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Friday, July 17, 2009

La décadence est inséparable de la gastronomie

“L’arrachement aux valeurs et le nihilisme instinctif contraignent l’individu au culte de la sensation. Quand on ne croit à rien, les sens deviennent religion. Et l’estomac finalité. Le phénomène de la décadence est inséparable de la gastronomie. Un certain Romain, Gabius Apicius, qui parcourait les côtes de l’Afrique à la recherche des plus belles langoustes et qui, ne les trouvant nulle part à son goût, ne parvenait à s’établir en aucun endroit, est le symbole des folies culinaires qui s’instaurent en l’absence de croyances. Depuis que la France a renié sa vocation, la manducation s’est élevée au rang de rituel. Ce qui est révélateur, ce n’est pas le fait de manger, mais de méditer, de spéculer, de s’entretenir pendant des heures à ce sujet. La conscience de cette nécessité, le remplacement du besoin par la culture - comme en amour - est un signe d’affaiblissement de l’instinct et de l’attachement aux valeurs. Tout le monde a pu faire cette expérience : quand on traverse une crise de doute dans la vie, quand tout nous dégoûte, le déjeuner devient une fête. Les aliments remplacent les idées. Les Français savent depuis plus d’un siècle qu’ils mangent. Du dernier paysan à l’intellectuel le plus raffiné, l’heure du repas est la liturgie quotidienne du vide spirituel. La transformation d’un besoin immédiat en phénomène de civilisation est un pas dangereux et un grave symptôme. Le ventre a été le tombeau de l’Empire romain, il sera inéluctablement celui de l’Intelligence française. […]”

Emile Cioran, De la France, 1941 [extraits]

Sunday, April 12, 2009

Médiocrité

Les blogs ne font que refléter la culture d'une société donnée. Rien de pire ou de meilleur n'est produit sur le Net que ce que les individus produisent au quotidien, pour leur travail ou leurs loisirs. Bien que toute la société ne soit pas représentée sur la Toile, les blogs et les sites personnels donnent tout de même une idée assez précise de l'état d'esprit collectif.

On sait que la société française est une société dans laquelle prime l'idée de hiérarchie. C'est certainement pour cette raison que l'on retrouve si fréquemment des bloggers qui tentent de se démarquer de la masse en affichant des performances, telle que le nombre de visiteurs, pensant prouver par là qu'ils seraient meilleurs que ceux qui cumulent moins de visites mensuelles ou annuelles. Mais ils ne prennent pas en compte que, pour établir une hiérarchie sur le critère de la fréquentation, il faut nécessairement produire le blog le plus médiocre possible. Et, ceci, indépendamment des moyens techniques qui permettent d'améliorer le classement opéré par les moteurs de recherches - des techniques que tout bon webmaster connaît.

Car, mis à part l'aspect mécanique du référencement, il ne faut pas perdre de vue que, pour avoir le plus de chance de se retrouver en haut de l'échelle, il faut avant tout séduire le lecteur. Les médias audiovisuels ont su établir les meilleures recettes pour capter le maximum de spectateurs. Les bloggers doivent appliquer le même genre de stratégies pour faire augmenter leur lectorat. C'est à dire faire, par analogie, du TF1 ou du M6TV plutôt que du ArteTV. Je sais par expérience que, par exemple, l'emploi du terme "analogie", que je viens d'écrire à l'instant, coûte un certain nombre de points dans la course à l'audience. Ne parlons même pas de la longueur de mes billets : écrire plus de 100 mots à la suite équivaut à se tirer une balle dans le bras - on n'a pas besoin de pieds pour blogguer.

Croire que les blogs, dans leur ensemble, permettent de faire grimper le niveau culturel d'une population quelconque est une idée digne de Karl Marx qui imaginait que la conscience de classe passait par l'amélioration des accès aux savoirs. Ce qui s'est avéré complètement faux. La conscience de classe n'était réalisable que sur la base du ressentiment des ouvriers face à la bourgeoisie. La conscience de classe du blogger ne peut se fonder que sur le mépris ou la haine de la culture savante, lettrée.

