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Friday, May 29, 2009

Burroughs in Tangier

burroughsA self-portrait Burroughs took in 1959 in Tangier where he spent several years working on the manuscript that would become Naked Lunch.

Apocalypse was the first collaboration in 1988 between William Burroughs and Keith Haring, a partnership Timothy Leary described as 'like Dante and Titian getting together'.
burroughs

Friday, February 13, 2009

Mourir

Mis à part l'inscription sur Slate.fr, je n'ai rien de particulier à dire sur la journée qui vient de s'écouler. Je l'ai déjà signalé : j'aime utiliser les blogs sous forme de simples bloc-notes, d'aide-mémoires. J'ouvre ce post uniquement pour me remémorer un extrait d'une nouvelle d'Albert Camus que j'avais déjà mise en ligne par le passé. Publier une citation, la mettre en ligne est une bonne façon de refaire vivre les quelques mots qui la composent... pour un certain temps... 

Dans une de ses nouvelles, "La femme adultère", tirée du recueil "L'exil et le royaume", Camus décrit deux commerçants d'Alger, Marcel et Jeannine, mariés depuis vingt ans, un bail bien trop long pour que leur amour, vivace au début, n'ait pu être usé. Une nuit, Jeannine a une révélation. Après avoir quitté la chambre commune et s'être exposée au vent glacé du désert, elle regagne le lit, un évènement que Camus commente en ces termes :
Marcel avait besoin d'elle et elle avait besoin de ce besoin, elle en vivait la nuit et le jour, la nuit surtout, chaque nuit où il ne voulait pas être seul, ni vieillir, ni mourir, avec cet air buté qu'il prenait et qu'elle reconnaissait parfois sur d'autres visages d'hommes, le seul air commun de ces fous qui se camouflent sous des airs de raison, jusqu'à ce que le délire les prenne et les jette désespérément vers un corps de femme pour y enfouir, sans désir, ce que la solitude et la nuit leur montrent d'effrayant. Marcel remua un peu comme pour s'éloigner d'elle. Non, il ne l'aimait pas, il avait peur de ce qui n'était pas elle, simplement, et elle et lui depuis longtemps auraient dû se séparer et dormir seuls jusqu'à la fin. Mais qui peut dormir toujours seul? Quelques hommes le font, que la vocation ou le malheur ont retranché des autres et qui couchent alors tous les soirs dans le même lit que la mort (...). Elle l'appela de tout son cœur (...). Elle aussi avait peur de mourir (...)

Tuesday, October 14, 2008

Gomorra

"D'ici fin décembre, il sera mort", a déclaré à la police un ancien criminel de la Mafia devenu collaborateur de la justice. Il parlait du journaliste Roberto Saviano, coupable d'avoir écrit le best-seller Gomorra, récit d'une plongée dans la Camorra, la mafia napolitaine. Selon cet indicateur, un clan mafieux aurait fixé une date avant Noël pour passer à l'acte et tuer Saviano et son escorte, composée des sept carabiniers qui ne le lâchent pas d'une semelle.
En publiant Gomorra, je suis devenu un symbole, mais j'ai payé un prix très élevé. J'ai eu des moments difficiles, je me suis senti seul comme jamais, prisonnier d'un engrenage énorme. J'ai perdu ma liberté. Je ne peux plus enquêter librement, aller où je veux et voir qui je veux. Les parrains font circuler des menaces et des rumeurs pour me démolir, mais tant que je suis au centre de l'attention publique, je n'ai pas peur. Le problème se posera plus tard. J'attends le pire, même si je ne sais pas quel visage il prendra.

Plus que les balles, je crains les diffamations qui visent à décrédibiliser mon propos et m'accusent d'avoir tout inventé pour me faire de la publicité ou me garantir une carrière politique. Les intellectuels napolitains, et plus généralement les intellectuels italiens, n'ont jamais voulu - ou n'ont jamais su - aborder de front le cancer de la Camorra, en attirant l'attention du pays entier sur ce grave problème. Moi, je l'ai fait. C'est pour cela que la Camorra m'en veut autant.

