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Wednesday, June 24, 2009

i-Esclaves modernes

C'est au sujet des réseaux sociaux qui ont occupé une place importante dans l'imaginaire de ceux qui ont suivit le soulèvement d'une partie du peuple iranien suite à l’élection présidentielle du 12 juin dernier en Iran. Une élection qui a fait l’objet de manipulations à grande échelle, par le pouvoir en place.

Au moment où je rédige ces lignes, je crois qu'il est bien possible que la situation politique iranienne reste en l'état, et que, dans les jours qui viennent, le cours ordinaire de la vie reprenne "comme avant".

Pour en revenir à la technologie dont il a été beaucoup question, je pense que ces outils informatiques - Twitter, Facebook, Youtube, Flick, etc. - sont à double tranchants. Effectivement, cette technologie permet aux opposants de se regrouper, d'exprimer des revendications de justice sociale via Internet, et de se faire entendre des autorités, dans une certaine mesure. Mais, si les Iraniens en sont arrivés à de telles violences, c'est que le Pouvoir n'a pas encore mis en place un système de contrôle social tel que nous je connaissons dans les démocraties occidentales. Un contrôle des masses qui passe par la prévention des insatisfactions, des heurts, des frustrations justement grâce, en partie, aux nouveaux outils informatiques, dont les réseaux sociaux. Ces réseaux permettent d'absorber en douceur les pics d'insatisfaction collective, ces crises qui surviennent régulièrement au sein de la société. Les blogs, Facebook, Twitter offrent la possibilité aux administrés d'un gouvernement de formaliser par la parole, donc de les exprimer publiquement, toute sorte d'insatisfactions. Ces prises de paroles jouent certainement un rôle de soupape et les autorités - tous les ministères ont des cellules de veille informatique - peuvent voir se former, avec suffisamment d'avance pour tenter de les juguler, les situations sociales difficiles qui peuvent poser problème sur le plan sécuritaire.

Les Iraniens, en prenant leur destin en main, ont encore la chance de pouvoir créer des instants lourds de sentiments véritables d'accès à la Liberté. Les occidentaux n'ont plus ce noble privilège depuis des lustres : l'Etat s'est introduit partout, contrôle tout [cf. le biopouvoir de Foucault à Agamben]. On peut imaginer sans peine que les réseaux sociaux, au lieu d'apporter plus de libertés, ôtent au contraire des possibilités aux individus de faire face au Pouvoir qui s'est immiscé jusque dans leurs chiottes, en leur indiquant de quelle manière ils doivent se torcher. Ceux qui hurlent au triomphe de Twitter sont donc les plus atteints, les plus soumis, les moins libres.

Ce qui m'a plu dans le déroulement de cette contestation populaire, en Iran : c'est, par PC interposés, d'avoir vu des personnes agir librement, au point de mettre leur vie en jeu. Ici, on n'a plus que le simulacre de la conquête des libertés, avec ses manifestations bidons, sans enjeu. Les manifestants occidentaux sont subtilement manipulés de tout côté par des autorités qui ont compris l'avantage de la violence psychologique indolore sur la violence physique. Paradoxalement, ces "révoltés" sont tout de même conscients de jouer un rôle dont ils sont fier : ils admireront la performance artistique, après la manifestation, en se regardant défiler sur l'écran, lors du journal TV, et, maintenant sur un i-Phone, grâce à Youtube. Ces i-Esclaves qui se soumettent volontairement à l'arbitraire des gouvernements démocratiques portent un nom : citoyens.

Ridicules et pitoyables occidentaux ! Salut aux courageux Iraniens !!!

Wednesday, March 18, 2009

Lieux communs

Raisonnement à la Criticus, à partir d'idées reçues, mais en réalité jamais vérifiées.
Quant aux « Noirs » (les Antillais et les Africains sont mis ensemble ?), ils appartiennent pour la plupart aux classes populaires, où le sport est un moyen privilégié d'ascension sociale.
Lorsqu'on part à la recherche de données, on se rend tout de suite compte que ce sont, non pas les ouvriers et leurs enfants, qui pratiquent le plus souvent des activités sportives, mais bien les cadres et leurs enfants.

Il apparait que les assertions de Criticus, comme ici sur le sport, ne sont pas plus fondées que les autres, quand il prétend que la France est le pays de l'Union qui compte le plus d'immigrés sur sont sol. Non, question immigration, la France se situe dans la moyenne des pays de l'U.E..