Je reviendrai probablement sur ce dernier point qui concerne ce qui est le mieux partagé par la population française : le ressentiment.

Saturday, February 21, 2009

Intellectuels de haute nécessité

Neuf intellectuels antillais, Ernest Breleur, Patrick Chamoiseau, Serge Domi, Gérard Delver, Edouard Glissant, Guillaume Pigeard de Gurbert, Olivier Portecop, Olivier Pulvar, Jean-Claude William ont rédigé un "Manifeste pour les 'produits' de haute nécessité", publié, le 16.02.09 par Le Monde.

Glissant est titulaire d’un doctorat ès lettres, Chamoiseau a obtenu un prix Goncourt pour un roman et Pulvar est maître de conférence en Histoire. Ces noms me disaient quelque chose; j'ai du les entendre prononcés sur une radio quelconque, mais c'est sur Wikipedia que j'ai appris à qui j'avais affaire. Je ne me suis pas fatigué à découvrir d'où les cinq autres tirent la qualification d'intellectuels, mais je n'ai aucune difficulté à croire qu'ils ont de bonnes raisons pour prétendre au titre, ainsi que le font les trois premiers.

Pour moi, ce texte marque un tournant dans la culture française, avec ce "Manifeste pour les 'produits' de haute nécessité", l'horizon se fait soudain lumineux: l'affaire est entendue, il n'y a plus rien à espérer. Il me faut à tout prix faire émigrer ma pensée dans une autre langue. Je dois dans l'urgence apprendre à parler parfaitement le premier idiome à portée de dico, pour essayer de conserver la raison et une once de dignité. Je ne veux pas subir le douloureux sentiment de honte, de ridicule achevé, celui qui me torturera chaque fois que j'aurai à converser avec un humain qui n'a pas la nationalité française.

Pour l'instant, je me demande s'il ne vaut pas mieux que le Translator de Google me raconte le monde. En effet, lorsque le robot traducteur me donne la version française de "Sein und Zeit", le texte me semble bien plus facile à comprendre que celui de nos intellectuels outremarins.

Seigneur Doliprane, priez pour nous, pauvres Français ! La crise financière internationale est rien en comparaison de ce qui nous guette sur le plan intellectuel.

Thursday, February 19, 2009

L'université, pour quoi faire ?

Martine Laval a reçu ce matin ce mot de Pierre Jourde, écrivain et professeur d'université.

"Pendant des décennies, l’université a avalé sans broncher les réformes les plus burlesques. Et voici brusquement les universitaires de toutes tendances politiques, les présidents d’université les plus modérés, les chercheurs les plus prudents, gauche et droite mêlées, qui se retrouvent dans la rue, à lever le poing avec des étudiants et de jeunes chercheurs. Pour en arriver à cela, il faut un sentiment profond d’humiliation, de mépris pour les professions intellectuelles, qui dure depuis très longtemps, et qui ne vient pas seulement de nos hommes politiques, mais aussi de la représentation qui est donnée de ces professions par certains médias, à partir d’une méconnaissance profonde de leur réalité quotidienne.

Cela ne tient pas seulement au déferlement des clichés populistes. Ce n’est pas seulement parce que l’on fait passer pour des fainéants des gens qui ne cessent de travailler, pour des salaires minables, dans des lieux souvent sordides. Ce n’est pas seulement parce que l’on prétend évaluer enfin des chercheurs qui le sont en réalité toute leur vie, sur des critères très sélectifs. Ce n’est pas seulement parce que le temps qui pourrait être consacré aux étudiants et aux recherches est en réalité dévoré par une bureaucratie envahissante. C’est aussi et surtout parce qu’il s’agit d’une politique globale de destruction de la culture générale, qui touche l’université, la formation des professeurs, les concours de la fonction publique, l’audiovisuel, etc.

Nous formons les futurs professeurs, et on nous demandera de les recruter, non plus sur ce qu’ils savent en littérature ou en sciences, mais sur des critères techniques étroits. Dans tous les domaines, il s’agit de ne former que des visseurs de boulons soumis, étroitement rivés à leur tâche. Et cela concerne l’éducation dans son ensemble, de la maternelle à l’université. Les universitaires manifestent contre cette vision de la société.

