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Tuesday, November 18, 2008

Rose Cocu

Ce soir, Ségolène Royal a estimé qu'il y avait eu "beaucoup d'injustice" contre Georges Frêche, exclu pour deux ans du PS l'an passé, mais toujours très influent dans la fédération de l'Hérault qui a voté massivement pour la motion de l'ex-candidate à la présidentielle au congrès de Reims. "C'est un élu important, c'est un maire qui a transformé la ville de Montpellier, c'est un homme cultivé, c'est un homme intelligent" qui certes a fait "beaucoup de maladresses", a-t-elle dit.

Cet "homme intelligent"(sic) avait regretté que l'équipe de France de foot soit composée de "neuf Blacks sur onze" alors que "la normalité serait qu'il y en ait trois ou quatre". Il avait aussi, entre autres - la liste est longue -, traité des harkis de "sous-hommes", lors de la cérémonie organisée à la mémoire de Jacques Roseau, le 11 janvier 2007 : "Vous, vous faites partie des harkis qui ont vocation à être cocus jusqu'à la fin des temps [...] Allez avé les gaullistes. Allez avé les gaullistes vos frères à Palavas, vous y serez très bien. Ils ont massacré les vôtres en Algérie et encore vous allez leur lécher les bottes."

Pourtant, c'est le même Frêche, qui, lors de l'élection présidentielle de décembre 1965, appelait à voter pour... de Gaulle, afin de "barrer la route à Mitterrand, le candidat américain"!

Et dire que des sympathisants socialistes passent leur temps à essayer de nous faire croire qu'avec le PS, et la Royal, en particulier, nous aurions affaire à des dirigeants honnêtes.

On se demande qui sont les véritables cocus dans cette histoire et qui lèche les bottes de qui ?

Sunday, October 26, 2008

Faux culs

L'affaire est considérée comme close pour DSK, mais il n'en sortira pas grandi. Cette histoire aura peut-être permis à ses concitoyens de réaliser que, si les français sont prêts à tolérer l'adultère, ce manquement au code de l'honneur n'est pas aussi facilement accepté dans le monde.

Et oui, en dehors des frontières hexagonales, des gens existent. Ces personnes sont physiologiquement identiques aux français, elles font partie de l'espèce humaine, et ce groupe de mammifères ne se scinde pas en différents sous-groupes biologiques que des escrocs, exerçant en Europe au XVIII siècle, ont nommé races. Je sais, ce point de vue scientifique est quelque chose de difficile à faire admettre dans ce pays. Ce qui est encore plus difficile à faire admettre, c'est que, même si tous les hommes sans exception ont le même patrimoine génétique, tous ne pensent pas de la même manière: des milliers d'organisations humaines sont sous tendues par des représentations du monde différentes, radicalement différentes parfois. Parmi ces représentations, aucune façon de concevoir le monde n'est supérieure à une autre. Toutes les conceptions de la réalité, ce que l'on désigne comme les cultures de différents groupes humains ou ethnies, sont extrêmement cohérentes.
Si les français en sont arrivés à penser que l'adultère est un comportement acceptable, ce qui est une situation relativement nouvelle car il n'en a jamais été ainsi, il est inutile de traiter ceux - le reste du monde - qui refusent de se faire à cette idée, de puritains ou de coincés ou de je ne sais pas trop quoi. Sinon, il faut, en retour, accepter que les français soient considérés comme des gens sales et sans honneur, que leurs mères, leurs soeurs, leurs femmes et leurs filles soient perçues comme des putains et que l'hexagone puisse apparaître comme le plus grand lupanar sur terre. Ainsi que le pensent beaucoup d'étrangers, même s'ils ne le disent pas facilement. (J'ai la chance d'avoir une double culture et je n'hésite pas à dire que je suis marocain quand on me pose la question de ma nationalité. C'est souvent ce qui m'a permis de savoir ce que les étrangers pensent réellement de la France et des français, même si je ne peux faire de cette expérience une généralité.)
Or, les ressortissants des Etats-Unis d'Amérique, ne sont peut-être pas aussi pudibonds que les français veulent bien le croire. Je pense, qu'une fois encore, c'est un stéréotype bien ancré, mais que ça ne colle pas avec la réalité. Un exemple : Hugh Hefner a imaginé qu'en cas de défaite de MacCain, Sarah Palin pourrait poser en pages centrales de son magazine Playboy, sorte de lot de consolation. Je n'ai pas l'impression que cela choque grand monde aux USA. Idem pour l'idée de vendre du porno avec en vedette une sosie de Palin, comme va le faire Larry Flyntl, le fondateur du magazine Hustler.