Wednesday, October 8, 2008

Médiocrité

Que faut-il pour réussir? De la bravoure? De l'obstination? De la chance? Du génie? Non: de la médiocrité. Quoi que produise le médiocre, c'est un produit qui s'adresse au plus grand nombre. Il est sûr de son affaire, il a les qualités requises par la majorité des individus.
Jean Giono, Les terrasses de l'île d'Elbe

Wednesday, September 17, 2008

Twiller

J'avais pensé écrire un blog avec des posts qui n'auraient pas dépassés 140 signes. Un journaliste est allé plus loin.

Twiller: c'est le titre d'un récit écrit sur Twitter, un titre-valise, né de la contraction du nom de ce réseau social, réunion de textes écrits à partir d’un mobile et qui ne peuvent excéder 140 caractères, et de "thriller". Depuis le mois de juin, Matt Ritchel, journaliste au New York Times, enrichit son intrigue de mini-messages publiés sur Twitter. Pour lui, il s’agit surtout d’expérimenter un nouveau type de littérature. S'il reconnaît volontiers que Twiller peut dérouter, il espère bien que les 723 [pour l'instant] personnes qui suivent quotidiennement les affres de son héros seront rejoints par d’autres curieux. [En savoir plus]

L'histoire est la suivante:
Un homme qui se réveille dans les montagnes du Colorado, souffrant de l'amnésie, avec une hantise suggérant qu'il est un meurtrier. En possession d'un portable seulement qui lui permet de Twitter, il utilise le téléphone pour raconter son histoire, sa rencontre avec lui-même, en 140 caractères à la fois. Il reconstruit son «souvenir» avec un téléphone portable, et un smiley occasionnel.

Monday, August 25, 2008

Sunday, August 24, 2008

Lecteur ...

Lecteur, si ta vie n'est pas un roman, une fiction divine, un rêve d'éternité alors laisse ces pages, ne me lis pas plus avant. Car je te serai indigeste, et il te faudra me vomir sans profit ni pour toi ni pour moi.
Miguel de Unamuno (1864-1936)

Wednesday, August 20, 2008

Vengeance

Durant des mois je lus et je relus les trente-trois livres alignés sur ma table. Je soulignais des mots, des phrases, sur le papier jauni. Je pris des notes dans des carnets, sur des bouts de papier. Je me rendis dans des bibliothèques où les employés lançaient aux lecteurs des regards qui signifiaient : "Que venez-vous donc fiche ici ?"
Comme beaucoup d'hommes brisées qui, à une certaine époque, se sont lancés avec ardeur dans le tourbillon qu'on appelle la vie, et qui n'y trouvent pas ce qu'ils ont espéré y découvrir, je comparais entre elles certaines images, certaines expressions rencontrées dans mes lectures; je distinguais les chuchotements discrets qu'échangeaient les textes dont j'arrivais à déchiffrer les secrets, je les classais; je construisais de nouvelles connexions et, fier de de la complexité de ce réseau que je construisais avec la patience de l'homme qui entreprend de creuser un puits avec une aiguille, je m'efforçais de tirer vengeance de tout ce que j'avais manqué dans ma vie.

Orhan Pamuk, La vie nouvelle, Folio, p. 391-392.

Tuesday, August 12, 2008

Darwich

La poésie est fragile. C'est ce qui en fait sa puissance. Si elle tentait d'affronter les tanks, elle serait écrasée. La poésie a la fragilité de l'herbe. L'herbe paraît si vulnérable, mais il suffit d'un peu d'eau et d'un rayon de soleil pour qu'elle repousse.
Mahmoud Darwich

Sunday, July 27, 2008

Inédits de Kafka ?

Le quotidien hébreu «Haaretz» révélait dimanche 6 juillet qu'un appartement de Tel-Aviv contiendrait de nombreux documents inédits, susceptibles de dévoiler des informations essentielles sur les aspects méconnus de la vie de l'auteur.