Nous ne voulons pas former seulement des techniciens soumis, aux compétences étroites, mais des hommes et des citoyens. Nous pensons que la recherche est d’autant plus créatrice qu’elle n’est pas soumise à des objectifs purement utilitaires. Que le sens d’une vie ne se résume pas à des savoir-faire techniques. Qu’un professionnel est d’autant plus efficace que sa vision n’est pas étroitement limitée à son domaine de compétence. Que la culture est partie intégrante du fait de devenir homme."

C'est, globalement, ce point de vue que BBL défend en réponse à une question posée par Rubin Sfadj : "Autonomie des universités : une bureaucratisation en trompe l'oeil ?"

Wednesday, February 18, 2009

Corto & Polluxe, au pays de l'Aufklarung

Il y a un type sur le Web qui se fait appeler Corto. N'allez pas chercher qui c'est en passant par Google, car vous allez vous trouver submergés de réponses : c'est le pseudo que choisissent tous les quadragénaires attardés; ceux qui savent tout de la vie grâce aux bandes dessinées. Son pendant féminin se fait appeler Polluxe. Des mollaçons sans cédille de la cervelle qui ne sont jamais arrivés à lire un article de plus de 1000 signes jusqu'au bout. Je ne vous parle même pas d'un bouquin, objet qui évoque pour eux la torture; ce calvaire subi pendant leurs études - cinq années de DEUG consécutives - alors qu'il leur fallait se présenter aux partiels en ayant une vague idée sur la manière d'aborder le sujet d'examen mais, bien sûr, sans avoir suivi tous les cours.

C'est le genre d'individus qui n'aura pourtant aucun mal à se faire une place dans la vie. Tous finiront toujours par trouver un emploi, pas trop mal rémunéré, qu'ils exerceront à partir d'un bureau, avec à leur disposition personnelle, un ordinateur connecté sur le Web. C'est suite à la pénétration massive d'Internet dans les administrations que les ronds de cuir ont trouvé leur Graal. Quand ils ont eu accès aux encyclopédies en ligne, et particulièrement à Wikipedia, la lumière a enfin inondé la boite à caramels qui, difficilement, tient en équilibre sur leurs épaules.

Depuis, on trouve des Corto et des Polluxe à tous les coins de la bloggosphere. Des gens qui peuvent vous faire entendre tout ce à quoi vous-même, tout seul, vous n'osez pas vous attaquer; car, de la sexualité des araignées à la physique quantique, rien ne leur fait peur. Alors, vous imaginez quand il s'agit de parler d'identité, d'art abstrait ou bien de Spinoza... il sont tous là !!! Tous sauront mieux que quiconque vous expliquer ce qu'il faut comprendre, retenir, lire, dire. Et tant pis si vous-même travaillez depuis 20 ans sur la question, ce n'est pas grave; laissez tomber; écoutez-les bien; ils vont tout vous expliquer et surtout vous dire à quel endroit vous patinez, parce que les choses ne vous semblent pas si simples et que la voie, le cheminement vous parait difficile. N'ayez crainte, Corto et Polluxe sont là pour vous guider; tout est inscrit dans les mangas, il suffit de savoir les déchiffrer !

Vive la bloggosphere qui à chaque interaction vous mène vers la Lumière !!!

Saturday, January 24, 2009

Petits joueurs de flûteau

Oui, moi aussi, en accord avec Criticus, je crois que la France peut retrouver ses marques en cessant de fantasmer sur un passé considéré comme une vérité historique, scientifiquement validée, mais, en réalité, inexistante. A l'instar des nord-américains, les français devraient se rassembler sur une idée mythique, sans chercher à se baser sur une quelconque authenticité historique. Il faut que ce pays s'invente une idée qui puisse être partagée par une immense majorité, la quasi-totalité. Quelqu'un doit pouvoir construire sur la scène politique une vision qui rassemble au lieu de diviser. C'est le boulot des élus et c'est, particulièrement, la chose que les politiciens français ne savent pas faire, pensant qu'il vaut mieux diviser pour régner. Cette division fait qu'il n'y a plus qu'une unité nationale branlante. De plus, il manque sur le plan externe un ennemi commun, fédérateur de masse.