Au passage, et toujours contre les idées reçues, les Antilles et l'Afrique sont loin d'être des régions peuplées uniquement de personnes à la peau foncée. La somme des personnes à la peau claire ne constitue certes pas une majorité, mais ne peut passer pour quantité négligeable.

Voilà en quoi les discussions avec les bloggers sont pénibles. Chacun y va de ses stéréotypes sans jamais se donner la peine de vérifier ses allégations. C'est vraiment des discussions de café du commerce où chacun donne son avis en fonction de ses propres représentations, de ses idéaux, de ses croyances, mais beaucoup trop rarement avec une volonté d'objectivité.

Tuesday, March 17, 2009

Semblable à un ours

Où est l'homme qui, semblable à un ours dans la société, ne voudrait s'occuper continuellement qu'à satisfaire ses désirs sans égards pour les bienséances ni pour le repos d'autrui : serait-on heureux avec de pareils sentiments ?
Jean-Jacques Rousseau dans son Mémoire à M. de Mably.
Franchement, seriez-vous heureux en société avec les sentiments d'un ours ?

Tuesday, February 24, 2009

Triste crise

Les ménages français sont désormais plus nombreux à penser que le niveau de vie en France s'est détérioré au cours des mois précédents et qu'il va se dégrader dans les mois à venir, indique l'Insee. L'indicateur qui mesure le "moral", est en recul d'un point, ce mois-ci. Il s'établit à -43 en données corrigées des variations saisonnières. Le moral des ménages avait touché en octobre un plancher historique à -47 points.

Et, bien entendu, dès le réveil, sur toutes les radios, qui laissent traîner leurs micros sur les trottoirs, on entend des cohortes de travailleurs, brisés par la douleur, annoncer la fin du monde pour demain. Ces pauvres gens sont désespérés. Je suis en empathie, en résonance. Ce flux de souffrance, qui se propage sur les ondes, me bouleverse. J'arrive à peine à finir mon café.

Je branche mon PC en me disant que je partage ma vie avec un peuple de héros, faisant bravement face à l'adversité. Je me dis qu'ailleurs les gens ont bien de la chance, ils n'endurent pas les souffrances que connaît le peuple français martyrisé par la crise. Un peuple qui résiste comme il le peut. Des hommes et des femmes en lutte pour ne pas tomber encore plus en avant dans la misère.

Effectivement, après quelques recherches en ligne, je dois admettre que la France vit, au regard des autres pays du monde, une insoutenable épreuve, une situation désespérante. C'est bien ce que démontre cet indicateur mondial sur la qualité de la vie en 2008. Je suis au bord des larmes.

Wednesday, February 18, 2009

Recensement ethnique


On a dit que les Français émigraient à Paris [1920]. En effet, sur 100 habitants de Paris, on compte seulement 39 Parisiens de naissance, tandis qu'il y a 50 à 51 provinciaux de naissance et 10 à 11 étrangers.

Selon Christophe Beaudouin de l'Observatoire de l’Europe, l’article 21 de la Charte des droits fondamentaux qui va acquérir force obligatoire à travers le traité de Lisbonne (article 6 du Traité sur l’Union européenne révisé) concernant la lutte contre les discriminations introduit précisément le principe ethnique. "Contrairement à l’article 14 de la Convention européenne des droits de l’homme qui protégeait contre les discriminations fondées sur "l’origine nationale ou sociale", l’article 21 qui en est la copie presque conforme évoque quant à lui "les origines ethniques ou sociales". A la nation, on a préféré l’ethnie. En outre, le principe de non-discrimination en lui-même louable, laisse libre cours aux discriminations "positives", revendiquées devant les tribunaux par les personnes qui s’estiment appartenir à une "minorité" défavorisée... C’en est donc terminé de l’égalité républicaine dès lors qu’on célèbre des distinctions fondées sur la simple appartenance à un groupe, et non plus, comme dans la déclaration de 1789, sur "l’utilité commune" (art. 1er), les "vertus" et "talents" des individus (art. 6)".

Hé bien oui, Christophe, c'est ainsi, c'est triste pour les souverainistes. Reste à savoir si l'Union Européenne rendra la cohabitation difficile ou la xénophobie facile ?