Par contre, essayez de transposer ces "idées" en France, avec, dans le rôle principale la pintade Ségolène - bien qu'elle n'arrive pas à la cheville de Sarah. Imaginez cette dinde, sauce socialiste, en tenue sexy sur les pages centrales de Voici-Voilà. Ensuite, faites la comparaison avec la situation actuelle aux USA, et puis vous me direz qui des deux peuples vous semble le plus prude, le plus coincé du cul ou je ne sais quelle connerie du genre répétée en boucle sur tous les blogs, ces derniers jours.

Sunday, October 19, 2008

Le harcèlement de l'éléphant rose

L’affaire est banale, du moins pour DSK : à peine arrivé à Washington, il tombe sous le charme d’une responsable du département Afrique du FMI, Piroska Nagy, une Hongroise mariée à un économiste argentin réputé, Mario Blejer, lui-même ancien employé du Fonds, de la Banque centrale argentine et de la Banque d’Angleterre. L’ancien ministre des finances socialiste est connu pour ses très nombreuses aventures et ses méthodes de drague lourde qui confinent parfois au harcèlement. Il se montre particulièrement pressant, comme il en a l’habitude, multipliant les mails et les appels téléphoniques à partir de décembre 2007. Finalement, la dame cède à ses avances en janvier 2008, à l’occasion d’une conférence en Europe. Le mari découvre l’affaire et la relation cesse. Quelque temps plus temps, Piroska Nagy quitte le FMI.
Non, je n'y crois pas, les socialos ne sont jamais lourds et encore moins enclins à harceler qui que ce soit. Le type qui à écrit ça doit se tromper : ces méthodes inélégantes sont celles de ces salopards de capitalistes, mais certainement pas celles d'un éléphant socialiste. Bon, bien sûr, il y a aussi Frêche qui fait un peu tâche dans le paysage et aussi le J-P Huchon et encore quelques autres, mais bon, rien de bien grave, n'est-ce pas les copains ? Heiiin !?!

Sunday, August 3, 2008

Top 50 Lustukrus


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Ça fait peur, n'est-ce pas ?

Saturday, May 24, 2008

Voilà la subversion

En faisant du rangement dans mes fichiers, ce qui est une activité pas très passionnante, mais qui s'avère nécessaire si on ne veut pas trop perdre de vue les objets qu'un disque dur peut stocker au fil des années, je suis tombé sur le brouillon d'un billet posté sur Cloudy Days "ancienne version". Ce brouillon comportait une citation qui me semble tout à fait dans la continuité des posts publiés de-ci, de-là et des discussions que nous avons eu en ce joli mois de Mai.
Porter sur la place publique ce qu'il y a de bas, de séparé, de privé, voilà la subversion. En même temps, comme nous allons le voir, c'est la stratégie culturelle de la bourgeoisie qui est parvenue à l'hégémonie culturelle non seulement par le développement de l'économie marchande, de la science et de la technique, mais également - acte inspiré secrètement par le matérialisme - en rendant public le privé, le monde de l'amour, des sentiments, du corps et de l'intériorité avec toutes ses complications sensuelles et morales. Depuis deux cents ans, nous observons un mouvement permanent, sans doute toujours contesté, du privé vers le public; les expériences sexuelles y jouent un rôle-clé parce qu'en elles, la dialectique de la séparation privée et du retour public s'impose avec une force exemplaire, La civilisation bourgeoise, réaliste dans sa nature, ne peut pas faire autrement que reprendre le fil de la révolution culturelle kunique. On recommence à le comprendre aujourd'hui; Willy Hochkeppel a tout récemment montré le parallèle entre le kunisme antique [courant de pensée dont Diogène est la figure emblématique] et le mouvement moderne hippie et alternatif. Des éléments néo-kuniques, au moins depuis le XVIII" siècle, marquent de leur empreinte la conscience bourgeoise du privé et de l'existentiel. Avec eux s'articule une réserve de sentiment vital bourgeois contre la politique - comme une forme de vie abstraite et élevée de force à de fausses hauteurs. Car hier et aujourd'hui, la politique est plus que jamais ce que les kuniques des cités grecques en décadence ont vu en elle et ont vécu: un rapport menaçant de contrainte entre les hommes, une sphère de carrières douteuses et d'ambitions problématiques, un mécanisme de l'aliénation, la dimension de la guerre et de l'injustice sociale - bref, cet enfer que nous inflige l'existence d'autres, qui sont capables de violence.
Peter Sloterdijk, Critique de la raison cynique, 1987.