Enfin, sur le plan interne, doit se développer entre les individus une saine émulation, plutôt que cette compétition faite d'envies, de jalousies, avec la rancœur pour seule moteur. C'est à dire qu'il faut surtout, et avant tout, renoncer à l'égalirarisme qui mine la société en lui faisant croire que tout vaut tout, que l'"art" est partout, à la portée du premier venu, simplement parce qu'il est "doué", touché par la "grâce", laissant penser que rien ne peut être hiérarchisé, discriminé, trié, rejeté, banni, interdit... Il faut arrêter avec ces conneries !

Stockhausen Boulez MadernaParce que la culture c'est ça, c'est un truc fait par l'élite pour l'élite: à chacun de se demmerder pour faire partie de cette élite. Mais celui qui tente d'inscrire son nom en haut de l'affiche doit y parvenir en acceptant de jouer le jeu, en ayant une certaine éthique, et non pas en trichant comme c'est devenu la règle. Oui, Yannick Noa savait jouer au tennis, mais c'est bien la seule chose qu'il savait faire. Carla Bruni avait appris à arpenter les podiums, à marcher avec des talons aiguilles, mais là aussi, elle devait s'en tenir à sa spécialité. La culture française peut se passer de Zidane, de Kékélélé, etc. Sinon, sur le plan musical, le plus petit joueur de flûteau islandais ou trobilandais fera toujours mieux qu'eux. Et c'est pareil dans tous les domaines.

Sunday, October 19, 2008

Bêtise médiatique

On demande au premier venu ce qu’il pense de n’importe quoi, et cette pensée est considérée comme digne du plus grand intérêt. Après quoi, on informe les citoyens de ce qu’ils ont pensé. Ainsi, les Français se regardent. Les journalistes, convaincus d’avoir affaire à des imbéciles, leur donnent du vide. Le public avale ? Les journalistes y voient la preuve que c’est ce qu’il demande.

Cela, c’est 95 % de l’information, même sur les chaînes publiques. Les 5 % restants permettent aux employés d’une industrie médiatique qui vend des voitures et des téléphones de croire qu’ils exercent encore le métier de journalistes. Ce qui est martelé à la télévision, à la radio envahit les serveurs Internet, les journaux, les objets, les vêtements, tout ce qui nous entoure. Le cinéma devient une annexe de la pub. La littérature capitule à son tour. Le triomphe de l’autofiction n’est qu’un phénomène auxiliaire de la "peopolisation" généralisée, c’est-à-dire de l’anéantissement de la réflexion critique par l’absolutisme du : "C’est moi, c’est mon choix, donc c’est intéressant, c’est respectable."

La bêtise médiatique n’est pas un épiphénomène. Elle conduit une guerre d’anéantissement contre la culture. Il y a beaucoup de combats à mener. Mais, si l’industrie médiatique gagne sa guerre contre l’esprit, tous seront perdus.

Tuesday, August 19, 2008

Shanghaï Top 100

J'avais écrit un post sur le classement des universités françaises avec seulement trois établissements français qui se glissent dans le top 100 contre quatre l'an dernier. Mais, le billet est passé à la trappe parce que ça n'a plus aucune importance depuis que je sais que la belle Pécresse pense avoir déjà trouvé la parade. Elle veut faire un autre classement avec des critères qui seront plus avantageux pour les universités françaises et donc un peu moins humiliants pour la nation: "Le problème du classement de Shanghaï, c'est son existence. On ne peut pas l'ignorer, car les étudiants du monde entier s'y réfèrent. La France doit rentrer dans cette bataille mondiale de la connaissance, même si nous préservons certaines spécificités du système français, notamment sur le faible montant des frais d'inscription. Mais nous devons également établir notre propre classement au niveau européen."