Monday, February 9, 2009

Les gogooglelisés

Barbara Cassin, philosophe et directrice de recherche au CNRS, dénonce sur Rue89, le "scandale" de la méthode de notation - évaluation des enseignants-chercheurs - qui, à l'instar de Google, fait que "la qualité devient une propriété émergente de la quantité".
Pour Google, ce qui est mis au-dessus, c'est ce vers quoi le plus de sites renvoient, c'est-à-dire une pratique de citations. C'est comme ça que ça se passe pour les chercheurs. Plus vous écrivez de textes dans des revues répertoriées, plus ces textes sont cités, plus vous êtes bien classés.
Valérie PécresseJean-Marie Brohm, philosophe et sociologue, que je connais d'assez près, donne une idée plus complète de ce qui freine la recherche et tout le reste. Son analyse, Sociologie critique et critique de la sociologie, s'applique, à mon avis, à tous les départements de l'Université française.
L’une des dimensions les plus critiques de la sociologie critique est l’analyse non euphémisée des mœurs et pratiques professionnelles des sociologues. On juge quelqu’un, disait Marx, non pas sur ce qu’il dit ou écrit, mais sur ce qu’il fait. Or, les diverses “équipes”, coteries, corporations, écuries, réseaux affinitaires, sociétés secrètes qui font et défont la sociologie sont pris dans d’impitoyables logiques de pouvoir et de concurrence où les jeux ne sont pas tous de langage et les enjeux jamais ludiques. Les gestions de carrière (les promotions...), les nominations (les mutations...), les ambitions de carrière (les habilitations individuelles et collectives, les responsabilités administratives), les publications dans les revues, les colloques, les jurys de thèse, les voyages à l’étranger donnent lieu à de peu reluisantes violences symboliques (rumeurs calomnieuses, insinuations, excommunications, amagalmes, etc.) ou, pire, administratives (blocages de carrière, marginalisation, harcèlement) dont sont d’abord victimes les jeunes sociologues. Ce n’est que rarement ou alors par discrète allusion que sont évoquées les pratiques de lynchage des “meutes” sociologiques pour paraphraser Elias Canetti (Canetti 1966). La sociologie de la sociologie et des sociologues refoule ainsi soigneusement les luttes de places, les stratégies de classement, déclassement et reclassement, les alliances douteuses, les connivences sans principes, les refus d’argumentation, les exclusives disqualifiantes, la mauvaise foi et l’opacité bureaucratique qui sont l’apanage de toute nomenklatura et que l’on peut régulièrement observer dans les commissions locales de recrutement, les comités de lecture des revues et des éditions, les comités d’expertise et d’évaluation et par dessus tout au CNU (Conseil national des universités) qui décide du sort des jeunes entrants et du prestige des vieux sortants (la fameuse classe exceptionnelle...).
"On le voit, la sociologie critique dispose de peu d’espace pour exister..." dit Brohm, en conclusion. Mais la connerie a largement la place pour se développer et prospérer, n'est-ce pas ?

Friday, January 30, 2009

Taux de suicides

J'ai lu, il y a deux jours, que 231 militaires russes se sont suicidés au cours de l'année 2008. Etant donné que Wikipedia indique que 1 130 000 militaires sont en service actif, j'en ai conclu, qu'en Russie, le taux de suicide dans l'armée était de 18 pour 100.000. Mais, c'est une approximation.

Hier, je suis tombé sur cette info, disant que le taux de suicide dans l’armée de Terre américaine a atteint 20,2 pour 100.000, l’an passé. Le nombre de suicides parmi les soldats en activité a augmenté chaque année depuis quatre ans, parallèlement à l’intensification des efforts militaires en Irak et en Afghanistan, selon l’armée de Terre U.S..

Je me suis dit que la guerre était une chose terrible pour ces hommes pris dans les horreurs des combats, subissant les atroces douleurs occasionnées par les blessures, ayant à faire face à la consommation de drogue et particulièrement de l'héroïne, surtout en Afghanistan. Aussi, il m'a semblé que ce taux de suicide en augmentation reflétait cette sombre réalité.

J'ai alors pensé au bonheur que pouvaient connaître les hommes dans une société en paix, vivant sous un climat tempéré, avec pour seul danger à l'horizon, la grève des enseignants et des postiers.