Saturday, May 10, 2008

Professionalisme

Pour Patrick Baudry, au regard d'un film-x, c’est l’excitation féminine qui est spectaculaire, l’excitation masculine va de soi et accompagne la performance de l’actrice car c’est elle qu’on juge essentiellement.
C’est elle qui s’observe surtout et dont on apprécie les talents et le professionnalisme. C’est moins l’érection qui se regarde que le résultat d’une fellation, ou moins l’éjaculation que sa capacité masturbatoire ou sa bouche. Ce sont les lèvres et ses yeux que l’on juge, le mouvement de ses fesses et la forme qu’elle donne à ses seins. C’est la mine de son excitation que l’on guette. Ce sont ses mouvements de langue, le creusement de ses joues, son regard qui s’évaluent. C’est son maquillage et son vernis à ongles, l’ondulation de ses cheveux, ses gémissements et les mots qu’elle prononce qui sont surtout testés.
Je ne sais pas pourquoi, je fais un rapprochement entre ce que décrit, ici, Patrick Baudry et la tauromachie, l'évaluation critique des aficionados... Poor cows...

Sport, Sexe & Blogs

Il n'y a que les lecteurs qui étaient suffisamment âgés au début des années 80 pour se souvenir de ce qu'étaient les villes avant l'apparition du jogging, phénomène de mode très médiatisé et commenté à cette époque. Avant l'arrivée du jogging, le sport se pratiquait beaucoup moins qu'aujourd'hui et surtout il se cantonnait à des lieux très circonscrits dont il ne sortait jamais. Le port du survêtement en ville était encore un accoutrement tout juste toléré par la plupart des citadins, et ne se portait pas dans le monde rural, c'était mal vu. Mais, les choses ont bien changé, et, une vingtaine d'années après, les rites sportifs sont totalement intégrés à la vie quotidienne, et plus personne ne fait attention aux bourrins qui courent le long des trottoirs, ni aux sportifs qui font leurs courses ou vont au travail en survêtements.

En un quart de siècle l'industrie des loisirs a réussi à effacer la distance qui séparait le monde du sport - création de bourgeois oisifs, activité physique pratiquée généralement en comités fermés, c'est à dire en clubs - du monde du travail et de la banalité de la vie quotidienne. Le sport fait partie de notre environnement et plus personne ne conteste sa place. C'est exactement comme la télévision ! D'ailleurs, l'évolution du sport est très fortement corrélée au taux de pénétration de la TV dans les foyers. Tout ça s'est diffusé de manière exponentielle: les statistiques de ventes ont explosé.

Il y a encore quelques années, tout comme le sport, le cinéma porno, lié au monde sordide de la prostitution, était relégué aux marges de la société. Ces films n'étaient projetés que dans certaines salles de cinéma, situées la plupart du temps dans les bas-quartiers des grandes cités.

Ce genre de cinéma, et ses produits dérivés vendus en sex-shops et consommés dans des limites bien établies de l'espace social, ont, à l'instar du sport, envahi le monde du quotidien grâce à la puissante promotion de l'industrie des loisirs exercée depuis que la télévision a gagné tous les foyers, lorsque des chaînes privées ont pu vendre des programmes pornographiques et redoubler les ventes grâce à l'industrie de la cassette VHS, puis du DVD.

L'invention d'Internet et sa prolifération, le fait que dans les pays industrialisés une majorité de consommateurs puissent avoir accès au Web a permis à l'industrie des loisirs, branche pornographie, de mettre en place des stratégies de ventes époustouflantes. Le porno est une industrie globalisée qui rapportait 1 milliard de dollars de chiffre d’affaires en 1998, pour atteindre les 13 milliards aujourd’hui. On dénombrait 22 000 sites pornographiques en 1997, on en compte entre 100 et 300 millions, aujourd’hui.

Sport et porno partagent les mêmes slogans qui disent, en substance, qu'en s'adonnant à l'un et à l'autre, et puis aux deux en même temps, l'individu occidentalisé, l'homme du IIIème millénaire doit pouvoir gagner un surplus de liberté, c'est à dire de confort, de bien être, puisque sont plaisir sera, grâce à la conjugaison de ces deux pratiques, décuplé.

Selon Patrick Baudry: "L’industrie du sexe qui n’est, peut-on dire, qu’une prolongation-extension de la sexualité prostitutionnelle, c’est-à-dire du type d’activités sexuelles qui s’effectue avec des professionnelles, constitue en fait une “généralisation" de l’univers de la prostitution à l’ensemble des réseaux d’une société."

Je me demande ce que vous pensez du film-x, de sa banalisation mais aussi des promesses libertaires qui vont avec la large diffusion de ce genre cinématographique. Pensez-vous que l'on puisse dire du mal de ces films sans être accusé d'être un anti-porno, esclave d'interdits petit-bourgeois ?

Je développerai certainement ce thème, parce que je constate, ça et , que la vague du glam, du récit érotique, qui a déjà submergé les blogs dans les pays anglo-saxon, est en train de débarquer en France, avec pas mal de retard, comme d'hab.

Je me demande aussi si vous avez pris conscience de la place que la branche "sexe" de l'industrie du loisir occupe dans notre paysage culturel.