Mais espérons tout de même que ce projet n'aboutisse pas, parce que se retrouver classée 25ème sur 27, ça ne sera pas marrant non plus. Un type comme Thibault Weber, président de la Fage, devra alors se creuser la tête pour trouver encore une excuse du même style de celle qu'il avance cette fois-ci : "Ce classement, centré sur la recherche, n'est pas pertinent en France. Chez nous, les universités n'ont pas le monopole de la recherche. Le CNRS n'est pas pris en compte par [l'Université Jiao Tong à] Shanghaï".

Wednesday, August 13, 2008

Etonante hiérarchie

C'est à ce genre de choses que l'on devine à quelle point la marche du monde est une préoccupation pour les Lustukrus. L'Express, qui fut un magazine très en pointe dans le combat pour une société plus juste [particulièrement au cours de la guerre d'Algérie, lorsque la rédaction était conduite par Jean Daniel Bensaïd], hiérarchise l'information comme suit :On voit, à la façon de classer les reportages photos, que la guerre qui vient de débuter dans le Caucase, préoccupe terriblement la rédaction de l'Express qui, comme n'importe quel vulgaire magazine, pense d'abord à ce qui fait vendre plutôt qu'au véritable traitement de l'information, c'est à dire à quelque chose digne de l'intérêt d'un journaliste mais qui, bien entendu, ne captivera pas l'attention de beaucoup de lecteurs.

C'est vrai, la Géorgie c'est loin, on ne sait même pas où c'est, et ya pas de pov palestiniens ou de gentils bonzes sur qui pleurer et en plus c'est les J.O. avec Manodou et sa piscine trop grande pour elle. Alors, tant pis si Medvedev, Poutine et leurs potes nous coupent la route du gaz et du pétrole, Sarkozy et Kouchner s'occupent de tout, on leur fait confiance...

Wednesday, July 16, 2008

Blanche Neige

C'est à Beaver College qu'elle fit son éducation. Elle étudia La Femme moderne, ses privilèges et ses responsabilités: la nature et composition de la femme, sa signification dans l'évolution et dans l'histoire, la tenue de la maison, l'éducation, la préservation de la paix familiale, les soins et la dévotion; la manière dont ceux-ci contribuent à une nouvelle humanisation du monde contemporain. Puis, elle étudia Guitare classique n°1, utilisant les méthodes et les techniques de Sor Tarrega, Segovia, etc. Puis, elle étudia Les Poètes romantiques anglais n°2: Shelley, Byron, Keats. Puis, elle étudia Les Fondations théoriques de la psychologie: l'esprit, la conscience l'inconscient, la personnalité, le moi, les relations interpersonnelles, les normes psycho-sexuelles, les jeux sociaux, le groupe, l'adaptation, le conflit, l'autorité, l'individuation, l'intégration et l'équilibre mental. Puis, elle étudia Peinture à l'huile n°1, et, suivant les directives, apporta au cours du jaune cadmium clair, du jaune cadmium moyen, du rouge cadmium clair, de la pourpre alizarine, du bleu outre-mer, du bleu de cobalt, du vert émeraude, du noir d'ivoire, de la terre d'ombre naturelle, de l'ocre jaune, de la terre de Sienne brûlée, et du blanc de zinc. Puis, elle étudia Ressources personnelles n°1 et n°2: comment s'évaluer soi-même, trouver le courage de faire face à son environnement, ouvrir et utiliser son esprit, comprendre l'expérience individuelle et le processus de formation, utiliser son temps de manière constructive, redéfinir avec plus de maturité ses buts et ses projets d'action. Puis, elle étudia le Réalisme et l'Idéalisme dans le roman contemporain italien: Palazzeschi, Brancati, Bilenchi, Pratolini, Moravia, Pavese, Levi, Silone, Berto, Cassola, Ginzburg, Malaparte, Calvino, Gadda, Bassani, Landolfi. Puis, elle étudia...

Donald Bartheleme, Snow White, New York, Atheneum, 1967, pp. 25-26.