Je suis donc allé chercher des statistiques, en me disant qu'enfin je pourrais démontrer la supériorité de la France en paix, comparée à la Russie de Poutine ou à l'Amérique en guerre. J'allais enfin pouvoir étaler sur mon blog, des chiffres, des courbes reflétant la joie de vivre qui caractérise les hommes de mon si beau et si doux pays :

suicides france statistiques
Quelle déception ! "La France est l’un des pays industrialisés qui connaît un des plus hauts taux de suicide", indique le Pr. Debout. Le suicide est la première cause de mortalité chez les 35-44 ans et la 2e cause de décès chez les 15-24 ans, avec des taux supérieurs à ceux relevés dans l'armée de terre US, en guerre.

Saturday, December 20, 2008

Tête de caverneux

"Face à la narcissisation des comportements, l’adoption d’un protectionnisme coopératif, mis en œuvre au niveau d’un collectif supranational, délivré de tout mythe fondateur ethnique ou étatique, montrerait que nous sommes passés à un état supérieur de la conscience humaine et du développement historique."
C'est un historien et sociologue qui a dit ça, un type qui s'appelle Emmanuel Todd et qui est plus vieux que moi: il est né en 1951. Je parle de sa date de naissance parce que si c'était un type d'une vingtaine d'années qui avait pondu un discours pareil, je lui aurais conseillé de se diriger vers la vente d'aspirateurs, ou de penser à gagner sa vie en faisant coiffeur, en tout cas un métier qui demande un certain bagout, mais de renoncer à une carrière en sciences humaines.

En effet, le travail en sciences humaines doit s'appuyer sur une base de connaissances bien fondées. Un savant ne peut en aucune manière se laisser aller à prononcer des phrases ronflantes, qui ne renvoient à aucun concept scientifique, en l'occurrence sociologique. Alors que ce connard de Todd se berce de mots extraits de la vulgate marxiste et compose, en partant de çà, une phrase vide, incompréhensible, qui ne peut faire sens.

Qu'on m'explique ce que peut vouloir dire "narcissisation des comportements", "protectionnisme coopératif" - sorte d'oxymore -, "collectif supranational délivré de tout mythe fondateur" - une chose pareille est-elle seulement pensable ? -, "état supérieur de la conscience humaine" - comme s'il y avait plusieurs niveaux de conscience et comme s'il existait une conscience autre qu'humaine...

Bref, ce mec ne sait plus où il en est : à force de vouloir faire illusion, de s'écouter parler, il s'est perdu dans son verbiage... Pauvre narcisse !

Je me faisais un plaisir de lire l'interview d'un type dont on me rabâche les oreilles depuis des lustres, en pensant que je pourrai, par le suite, aller me coucher moins con, mais c'est raté ! Grande est ma déception. Ce type est creux. Il n'a strictement rien à dire, ce qui explique d'ailleurs qu'on puisse en entendre parler aussi souvent.

His brain is squirmin like a toad
Take a long holiday
Let your children play
If ya give this man a ride
Sweet memory will die
Killer on the sciences road, yeah...

Sunday, December 7, 2008

La théorie du signal

Dominique Cardon, sociologue , présente les traveaux de Judith Donath du Media Lab qui fait appel à la "théorie du signal".
L'idée de cette théorie est que nous ne pouvons jamais savoir avec certitude si les informations qu'affichent les personnes sont vraies ou fausses, mais que nous pouvons en revanche nous fier à des signaux qui indiquent avec plus ou moins de fiabilité la présence de la qualité revendiquée. Or, les communications médiatisées génèrent beaucoup de tromperies (deceptions), parce que tout y est signal. Quand le coût de la tromperie est faible, nous tolérons facilement les exagérations. En revanche, lorsque son coût est élevé, il est important que les signaux envoyés par les autres sur leur fiabilité soient justes et pertinents. Une conversation dans un groupe de discussion demandera peu de preuves d'identité, tant que la conversation restera civile, mais si un conflit survient, des vérifications d'identité seront demandées aux fauteurs de trouble et la politique de modération du groupe sera renforcée. La théorie du signal, qui vient de l'économie et de la biologie, s'attache donc à modéliser les relations entre signaux et qualités, afin de déterminer le régime de confiance que les personnes peuvent avoir envers les informations qu'elles s'échangent sur elles-mêmes. Pour qu'un signal soit fiable, il faut que le coût de la tricherie soit supérieur à ses bénéfices.
Je me demande si Philippe à réalisé le dernier bilan et évalué ses bénéfices. Je ne sais pas pourquoi, j'ai l'impression qu'il vient d'être subitement confronté à une sorte de crash digne de Lehman & Brothers. Espérons que le LCH puisse le renflouer, notre ami vient d'atteindre ses limites.

