passez plutôt un peu de temps à lire Max Stirner que j'ai collé, hier, en ligne, vous n'aurez pas tout perdu : Je n'ai basé ma cause sur rien...
Le divin regarde Dieu, l'humain regarde l'Homme. Ma cause n'est ni divine ni humaine, ce n'est ni le vrai, ni le bon, ni le juste, ni le libre, c'est - le Mien; elle n'est pas générale, mais - unique, comme je suis unique. Rien n'est, pour Moi, au-dessus de Moi!
*ne pas justifier le texte, c'est mieux.

Wednesday, August 20, 2008

Vengeance

Durant des mois je lus et je relus les trente-trois livres alignés sur ma table. Je soulignais des mots, des phrases, sur le papier jauni. Je pris des notes dans des carnets, sur des bouts de papier. Je me rendis dans des bibliothèques où les employés lançaient aux lecteurs des regards qui signifiaient : "Que venez-vous donc fiche ici ?"
Comme beaucoup d'hommes brisées qui, à une certaine époque, se sont lancés avec ardeur dans le tourbillon qu'on appelle la vie, et qui n'y trouvent pas ce qu'ils ont espéré y découvrir, je comparais entre elles certaines images, certaines expressions rencontrées dans mes lectures; je distinguais les chuchotements discrets qu'échangeaient les textes dont j'arrivais à déchiffrer les secrets, je les classais; je construisais de nouvelles connexions et, fier de de la complexité de ce réseau que je construisais avec la patience de l'homme qui entreprend de creuser un puits avec une aiguille, je m'efforçais de tirer vengeance de tout ce que j'avais manqué dans ma vie.

Orhan Pamuk, La vie nouvelle, Folio, p. 391-392.

Wednesday, August 13, 2008

Régression

J'ai intitulé le post précédent "Retraite", mais c'est "Régression" qu'il fallait inscrire en titre. Retraite supposerait un adversaire qui m'aurait fait reculer, alors que je n'ai fait que me replier sans trouver d'obstacle sur mon chemin. J'ai simplement abandonné toute idée de progrès, d'amélioration, concernant la rédaction de ce blog.

Pourtant, si ce blog ne va pas dans le sens d'une meilleure écriture, cette manière de blogger a, tout de même, un sens particulier, particulier pour moi, en tout cas. En effet, je trouve un intérêt à collectionner des citations, des passages, des réflexions, des remarques faites par d'autres. Ces alignements des petits textes, d'extraits piqués sur la Toile, me servent de repères et jalonnent mes lectures, donc des choses sur lesquelles je suis amené à penser, au fil du temps.

Le blog est devenu, en quelque sorte, la colonne vertébrale d'un grand corps cadavérique, celui de ma mémoire qui se décompose, s'effrite, s'oxyde silencieusement, sans même que j'en sois très bien conscient. Je n'ai pas besoin de produire beaucoup pour vivre, ce qui fait que je me contente d'écrire très peu. Mais je ne peux pas m'empêcher de dévorer du texte, des écrits.

Si, lorqu'il s'agit de lire sur papier, je sélectionne avec soin les auteurs, ce n'est pas le cas pour ce qui est de mes lectures sur le Web. En ligne, je passe de la lecture d'une ineptie sur un Skyblog, à celle d'un compte rendu en anglais parlant des dernières avancées du CSS, tout en croisant un texte de Lacoue-Labarthe traitant de l'œuvre de Friedrich Hölderlin, ceci juste après avoir lu, en diagonale, le billet en espagnol d'un blogger chilien s'offusquant des menaces qui pèsent sur les gorilles ougandais de Bwindi.

Cette façon de lire et d'avaler du texte n'est possible que grâce à Internet. Personne ne pourrait concrètement étaler autant de bouquins, de journaux, de magazines, de fiches, de billets, de gribouillis et passer aussi rapidement d'un support de lecture à l'autre avec autant de facilité que sur le Net. Internet est le support idéal pour le zapping. Mais avec l'inconvénient de se laisser submerger par l'hyper-information et de se perdre ainsi dans une sorte de flux textuel, rendant la lecture impossible à maîtriser parce que bien trop superficielle et décousue, avec trop de thèmes, de discours, de thèses, de points de vue qui se heurtent et se disloquent.

Je me demande si vous percevez parfois le corpus qui s'étale sur Web comme un immense océan prêt à vous engloutir, une bibliothèque labyrinthique dont vous ne pourrez plus sortir.

Retraite

Supprimez le copier-coller et, par là même, vous éliminerez Cloudy Days. Je me demande à quoi peut servir un blog qui ne fait que produire des séries de posts principalement composés de bribes de textes glanées, ça et là, sur la Toile. En tout cas, je me mets à la place de ceux qui seraient tentés de lire un tel blog, et je me pose des questions. De ce point de vue, je comprends que des lecteurs se lasseraient, si l'info était trop connue, tout comme je suis fatigué de découvrir sur les blogs des nouvelles que les journaux affichent en première page et que l'on ne peut pas ignorer.