Tuesday, July 15, 2008

Patrimoine photo Trutat

Eugène Trutat, conservateur au Muséum d'Histoire Naturelle de Toulouse et photographe, a longuement sillonné les Pyrénées et photographié autant les paysages, les villages, que les habitants. 5000 des ses photographies sur plaques de verre, des années 1870-1920, concernant Toulouse, la région et les Pyrénées n’étaient jusqu’alors consultables uniquement sur certains postes multimédias de la Bibliothèque d'Etude et du Patrimoine.

Depuis le 28 juin dernier, ces photographies sont publiées sur Flickr !

Tuesday, July 8, 2008

The Times Archive

Welcome
The Times Archive invites you to explore 200 years of history as it appeared in the original pages of The Times newspaper from 1785-1985.


Le célèbre quotidien britannique Times, propriété de Rupert Murdoch, propose un accès à l'ensemble de ses archives, depuis sa création, le 1er janvier 1785, et jusqu'en 1985.

Pour quelqu'un comme moi qui aime les images, c'est la seconde bonne nouvelle depuis le début de l'année. La première fut, en Janvier, la mise en ligne sur Flickr d'une partie des archives de The Library of Congress.

J'ai collecté, il y a un instant, quelques photos sur le Times. J'en ai publié 6 d'entre elles pour vous donner, ne serait-ce que sur le plan photographique, une petite idée de l'intérêt des archives numérisées par les techniciens du quotidien britannique.

Vous me direz si pour vous aussi ce genre de prouesses techniques représente quelque intérêt ou si cela vous laisse complètement indifférent, sachant qu'Internet est simplement le meilleur moyen de faire de bonnes affaires en accédant à radin.com ou à meetic.fr.

Tuesday, June 17, 2008

Pendaisons au Japon

La peine de mort est toujours en vigueur au Japon. Le ministère de la Justice annonce ce matin l'exécution par pendaison de trois condamnés à mort, dont un homme de 45 ans qui avait enlevé et assassiné quatre fillettes de 4 à 7 ans. Ces pendaisons portent à 23 le nombre d'exécutions capitales au Japon depuis décembre 2006.

Je pense que les lustuktus aiment les Japonais, sinon je ne comprendrais pas pourquoi ils s'en prennent régulièrement aux Américains U.S. , chaque fois qu'une exécution se produit outre-Atlantique, alors que je ne vois jamais la moindre vague de protestations se soulever contre les Japonais.

Au fond, les lustuktus sont des chiraquiens, amoureux de l'extrême orient, fascinés par la civilisation du Pays du Soleil Levant et prêts à fermer les yeux sur ce qui les choquent terriblement par ailleurs, n'est-ce pas ?

Saturday, May 24, 2008

Voilà la subversion

En faisant du rangement dans mes fichiers, ce qui est une activité pas très passionnante, mais qui s'avère nécessaire si on ne veut pas trop perdre de vue les objets qu'un disque dur peut stocker au fil des années, je suis tombé sur le brouillon d'un billet posté sur Cloudy Days "ancienne version". Ce brouillon comportait une citation qui me semble tout à fait dans la continuité des posts publiés de-ci, de-là et des discussions que nous avons eu en ce joli mois de Mai.
Porter sur la place publique ce qu'il y a de bas, de séparé, de privé, voilà la subversion. En même temps, comme nous allons le voir, c'est la stratégie culturelle de la bourgeoisie qui est parvenue à l'hégémonie culturelle non seulement par le développement de l'économie marchande, de la science et de la technique, mais également - acte inspiré secrètement par le matérialisme - en rendant public le privé, le monde de l'amour, des sentiments, du corps et de l'intériorité avec toutes ses complications sensuelles et morales. Depuis deux cents ans, nous observons un mouvement permanent, sans doute toujours contesté, du privé vers le public; les expériences sexuelles y jouent un rôle-clé parce qu'en elles, la dialectique de la séparation privée et du retour public s'impose avec une force exemplaire, La civilisation bourgeoise, réaliste dans sa nature, ne peut pas faire autrement que reprendre le fil de la révolution culturelle kunique. On recommence à le comprendre aujourd'hui; Willy Hochkeppel a tout récemment montré le parallèle entre le kunisme antique [courant de pensée dont Diogène est la figure emblématique] et le mouvement moderne hippie et alternatif. Des éléments néo-kuniques, au moins depuis le XVIII" siècle, marquent de leur empreinte la conscience bourgeoise du privé et de l'existentiel. Avec eux s'articule une réserve de sentiment vital bourgeois contre la politique - comme une forme de vie abstraite et élevée de force à de fausses hauteurs. Car hier et aujourd'hui, la politique est plus que jamais ce que les kuniques des cités grecques en décadence ont vu en elle et ont vécu: un rapport menaçant de contrainte entre les hommes, une sphère de carrières douteuses et d'ambitions problématiques, un mécanisme de l'aliénation, la dimension de la guerre et de l'injustice sociale - bref, cet enfer que nous inflige l'existence d'autres, qui sont capables de violence.
Peter Sloterdijk, Critique de la raison cynique, 1987.

