Showing posts with label mythe. Show all posts
Showing posts with label mythe. Show all posts

Tuesday, February 24, 2009

Triste crise

Les ménages français sont désormais plus nombreux à penser que le niveau de vie en France s'est détérioré au cours des mois précédents et qu'il va se dégrader dans les mois à venir, indique l'Insee. L'indicateur qui mesure le "moral", est en recul d'un point, ce mois-ci. Il s'établit à -43 en données corrigées des variations saisonnières. Le moral des ménages avait touché en octobre un plancher historique à -47 points.

Et, bien entendu, dès le réveil, sur toutes les radios, qui laissent traîner leurs micros sur les trottoirs, on entend des cohortes de travailleurs, brisés par la douleur, annoncer la fin du monde pour demain. Ces pauvres gens sont désespérés. Je suis en empathie, en résonance. Ce flux de souffrance, qui se propage sur les ondes, me bouleverse. J'arrive à peine à finir mon café.

Je branche mon PC en me disant que je partage ma vie avec un peuple de héros, faisant bravement face à l'adversité. Je me dis qu'ailleurs les gens ont bien de la chance, ils n'endurent pas les souffrances que connaît le peuple français martyrisé par la crise. Un peuple qui résiste comme il le peut. Des hommes et des femmes en lutte pour ne pas tomber encore plus en avant dans la misère.

Effectivement, après quelques recherches en ligne, je dois admettre que la France vit, au regard des autres pays du monde, une insoutenable épreuve, une situation désespérante. C'est bien ce que démontre cet indicateur mondial sur la qualité de la vie en 2008. Je suis au bord des larmes.

Sunday, February 15, 2009

Franchouillardise du dimanche

"Ce n'est pas une raison pour nous imposer d'accepter ces symboles [musulmans]. Nous devons les rejeter au nom de la défense de NOTRE culture, laquelle, ICI, prédomine sur TOUTE AUTRE. On l'accepte ou s'en va. Il n'y a rien de plus simple à comprendre..."
Qui a écrit ça ? Réponse : René Foulon. Le Foulon en question se défend d'être xénophobe, il se dit insulté. Alors que pour moi, cette déclaration frise le racisme, avec cette idée de suprématie : "NOTRE culture, laquelle, ICI, prédomine sur TOUTE AUTRE"; cette suprématie est même posée a priori puisqu'elle "pré-domine". Je n'essayerai pas d'expliquer à René Foulon ce que cette vision essentialiste et hiérarchisante des cultures recouvre. Car, à sa décharge, cet individu me semble intellectuellement inapte à comprendre ce genre d'explications.

Mais, comme le bas de plafond Foulon a obtenu le soutien de LOmiG et de Criticus, il était évident que je ne pouvais pas rester membre d'un réseau dont il est un des gestionnaires et dont le fondateur, Criticus, plus un autre des gestionnaires, LOmiG, approuvent et soutiennent ces conneries. Avec un peu de recul, le trio me semble d'autant plus ridicule qu'il entre en contradiction avec la charte qu'il a lui même établie. Une charte demandant d'adhérer aux valeurs dites humanistes; ce qui suppose un certain universalisme. A l'évidence, l'humanité du trio trouve ses limites aux confins de la culture dite "chrétienne", rejetant tout ce qui n'entre pas dans ce cadre : "Nous devons les rejeter au nom de la défense de NOTRE culture", selon le bon Foulon, sans que LOmiG et Criticus n'y trouvent rien à redire.

Ben wouaaais, pépé Foulon, tu peux te mettre au lit avec ton tromblon, mais moi je n'ai pas ta mentalité d'assiégé, je ne me sens pas à ce point menacé par des "symboles", qu'ils soient musulmans, républicains ou autres. Alors, je te laisse surnager dans ta petite paranoïa ordinaire, ta petite franchouillardise du dimanche, et, je me retire du LHC, parce que, comme le disait l'autre, le Dépendeur d'andouilles, j'ai une autre idée de la grandeur du Réseau, autrement dit du Web.

Bye bye!

Friday, July 11, 2008

Univers symbolique

Le cercle fonctionnel de l'homme ne s'est pas seulement élargi, il a également subi un changement qualitatif. L'homme a, pour ainsi dire, découvert une nouvelle méthode d'adaptation au milieu. Entre les systèmes récepteur et effecteur propres à toute espèce animale existe chez l'homme un troisième chaînon que l'on peut appeler système symbolique. Ce nouvel acquis transforme l'ensemble de la vie humaine. Comparé aux autres animaux, l'homme ne vit pas seulement dans une réalité plus vaste, il vit, pour ainsi dire, dans une nouvelle dimension de la réalité. Entre les réactions organiques et les réponses humaines existe une différence indubitable. Dans le premier cas, à un stimulus externe correspond une réponse directe et immédiate ; dans le second cas, la réponse est différée. Elle est suspendue et retardée par un processus lent et compliqué de la pensée. Le bénéfice d'un tel délai peut sembler à première vue bien contestable. "L'homme qui médite, dit Rousseau, est un animal dépravé" : outrepasser les frontières de la vie organique n'est pas pour la nature humaine perfection mais dégradation.

Il n'existe pourtant aucun remède contre ce renversement de l'ordre naturel. L'homme ne peut échapper à son propre accomplissement. Il ne peut qu'accepter les conditions de sa vie propre. Il ne vit plus dans un univers purement matériel, mais dans un univers symbolique. Le langage, le mythe, l'art, la religion sont des éléments de cet univers. Ce sont les fils différents qui tissent la toile du symbolisme, la trame enchevêtrée de l'expérience humaine. Tout progrès dans la pensée et l'expérience de l'homme complique cette toile et la renforce. L'homme ne peut plus se trouver en présence immédiate de la réalité ; il ne peut plus la voir, pour ainsi dire, face à face. La réalité matérielle semble reculer à mesure que l'activité symbolique de l'homme progresse. Loin d'avoir rapport aux choses mêmes, l'homme, d'une certaine manière, s'entretient constamment avec lui-même. Il s'est tellement entouré de formes linguistiques, d'images artistiques, de symboles mythiques, de rites religieux, qu'il ne peut rien voir ni connaître sans interposer cet élément médiateur artificiel.

Ernst Cassirer, Essai sur l'Homme.

Saturday, April 5, 2008

Olympianisme

Hédonisme, culte obsédant du corps, événements sportifs hissés au rang d'épiphanies pour les masses, paganisme obscène d'une humanité décidée à ne jouir que d'elle-même, juvénilisme et éphébisme hissés au rang de bien suprême, jargon technocratique destiné à entretenir l'imposture intellectuelle et le mensonge, principe de plaisir systématiquement substitué au principe de réalité, invocation d'une mystérieuse Modernité adorée chaque jour, chaque heure et en toute circonstance, mythe d'une vie qui atteindrait cent ou mille ans, voire enfin délivrée de la mort, eugénisme enfin de plus en plus ouvertement revendiqué par les scientifiques ne sont que quelques-uns des traits qui semblent démontrer que les idéaux totalitaires, qui ne prisaient rien tant que les jeunes, le jargon, la modernité, les festivités païennes, le millénarisme et le mépris des "vies qui ne valent pas d'être vécues", ont sournoisement triomphé.
Jean Clair,
La Barbarie ordinaire,
Gallimard, 2000, p 113-114.