Je bloggue de moins en moins en gardant, bien présente en tête, l'idée que quelques personnes liront mes billets. Je me dis que ces lecteurs sont aussi capables que moi de dénicher sur le Net des choses intéressantes - en sillonnant méthodiquement la Sphère, on peut découvrir pas mal de choses à lire - et qu'ils peuvent donc se passer d'une production originale. Alors, je me contente d'indiquer les quelques articles que je juge dignes d'être signalés, en supposant que, si j'en parle, ils auront un peu plus de visibilité, et, que certains d'entre vous seront contents de trouver ces écrits sur leur chemin.

Mais, je me trompe peut-être : les lecteurs de passage ne laissant que très peu de commentaires, au cours de ces derniers jours, c'est assez difficile à savoir. Qu'en pensez vous, vous qui avez suivi mon raisonnement jusqu'ici ? Il est inutile de noircir plus de pages électroniques, le choix de textes lisibles est suffisamment important, non ? Même si la pollution est gigantesque, on trouve toujours de quoi lire sur la Toile, n'est-ce pas ?

Sunday, August 3, 2008

Vie intérieure

La vie intérieure de Scheiro était terrifiante, un vrai cauchemar, il utilisait l'écriture et l'imagination pour en sortir et, grâce au blogging, pour communiquer avec le monde extérieur.

Tuesday, July 8, 2008

Relaaax !

Dans la lignée du dernier post d'Albertine, je prie mes frères, mes cousins, mes amis, tous ceux avec qui j'entretiens des relations mailpistolaires, de ne pas trop m'en vouloir quant aux délais qu'il me faut pour leur répondre : j'ai de terribles difficultés à rester courbé sur mon clavier. Ce n'est peut-être pas une très bonne excuse, mais je n'ai pas mieux pour le moment.

Et puis, ça fait des vacances aux Lustukrus qui se sentent moins sévèrement jugés et peuvent jouir de leur connerie dans une plus grande quiétude. Ils peuvent même, comme ces derniers jours, larmoyer sans crainte sur la libération d'Ingrig, leur idole, ou raconter un tas de stupidités, comme ils aiment tant le faire, sans l'inconvénient de lire, suite à leurs billets, mes moqueries acerbes.

Bonnes vacances !!!

Thursday, June 19, 2008

Publications

Je suis vraiment dégoûté. Ces derniers jours, sur ce blog, je n'ai fait que du remplissage sans me donner la peine de faire quelque chose d'un tant soit peu présentable. Je suis allé au plus facile et je n'ai même pas cherché à faire un post qui soit agréable à lire. Non seulement, les derniers billets sont vides, n'apportent quasiment rien, mais en plus, il sont rédigés dans un français plat et vulgaire. C'est nul !

Je n'écris pas ça pour me punir ni pour me faire plaindre, mais je ne peux pas faire autrement que de me livrer à ce triste constat. C'est le degré zéro du blogging !

J'ai des excuses, mais elles ne valent pas grand chose. Je les donne quand même car ça me permet de faire encore un peu de remplissage. J'ai passé pas mal de temps à retravailler le design de mon site après l'avoir rebaptisé, re-intitulé "Traverses". L'intérêt de ce que je vous dis en ce moment, c'est que je vais remettre en place quelques textes d'écrivains, essayistes, poètes, universitaires, journalistes plus ou moins célèbres. Donc, la lecture de l'un de ces textes vous donnera, peut-être, l'occasion de passer un bon moment. Quelques instants qui vous feront oublier que la France footbalistique s'est faite ratiboiser par toutes les équipes de foot contre qui elle a joué, sauf la Roumanie [0-0] : une occasion de mettre en ligne un texte de Cioran.

Thursday, May 29, 2008

Succès

Elle est née au Maroc comme moi, elle a presque le même âge que moi. Je ne la connais pas. Je ne sais pas son nom, ou plutôt je ne m'en souviens plus parce que je n'ai pas cherché à le mémoriser, ça me semble sans importance. La presse dit qu'elle est belge et qu'elle était mariée avec l'homme, un marocain lui aussi, qui a tué le commandant Massoud dans les montagnes afghanes deux jours avant le 11/09. Cette veuve, remariée depuis, doit peser environ 50 kg et mesurer 1,60 m : une taille et un poids moyens. La presse n'en parle pas, mais c'est comme ça que je me la représente d'après une photo. Elle se désigne elle-même comme une femme guerrière pour Al Qaïda. Elle insiste sur le fait qu’elle ne diffuse pas d’instruction sur la fabrication de bombe et qu’elle n’a pas l’intention de prendre les armes elle-même. Au contraire, elle encourage les hommes Musulmans à partir et combattre, et rallie les femmes pour qu’elles se joignent à la cause.