S'il vous plaît, envoyez vite une ambulance, je sens que le psy décompense !

Tuesday, November 4, 2008

Sombres crétins

Tout ce bruit - parce qu'il s'agit bien de cette pollution qui altère ou perturbe la transmission d'un message, la communication d'un signal - autour du candidat Obama, me rappelait quelque chose sans que je n'arrive à identifier la chose en question.

Et ce soir, en écoutant à la radio, pour la millième fois, que le monde changera simplement parce que les U.S.A. seront gouvernés par un noir, un métis, un bi-racial, un type qui n'a pas la même couleur de peau que la plupart des connards qui répètent en boucle cette putain de litanie, j'ai enfin su ce que me rappelait ce bourrage de crâne : la situation de la France à la veille de la coupe du monde de foot en 1998. Vous vous souvenez du discours "Black-Blanc-Beur", avec pour propagande : la mentalité française va complètement changer, il n'y aura bientôt plus de racisme en France ?
Vous connaissez la suite : Le Pen au second tour de la Présidentielle, l'embrasement des banlieues, la Marseillaise systématiquement sifflée, etc., etc..

Il faut croire que les Français forment une population plus con que ce qui est raisonnablement admissible. Sinon comment expliquer que 80% de bourrins, dans ce pays, puissent imaginer que les conditions sociales vont subitement s'améliorer dans le monde, uniquement parce qu'un homme, à la peau un peu plus foncée que celle de l'ensouché français, gouvernerait les Etats Unis d'Amérique ?

Sunday, August 24, 2008

Optimistes

Selon une enquête réalisée par l'IFOP, seuls 33 % des Français se disent "optimistes" quant à leur avenir, soit une baisse de 20 points par rapport à une enquête similaire conduite en décembre 2007.

Encore une fois, je suis obligé de me classer parmi la minorité. Et vous ?

Wednesday, July 30, 2008

Italie xénophobe ?

A Rome vivent de 15000 à 20000 Roms (sur un total d’environ 150000 dans toute l’Italie). La plupart d’entre eux ont la nationalité roumaine, les autres sont presque tous originaires d’ex-Yougoslavie. On recense par ailleurs environ 1500 Roms et Sintis ayant la nationalité italienne. Ils vivent en grande majorité dans une très grande pauvreté, dans des camps qui sont de facto des ghettos ethniques. Seuls neuf de ces camps, abritant quelque 7000 personnes, sont sous l’autorité des municipalités ; mais même là, les infrastructures sont réduites à leur plus simple expression.

Expulsions, violences, fichage : en s’en prenant aux Roms, le gouvernement de Berlusconi légitime le racisme, explique Marco Brazzoduro, professeur de sociologie à l’université de Rome La Sapienza, dans Open Democracy.

Technorati Media

J'ai passé une demie heure, dans la nuit d'hier, à remplir un questionnaire très détaillé sur la façon dont se comportent les bloggers. Technorati à lancé une grande enquête dont nous connaîtrons les résultats au mois de Septembre.
Bloggers,

Technorati has been tracking the Blogosphere for the past several years through our State of the Blogosphere study. This year we have decided to expand our study beyond the sheer size and characteristics of the blogosphere in order to hear more from you, the bloggers. How, when and why are you blogging? Is this a side business, full time job or something you do for fun? Our goal is to analyze the growth of the field as well as understand the people who make the space tick. Help us and join the study of the ongoing global conversation!

We hope you will find this survey enjoyable. It should take just 15-20 minutes of your time, and your responses are entirely confidential. Be sure to check back on Technorati in late September for a summary of the results.

Thank you,

The Technorati Team http://technorati.com/
De nombreuses questions étaient relatives à rentabilité financière des blogs, aux Adsens, à l'importance que les bloggers accordent aux marques, à la publicité, etc.. Je suppose que Technorati cherche avant tout à distinguer, par le biais de ce sondage, ce qui est bon pour les affaires, un business qui passe, bien évidement, par la qualité des services apportés aux bloggers.