Ces textes, (pages volantes, extraits de carnets intimes, et esquisses littéraires) furent donnés par Kafka à Max Brod, qui éditait son oeuvre en Palestine. Après son décès en 1968, c'est sa secrétaire, Esther Ofa, qui hérita des documents. Elle en interdit l'accès aux chercheurs pendant des années, en vendit certains et en fit transférer d'autres en Suisse. Depuis son récent décès, ses deux filles seraient désormais en possession des archives, qui se trouveraient dans l'appartement où logeait Esther Ofa.

Chercheurs et universitaires espèrent désormais que celles-ci autoriseront l'accès aux textes, supposés de grand intérêt.

Wednesday, July 16, 2008

Blanche Neige

C'est à Beaver College qu'elle fit son éducation. Elle étudia La Femme moderne, ses privilèges et ses responsabilités: la nature et composition de la femme, sa signification dans l'évolution et dans l'histoire, la tenue de la maison, l'éducation, la préservation de la paix familiale, les soins et la dévotion; la manière dont ceux-ci contribuent à une nouvelle humanisation du monde contemporain. Puis, elle étudia Guitare classique n°1, utilisant les méthodes et les techniques de Sor Tarrega, Segovia, etc. Puis, elle étudia Les Poètes romantiques anglais n°2: Shelley, Byron, Keats. Puis, elle étudia Les Fondations théoriques de la psychologie: l'esprit, la conscience l'inconscient, la personnalité, le moi, les relations interpersonnelles, les normes psycho-sexuelles, les jeux sociaux, le groupe, l'adaptation, le conflit, l'autorité, l'individuation, l'intégration et l'équilibre mental. Puis, elle étudia Peinture à l'huile n°1, et, suivant les directives, apporta au cours du jaune cadmium clair, du jaune cadmium moyen, du rouge cadmium clair, de la pourpre alizarine, du bleu outre-mer, du bleu de cobalt, du vert émeraude, du noir d'ivoire, de la terre d'ombre naturelle, de l'ocre jaune, de la terre de Sienne brûlée, et du blanc de zinc. Puis, elle étudia Ressources personnelles n°1 et n°2: comment s'évaluer soi-même, trouver le courage de faire face à son environnement, ouvrir et utiliser son esprit, comprendre l'expérience individuelle et le processus de formation, utiliser son temps de manière constructive, redéfinir avec plus de maturité ses buts et ses projets d'action. Puis, elle étudia le Réalisme et l'Idéalisme dans le roman contemporain italien: Palazzeschi, Brancati, Bilenchi, Pratolini, Moravia, Pavese, Levi, Silone, Berto, Cassola, Ginzburg, Malaparte, Calvino, Gadda, Bassani, Landolfi. Puis, elle étudia...

Donald Bartheleme, Snow White, New York, Atheneum, 1967, pp. 25-26.

Wednesday, June 25, 2008

Réfléchir

Voilà, si l'on débute le décompte avec Tripalium on en arrive à une centaine de billets publiés. Cela fait, 5 mois que j'ai redonné un peu d'élan à Cloudy Days, après avoir écrasé tous mes blogs, fin 2007, et après avoir ensuite interrompu cette activité pendant 2 mois.

A partir de cette nuit, pour quelques jours, je laisse filer ce blog sur sa lancée. Je prends un peu de distance, je passe au-dessus des nuages.
Il y a des gens qui réfléchissent pour écrire, d’autres qui écrivent pour ne pas réfléchir ; ceux-ci ne sont pas si bêtes, mais ceux qui les lisent le sont, à mon avis.
A bientôt...

Thursday, June 19, 2008

Publications

Je suis vraiment dégoûté. Ces derniers jours, sur ce blog, je n'ai fait que du remplissage sans me donner la peine de faire quelque chose d'un tant soit peu présentable. Je suis allé au plus facile et je n'ai même pas cherché à faire un post qui soit agréable à lire. Non seulement, les derniers billets sont vides, n'apportent quasiment rien, mais en plus, il sont rédigés dans un français plat et vulgaire. C'est nul !