Thursday, May 22, 2008

Village People

C'est vraiment l'aspect village people - je retiendrai cette très bonne métaphore, merci à Marcel, le mari d'Albertine - qui est le plus pénible à vivre et c'est ce qui inévitablement finit par se produire sur la bloggosphere, malgré le fait d'en être conscient et une certaine volonté d'éviter que se développe une telle atmosphère. Il faudrait faire régner - ce qui était assez courant quand la bloggosphere s'est crée - une discipline de fer et écarter tous les commentaires sans rapport direct avec l'objet des billets. Mais si au début, quand les premiers blogs ont commencé à se construire, les gens voulaient bien jouer le jeu et restaient dans les limites du commentaire véritable, sans déborder la thèse exposée sur le billet, par la suite ces limites ont été pulvérisées.

Quand la plèbe, la horde des lustukrus a débarqué en vagues successives sur la Toile, au début de l'été 2006, tout est devenu sujet à rigolade, puisque les gens n'ouvraient pas un blog par gout de l'écriture ou du débat, ni même de la discussion, mais simplement parce que c'était l'endroit où il fallait se trouver: "être en ligne". A partir de ce moment là, le sujet du billet n'était plus qu'un produit d'appel, un prétexte, une amorce à la communication pour la communication. Le but étant de faire le maximum de bla-bla pour se saouler de mots, de phrases, pour avoir l'ambiance bistrot, café du commerce à portée de clic. Évidement, ce genre de choses existait avant, c'était les forums "politiques" et "philosophiques". Mais il fallait disposer d'un serveur, avoir quelques notions en informatique, du temps pour développer et modérer ces forums. Avec les plate-formes blogs clés-en-mains, posséder son propre café du commerce - baptisé: philo, politique, littéraire - devenait extrêmement simple. Il suffisait ensuite de recruter les clients.

Alors, au village people, tout est devenu bon pour faire du lien, pour avoir des visites, tout est devenu prétexte à renifler le caca du voisin. On sait que pour les lustukrus, la xénophobie dans les townships vaut largement la dernière mise à jour de Firefox ou la hausse du prix des spaghetti. Voilà pourquoi certains en arrivent à tout confondre, William Shakespeare et Marc Lévy, Tariq Ramadan et Baruch de Spinoza. Et encore, à ce niveau là, on parle de conversations "savantes", celles de bloggers qui furent des gens relativement attentifs aux cours de terminale, à qui il arrive encore de lire un magazine, entre deux mangas, quand ils attendent leur tour chez le dentiste.

Bref, créer un blog c'est se plonger dans cet univers et essayer de ne pas se noyer. Mais bon, il n'y a pas que le blogging dans la vie et il faudra, qu'un de ces jours, je revienne à envisager mes journées sans penser à blogger. Voilà plus de 4 ans que ça ne s'est pas produit, sinon pour de très courtes, trop courtes périodes.

Vous n'en avez pas marre, vous aussi, de temps en temps, de cette activité stupide ? N'étiez-vous pas plus heureux avant, avant de vous lancer dans ce truc idiot ?