Mais en écrivant ces lignes, je me dis que tous le monde ne connait pas forcément Technorati: "Technorati was founded to help bloggers succeed and to bring audiences to blog content. Given our unique position of running a blog search engine, an ad network geared towards helping blog and social media publishers at every level to make some money just made sense."

Un billet sur Techcrunch confirme ce que j'étais en train de supposer et donne des explications sur la régie publicitaire que Technorati mettra en place au mois de septembre. Des dollars à la clefs même pour les petits bloggers !

C'est bon pour mon copain Tizel, çà. Et je me demande si, vous aussi, tout comme Tizel, vous aimeriez tirer quelques revenus de vos blogs.

Thursday, June 26, 2008

Poor Lustukrus

Le moral des ménages au plus bas

Les Français n'ont pas le moral. L'indicateur qui le mesure a encore chuté de quatre points en juin, à - 46, soit son niveau le plus bas depuis 1987, a annoncé l'Insee, ce matin. Il s'agit de la douzième baisse consécutive de cet indicateur.

La dégradation la plus forte concerne l'opinion des ménages sur les perspectives d'évolution du niveau de vie, qui perd 7 points, à - 57.

Sunday, June 15, 2008

Communauté européenne

Pour une fois, je suis d'accord avec l'éditorialiste du quotidien Le Monde qui en arrive à cette conclusion: "Venant après le rejet en 2005 par les Français et les Néerlandais du traité constitutionnel préparé sous la houlette de Valéry Giscard d'Estaing, le non irlandais montre qu'il n'est pas possible de réformer l'Union si la règle de l'unanimité n'est pas abandonnée. Or pour passer outre en l'état actuel des traités, il faut... l'unanimité.

Pour sortir de ce cercle vicieux, il n'y a qu'une possibilité : créer, à côté de l'Union européenne actuelle, une avant-garde composée de pays prêts à accepter la règle de la majorité qualifiée pour approfondir l'intégration. L'idée n'est pas nouvelle, mais elle n'a jamais été mise en oeuvre. Elle suppose des dirigeants convaincus que l'unité européenne est une ambition nécessaire. S'il aidait à cette prise de conscience, le vote des Irlandais serait finalement une chance pour l'Europe." [Une chance pour l'Europe ? LE MONDE | 14.06.08]
L’homme d’action est celui qui garde le sens d’une tâche grandiose à travers les médiocrités quotidiennes. La communauté européenne ou la communauté atlantique, ce n’est pas le thème pour l’enthousiasme d’un jour, c’est le thème final de l’effort qui donne un sens à une vie ou fixe un objectif à une génération.
Raymond Aron, Discours de Francfort, 30 juin 1952, Université de Francfort
Je suis sûr que vous avez déjà un avis sur ce refus irlandais et que vous brulez d'envie d'exprimer votre opinion...

Saturday, June 14, 2008

L'arbitraire

Dans une chronique pour Libération, en août 1995, Jean Baudrillard écrivait la chose suivante:
Le rôle des politiques n'est-il pas de focaliser sur eux la maladie chronique du social, la part maudite du social, qui est l'essence du pouvoir, et d'en trouver l'usage politique ? L'arbitraire du prince vient de ce qu'il condense en lui tout l'arbitraire épars et diffus dans la société, de telle sorte que celle-ci en est délivrée. Si l'arbitraire n'est pas concentré au sommet, il est partout dans la société - ainsi en est-il dans l'Etat démocratique où l'arbitraire est diffus et endémique, avec les mêmes effets pervers que la structure impériale lorsque celle-ci se désagrège.
Je suis persuadé que, quitte a supporter la domination d'un pouvoir étatique, seul le pouvoir d'un monarque à quelque chose d'humainement légitime. Ces politiciens près du peuple, compréhensifs et condescendants, je ne leur fait aucune confiance.
C'est à cause de cette situation démocratique merdique que je suis obligé de me livrer à l'arbitraire, parce que personne ne peut le faire mieux que je ne le fais. Mais croyez moi, c'est une contrainte terrible surtout lorsqu'on cherche à donner une certaine cohérence à son action, qu'on ne coupe pas de têtes au hasard.