Je n'écris pas ça pour me punir ni pour me faire plaindre, mais je ne peux pas faire autrement que de me livrer à ce triste constat. C'est le degré zéro du blogging !

J'ai des excuses, mais elles ne valent pas grand chose. Je les donne quand même car ça me permet de faire encore un peu de remplissage. J'ai passé pas mal de temps à retravailler le design de mon site après l'avoir rebaptisé, re-intitulé "Traverses". L'intérêt de ce que je vous dis en ce moment, c'est que je vais remettre en place quelques textes d'écrivains, essayistes, poètes, universitaires, journalistes plus ou moins célèbres. Donc, la lecture de l'un de ces textes vous donnera, peut-être, l'occasion de passer un bon moment. Quelques instants qui vous feront oublier que la France footbalistique s'est faite ratiboiser par toutes les équipes de foot contre qui elle a joué, sauf la Roumanie [0-0] : une occasion de mettre en ligne un texte de Cioran.

Friday, May 2, 2008

En roue libre

Je me demande bien pourquoi j'ai passé autant de temps à remettre ce blog sur pied, alors qu'il vient de nouveau de perdre, pour moi, une grande partie de son intérêt. Mais tout bien réfléchi, c'est normal : le blogging est avant tout une activité qui connaît des hauts et des bas. Et, c'est, en ce moment, une période de creux, du moins en ce qui concerne le désir de m'exprimer par écrit.

Car, ces derniers jours, se sont surtout les collages qui ont occupé mon temps. D'ailleurs, comme je voulais vous les montrer, sans vous obliger à faire un saut jusque sur Flickr, j'ai rouvert une vieille adresse, ma première adresse sur Blogger, soit dit en passant.

Pour l'occasion, j'ai piqué le titre de ce blog sur le dernier billet d'Albertine qui, si je ne me trompe pas, vient de fêter une nouvelle victoire. Parce que j'imagine qu'il y a un lien entre les décollations et sa satisfaction d'avoir mené un travail à son terme. Il faudra que je vérifie. Mais en attendant, sachez que j'ai mis en ligne 11 images. Toutes sont réalisées avec PhotoShop. Vous me direz ce que vous en pensez.

Ensuite, après avoir lu le septième épisode de l'excellent feuilleton "Les couettes de la discorde", dans lequel on peut lire des phrases comme celle-ci:
"L’élégance et la coquetterie, elle le savait, étaient absolument nécessaires si l’on ne voulait pas se faire complètement avaler et mépriser par cette ville. Et Dilek, de la volonté et du désir de s’en sortir, elle avait à revendre. Elle préférait manger uniquement des simits plutôt que de se passer de sa séance hebdomadaire de coiffage dans le salon d'Ahmet. D’ailleurs, finalement le brushing était la seule chose abordable dans cette ville : à peine plus cher qu’un sandwich-döner, et Ahmet qui devait avoir un faible pour elle, acceptait toujours de lui faire crédit."
j'ai recommencé à vagabonder sur la toile. Chose que je n'avais pas vraiment fait depuis pas mal de temps, déjà. Je vous raconterai ce que j'ai découvert au cours de ces dernières déambulations, mais pas tout de suite. J'en ai suffisamment dit pour cette nuit. A bientôt...

Friday, April 18, 2008

Love


Un an d'abonnement gratuit à "Someday, Somewhere" au lecteur qui sera le premier à trouver le nom de l'auteur des quelques lignes qui ornent cette planche.

Bonne chance !

Monday, April 14, 2008

La vraie haine

Souvent j’en croise, à présent, des indignés qui ramènent … C’est que des pauvres culs coincés … des petits potes, des ratés jouisseurs … C’est de la révolte d’enfifré … C’est pas payé, c’est gratuit … Des vrais godilles … Ca vient de nulle part … du Lycée peut - être … C’est de la parlouille, c’est du vent. La vraie haine, elle vient du fond, elle vient de la jeunesse, perdue au boulot sans défense.
Céline, Mort à crédit