Monday, May 12, 2008

Interests

Je sais que ce n'est pas facile: ce n'est pas facile d'accepter les critiques qui remettent nos jugements de valeur, nos bonnes ou mauvaises opinions en question; mais, ce n'est pas facile non plus de prendre le risque de froisser l'autre; ce n'est pas facile, parce que, lorsqu'on commente, on ne peut pas se contenter d'un "j'aime/j'aime pas". Et enfin, ce n'est pas facile, parce qu'il faut essayer d'expliquer ce qui détermine notre prise de position, et de le faire en tentant d'effacer notre subjectivité. Pour ma part, ce dernier point est la chose la plus difficile à faire, mais c'est un exercice très enrichissant.

Bien entendu, il faut aussi respecter ceux qui veulent rester pauvres et ne pas les forcer à s'enrichir, s'ils estiment que ça demande trop d'efforts. Mais dans ce cas, il faut que ceux qui ont la volonté de crever la dalle, le fassent clairement savoir.
Il faut qu'ils soient un peu généreux envers ceux qui veulent s'enrichir. Car ceux qui veulent s'enrichir doivent le faire tout en aidant les autres, moins riches, à devenir riches et sans refuser l'aide des plus riches qu'eux. Pour les miséreux, se montrer généreux, c'est dire clairement que tous ces trucs qui fatiguent les neuronnes, ils ne veulent pas en entendre parler.
Ils doivent écrire sur le fronton de leurs blogs quelque chose comme ceci : "Nous, ce qui nous plait, c'est de rester entre nous avec des choses qu'on connait bien, des mots bien conservés en boites, de belles phrases sugelées et un bon four à sémio-ondes, pour se caler une dent creuse entre deux videos."
Dans ce cas, quand le message est clair, celui qui veut devenir riche gagne du temps : au lieu de remplir ses obligations d'entre-aide, il bouquine, s'informe, médite, réfléchit, lit de judicieux conseils. De plus, quand il tente d'offrir son aide à ceux qui en réclament, il peut le faire en sachant qu'il ne prend pas trop le risque de se faire insulter : "prétancieu, c pas c'ke j'té d'mandé, di moi k'sui bo & kas toi ché toi".

Je suis certain que vous avez d'autres idées pour compléter ce billet, ou que vous ne voyez pas le blogging - activité qui consiste à blogguer - sous le même angle que moi.
N'hésitez pas à le faire savoir.

Saturday, May 10, 2008

Professionalisme

Pour Patrick Baudry, au regard d'un film-x, c’est l’excitation féminine qui est spectaculaire, l’excitation masculine va de soi et accompagne la performance de l’actrice car c’est elle qu’on juge essentiellement.
C’est elle qui s’observe surtout et dont on apprécie les talents et le professionnalisme. C’est moins l’érection qui se regarde que le résultat d’une fellation, ou moins l’éjaculation que sa capacité masturbatoire ou sa bouche. Ce sont les lèvres et ses yeux que l’on juge, le mouvement de ses fesses et la forme qu’elle donne à ses seins. C’est la mine de son excitation que l’on guette. Ce sont ses mouvements de langue, le creusement de ses joues, son regard qui s’évaluent. C’est son maquillage et son vernis à ongles, l’ondulation de ses cheveux, ses gémissements et les mots qu’elle prononce qui sont surtout testés.
Je ne sais pas pourquoi, je fais un rapprochement entre ce que décrit, ici, Patrick Baudry et la tauromachie, l'évaluation critique des aficionados... Poor cows...

Friday, May 9, 2008

Ce qui agace

On a le droit d'être agacé par le personnage mais il faut dire clairement ce qui agace.
Ha, ha ! C'est terriblement agaçant, j'ai cette phrase en tête, mais je n'arrive plus à savoir quel est le grand homme, au sens hegelien, qui l'a prononcé.

Tuesday, May 6, 2008

Exceptional Kylie


La chanteuse australienne, Kylie Minogue, a été décoré ce matin au rang de chevalier des Arts et Lettres par la ministre de la Culture, Christine Albanel.
"This is an exceptional moment for me," Minogue said in French, before describing her feelings for Paris in English: "I fell in love, and it's a love affair that continues to blossom like an eternal spring."