Saturday, May 10, 2008

Professionalisme

Pour Patrick Baudry, au regard d'un film-x, c’est l’excitation féminine qui est spectaculaire, l’excitation masculine va de soi et accompagne la performance de l’actrice car c’est elle qu’on juge essentiellement.
C’est elle qui s’observe surtout et dont on apprécie les talents et le professionnalisme. C’est moins l’érection qui se regarde que le résultat d’une fellation, ou moins l’éjaculation que sa capacité masturbatoire ou sa bouche. Ce sont les lèvres et ses yeux que l’on juge, le mouvement de ses fesses et la forme qu’elle donne à ses seins. C’est la mine de son excitation que l’on guette. Ce sont ses mouvements de langue, le creusement de ses joues, son regard qui s’évaluent. C’est son maquillage et son vernis à ongles, l’ondulation de ses cheveux, ses gémissements et les mots qu’elle prononce qui sont surtout testés.
Je ne sais pas pourquoi, je fais un rapprochement entre ce que décrit, ici, Patrick Baudry et la tauromachie, l'évaluation critique des aficionados... Poor cows...

Thursday, May 8, 2008

Que dit Bourdieu ?

Que dit Bourdieu ? Qu'il faut que les intellectuels donnent des armes aux dominés pour qu'ils s'affranchissent de la domination que les dominants font peser sur leurs épaules. C'est lui, l'intellectuel, qui a travaillé toute sa vie pour mettre à jours les mécanismes sociaux qui font que deux classes s'affrontent, qui sait ce qu'il faut faire pour abolir cette situation: il ne nous reste plus qu'a suivre ses conseils... si, bien entendu, nous nous trouvons dans la position du dominé. Et, si nous ne savons pas où nous situer, ce n'est pas grave Doc Bourdieu va nous l'expliquer.

Mais comment peut-il nous l'expliquer ? Ben tout simplement parce que c'est un expert. Mais, si c'est un expert, il possède un capital symbolique que nous n'avons pas. Il se situe donc du côté des dominants. Comble de malheur, cet expert nous dit de nous méfier des experts. Le mauvais expert est celui qui est rémunéré par les riches, et le bon celui qui vit au sein d'un collège, d'une église, et se contente d'une bicyclette et de frugalité. Donc, nous qui sommes pauvres, nous avons tout intérêt à faire confiance aux pauvres. Sauf qu'on sait que les riches aiment s'entourer des meilleurs experts et qu'ils vont leur donner tous les moyens de mener leurs expertises à bien, et on sait aussi que si effectivement les riches se foutent de la gueule des pauvres, des pauvres commencent par baiser d'autres pauvres pour devenir riches avant même que d'essayer de baiser les riches, car les riches se protègent mieux que les pauvres ce qui fait que c'est plus difficile de les baiser. La seule façon de baiser les riches c'est de se mettre à plusieurs pour leur casser la tête. Mais ça Bourdieu il veut pas parce qu'il dit que la violence c'est l'apanage des riches. Que la clé de la réussite des pauvres, c'est de comprendre ce que les gentils chercheurs humanistes pauvres nous disent. Mais pour qu'on comprenne ce qu'ils nous disent, il nous faut acquérir un langage de riche, cette langue que parlent ces chercheurs qui nous veulent du bien.

Tout ça c'est très bien, mais, d'un autre côté, tant qu'on a la TV et des mangas, pourquoi on devrait s'emmerder à comprendre les riches qui eux-mêmes s'emmerdent avec des trucs aussi chiant qu'on en trouve sur Arte.
En fait, si on devine ce que Bourdieu nous demande, c'est qu'il faut qu'on achète ses bouquins et ceux de ses copains pour nous libérer du boulot que nous font faire les riches et si on ne veut pas faire ça, et, bien ce n'est pas grave, parce qu'eux, Bourdieu et ses potes, ils savent ce qu'il nous faut et il suffit qu'on leur fasse confiance, qu'on fasse comme ils nous disent, et surtout, qu'on arrête de nous disputer entre nous et de nous arnaquer mutuellement.
Ben ouais ! On ne fait déjà pas confiance aux syndicats et on va faire confiance à ces types là.

Mais d'où ils sortent ces branques ? Ils leur faut autant d'années d'études pour en arriver à des conneries pareilles: "Si tous les chercheurs du monde veulent bien se donner la main... tsoin, tsoin !" ?

Parce que l'histoire que je vous raconte, ici, ce n'est pas une histoire de seconde main, une histoire sur l'homme qui a vu l'étudiant qui a vu le film de Carles sur Bourdieu, mais c'est bien ce que Bourdieu raconte lui-même.