"Ce n’est pas mon rôle de placer des bombes, c’est ridicule", a-t-elle dit dans l’un de ses rares entretiens, selon le N.Y.Times. "J’ai une arme, c’est d’écrire. C’est de prendre la parole. C’est mon jihad. Vous pouvez accomplir beaucoup de choses avec les mots. L’écriture est aussi une bombe."

Pour le juge Jean-Louis Bruguière, un connard soit-dit en passant, "Elle est très radicale, très maligne et très dangereuse."

Je me fous de ce que cette femme peut raconter sur le Web, pour moi ça a autant d'intérêt que ce que peuvent dire les lustukrus. Mais vous l'avez lu, Bruguière pense qu'elle est dangereuse et il n'est pas le seul; la police belge le dit aussi et elle-même le dit: "L’écriture est aussi une bombe."

C'est à ça que je voulais en venir, au fait qu'une femme ordinaire mais déterminée, qui n'a pas fait d'études particulières, puisse, par le biais d'un ordinateur, causer quelques problèmes à la police et puisse représenter "une menace" pour les démocraties européennes.

Je me demande combien d'entre vous gardent à l'esprit que les appels à la haine sont des paroles qui sont très facilement entendues. Internet est un magnifique amplificateur pour répandre la colère, le ressentiment, un discours qui passe bien mieux que les histoires de bisounours qui se racontent sur la plupart des blogs.

Si vous voulez avoir du succès, vous faire un nom, blogguer pour l'Histoire, n'hésitez pas : la haine est un bon vecteur. Mais ne perdez pas de vue, non plus, que celui qui sème le vent...

Thursday, May 22, 2008

Village People

C'est vraiment l'aspect village people - je retiendrai cette très bonne métaphore, merci à Marcel, le mari d'Albertine - qui est le plus pénible à vivre et c'est ce qui inévitablement finit par se produire sur la bloggosphere, malgré le fait d'en être conscient et une certaine volonté d'éviter que se développe une telle atmosphère. Il faudrait faire régner - ce qui était assez courant quand la bloggosphere s'est crée - une discipline de fer et écarter tous les commentaires sans rapport direct avec l'objet des billets. Mais si au début, quand les premiers blogs ont commencé à se construire, les gens voulaient bien jouer le jeu et restaient dans les limites du commentaire véritable, sans déborder la thèse exposée sur le billet, par la suite ces limites ont été pulvérisées.

Quand la plèbe, la horde des lustukrus a débarqué en vagues successives sur la Toile, au début de l'été 2006, tout est devenu sujet à rigolade, puisque les gens n'ouvraient pas un blog par gout de l'écriture ou du débat, ni même de la discussion, mais simplement parce que c'était l'endroit où il fallait se trouver: "être en ligne". A partir de ce moment là, le sujet du billet n'était plus qu'un produit d'appel, un prétexte, une amorce à la communication pour la communication. Le but étant de faire le maximum de bla-bla pour se saouler de mots, de phrases, pour avoir l'ambiance bistrot, café du commerce à portée de clic. Évidement, ce genre de choses existait avant, c'était les forums "politiques" et "philosophiques". Mais il fallait disposer d'un serveur, avoir quelques notions en informatique, du temps pour développer et modérer ces forums. Avec les plate-formes blogs clés-en-mains, posséder son propre café du commerce - baptisé: philo, politique, littéraire - devenait extrêmement simple. Il suffisait ensuite de recruter les clients.

Alors, au village people, tout est devenu bon pour faire du lien, pour avoir des visites, tout est devenu prétexte à renifler le caca du voisin. On sait que pour les lustukrus, la xénophobie dans les townships vaut largement la dernière mise à jour de Firefox ou la hausse du prix des spaghetti. Voilà pourquoi certains en arrivent à tout confondre, William Shakespeare et Marc Lévy, Tariq Ramadan et Baruch de Spinoza. Et encore, à ce niveau là, on parle de conversations "savantes", celles de bloggers qui furent des gens relativement attentifs aux cours de terminale, à qui il arrive encore de lire un magazine, entre deux mangas, quand ils attendent leur tour chez le dentiste.

Bref, créer un blog c'est se plonger dans cet univers et essayer de ne pas se noyer. Mais bon, il n'y a pas que le blogging dans la vie et il faudra, qu'un de ces jours, je revienne à envisager mes journées sans penser à blogger. Voilà plus de 4 ans que ça ne s'est pas produit, sinon pour de très courtes, trop courtes périodes.

Vous n'en avez pas marre, vous aussi, de temps en temps, de cette activité stupide ? N'étiez-vous pas plus heureux avant, avant de vous lancer dans ce truc idiot ?

Monday, May 12, 2008

Interests

Je sais que ce n'est pas facile: ce n'est pas facile d'accepter les critiques qui remettent nos jugements de valeur, nos bonnes ou mauvaises opinions en question; mais, ce n'est pas facile non plus de prendre le risque de froisser l'autre; ce n'est pas facile, parce que, lorsqu'on commente, on ne peut pas se contenter d'un "j'aime/j'aime pas". Et enfin, ce n'est pas facile, parce qu'il faut essayer d'expliquer ce qui détermine notre prise de position, et de le faire en tentant d'effacer notre subjectivité. Pour ma part, ce dernier point est la chose la plus difficile à faire, mais c'est un exercice très enrichissant.

Bien entendu, il faut aussi respecter ceux qui veulent rester pauvres et ne pas les forcer à s'enrichir, s'ils estiment que ça demande trop d'efforts. Mais dans ce cas, il faut que ceux qui ont la volonté de crever la dalle, le fassent clairement savoir.
Il faut qu'ils soient un peu généreux envers ceux qui veulent s'enrichir. Car ceux qui veulent s'enrichir doivent le faire tout en aidant les autres, moins riches, à devenir riches et sans refuser l'aide des plus riches qu'eux. Pour les miséreux, se montrer généreux, c'est dire clairement que tous ces trucs qui fatiguent les neuronnes, ils ne veulent pas en entendre parler.
Ils doivent écrire sur le fronton de leurs blogs quelque chose comme ceci : "Nous, ce qui nous plait, c'est de rester entre nous avec des choses qu'on connait bien, des mots bien conservés en boites, de belles phrases sugelées et un bon four à sémio-ondes, pour se caler une dent creuse entre deux videos."
Dans ce cas, quand le message est clair, celui qui veut devenir riche gagne du temps : au lieu de remplir ses obligations d'entre-aide, il bouquine, s'informe, médite, réfléchit, lit de judicieux conseils. De plus, quand il tente d'offrir son aide à ceux qui en réclament, il peut le faire en sachant qu'il ne prend pas trop le risque de se faire insulter : "prétancieu, c pas c'ke j'té d'mandé, di moi k'sui bo & kas toi ché toi".

Je suis certain que vous avez d'autres idées pour compléter ce billet, ou que vous ne voyez pas le blogging - activité qui consiste à blogguer - sous le même angle que moi.
N'hésitez pas à le faire savoir.

Friday, May 2, 2008

En roue libre

Je me demande bien pourquoi j'ai passé autant de temps à remettre ce blog sur pied, alors qu'il vient de nouveau de perdre, pour moi, une grande partie de son intérêt. Mais tout bien réfléchi, c'est normal : le blogging est avant tout une activité qui connaît des hauts et des bas. Et, c'est, en ce moment, une période de creux, du moins en ce qui concerne le désir de m'exprimer par écrit.

Car, ces derniers jours, se sont surtout les collages qui ont occupé mon temps. D'ailleurs, comme je voulais vous les montrer, sans vous obliger à faire un saut jusque sur Flickr, j'ai rouvert une vieille adresse, ma première adresse sur Blogger, soit dit en passant.

Pour l'occasion, j'ai piqué le titre de ce blog sur le dernier billet d'Albertine qui, si je ne me trompe pas, vient de fêter une nouvelle victoire. Parce que j'imagine qu'il y a un lien entre les décollations et sa satisfaction d'avoir mené un travail à son terme. Il faudra que je vérifie. Mais en attendant, sachez que j'ai mis en ligne 11 images. Toutes sont réalisées avec PhotoShop. Vous me direz ce que vous en pensez.

Ensuite, après avoir lu le septième épisode de l'excellent feuilleton "Les couettes de la discorde", dans lequel on peut lire des phrases comme celle-ci:
"L’élégance et la coquetterie, elle le savait, étaient absolument nécessaires si l’on ne voulait pas se faire complètement avaler et mépriser par cette ville. Et Dilek, de la volonté et du désir de s’en sortir, elle avait à revendre. Elle préférait manger uniquement des simits plutôt que de se passer de sa séance hebdomadaire de coiffage dans le salon d'Ahmet. D’ailleurs, finalement le brushing était la seule chose abordable dans cette ville : à peine plus cher qu’un sandwich-döner, et Ahmet qui devait avoir un faible pour elle, acceptait toujours de lui faire crédit."
j'ai recommencé à vagabonder sur la toile. Chose que je n'avais pas vraiment fait depuis pas mal de temps, déjà. Je vous raconterai ce que j'ai découvert au cours de ces dernières déambulations, mais pas tout de suite. J'en ai suffisamment dit pour cette nuit. A bientôt...