Bon, vous me direz, c'était sur la fin de sa vie; il était certainement déjà terriblement souffrant; il a commencé a pendre son rôle de pédagogue au sérieux, et, comme ses propres étudiants commençaient à émettre de sérieux doutes sur ses théories, il a essayé de rallier à sa vision de la société idéale, des semi-lettrés, des lycéens, des éducateurs, des postiers, etc...

I had a bourdream !

Sunday, May 4, 2008

Bourdieuseries

Parce que je sais qu'Albertine tient ses promesses et parce que j'étais persuadé qu'elle reviendrait sur le cas Bourdieu, j'avais préparé un texte de Nathalie Heinich, Ce Bourdieu-là ne nous manque pas, histoire de ne pas me sentir trop isolé et de me situer du côté "des gens qui n'ont pas la mémoire courte - ou l'inculture profonde - au point d'avoir oublié que "la pensée au service de l'espace public", ça a donné, entre autres, l'aveuglement stupide de Sartre et de Beauvoir - parangons de l'"intellectuel engagé" - envers l'horreur des camps, nazis ou soviétiques. Des gens qui estiment qu'un chercheur ne trahit pas sa mission en faisant ce pour quoi il est payé par la collectivité : produire du savoir ; et que ceux qui utilisent le prestige de la chaire pour assener leurs opinions personnelles à des étudiants fascinés ou à des militants fanatisés ne sont peut-être pas les mieux placés pour donner à leurs pairs des leçons de probité intellectuelle (sans même parler de productivité scientifique)." [N.H.]

Bon, vous savez que je ne me positionne pas du côté des idolâtres et des mystificateurs de la gauche bien-pensante. Car, j'ai de bonnes raisons de ne pas totalement adhérer aux thèses de Bourdieu, ou plutôt, à ce que j'en sais.

Deux autres papiers se rapportent aux sujets qui, dernièrement, ont été largement abordés sur le blog de notre amie Albertine : une critique de La sociologie à l’épreuve de l’art, essai de Nathalie Heinich, et, quelques Remarques à propos de L’Élite artiste.

Saturday, April 19, 2008

Nouilles

L'auteur du blog, dont je vais publier deux commentaires, milite en faveur de l'opposition des moines du Myanmar, et, depuis quelques jours, en faveur des moines du Tibet. Je ne lis pas régulièrement les échanges de points de vue "politiques" qui peuvent s'y produire, mais de temps en temps, je jette un oeil, histoire de prendre connaissance des sujets qui "passionnent" le bon cyberpeuple. Parmi les commentaires, j'ai relevé, dans la soirée, le dialogue suivant :
- Annie: Au fil du temps je me dis que les hommes occidentaux continuent de se comporter comme des colons en pays conquis.
Sur l’état de la Femme dans le monde bien du chemin à faire encore.
l’Europe vote à droite aussi parce que la gauche ne s’est pas encore remise de la chute du mur.

- Olivier: La gauche et la chute du mur de Berlin ? Oui, en fait … Mais, pour moi, elle a aussi très mal assimilé Mai 68 : “il est interdit d’interdire” ne signifie pas qu’on doit laisser un gamin mettre les doigts dans la prise ou une fille porter le voile et ce ne sont que des exemples …
Comme sur la plupart des blogs, c'est le discours habituel, standard, préformaté, stéréotypé qui se déroule. On se demande si ce genre de phrases ne sert pas simplement à faire semblant de dire quelques chose. Est-ce que ceux, qui prennent le temps de rédiger ces conneries, sont vraiment en état de déposer un bulletin de vote dans une urne, au moment voulu, tout en étant bien conscient du geste qu'ils accomplissent et des raisons pour lesquelles ils votent ? La réponse est : bien évidemment, non.

Mais, ça ne fait rien, tous le monde pense qu'on est en démocratie. C'est à dire qu'on progresserait vers l'avenir en fonction de décisions prises par des gens éclairés, des humanistes, comme ils disent... Alors, qu'en réalité, une bande de lustukrus vote pour élire des chefs lustukrus qui gouvernent à vue, façon lustukru. Inutile de se moquer des italiens et de leur premier ministre, Berlusconi, ici, c'est pareil, ça se passe de la même manière, sauf que c'est même pas des spaghetti al dente qui décident, mais de véritables nouilles, trop cuites et mal égouttées.