Dans 2 jours, cela fera 2 mois que la majorité de mes blogs et mes trois sites sont passés au pilon. Je me suis donc retrouvé avec un peu plus de temps libre, puisque je n'avais plus à rédiger de billets ni à répondre aux commentaires. Un surplus de temps pour me consacrer à d'autres activités - la lecture en particulier -, c'est ce dont j'avais le plus besoin.
Mais, ce n'était pas la première fois que j'écrasais des blogs : en 2006, j'en avais déjà pulvérisé deux qui m'avaient accompagnés pendant mes études et sur lesquels mes camarades, avec qui j'avais partagé pendant 5 ans les bancs de la fac, avaient abondamment commenté. Je me souviens de leur concert de protestations lorsque, un beau matin, ils ont constaté que mes blogs s'étaient subitement volatilisés.
Aussi, sachant cela, je présente mes excuses à tout ceux qui, il y a 2 mois, ont eu la surprise de voir que, non seulement mes billets avaient sauté, mais que leurs commentaires étaient aussi partis en fumée. Je ne perds pas de vue que les blogs sont en grande partie co-construits, et que les contributions des lecteurs sont très importantes quant au développement de ce type de médias. Mais, si je n'avais pas agi de la sorte, je ne serais pas parvenu à me détacher de mes blogs. Je n'aurais pas pu prendre le recul devenu nécessaire par rapport à cette drôle d'activité que représente le blogging.
Je vous rappelle que je bloggue depuis 4 ans, soit une durée assez significative dans une vie. De nos jours, bien des mariages ne durent pas si longtemps. Car, comme pour cette vénérable institution, le blogging demande un véritable engagement. Un tas de contrats tacites se passent entre auteurs et lecteurs/commentateurs sans que nous en soyons toujours très conscients.
Par ailleurs, quand on l'observe sous l'angle identitaire, on se rend compte que le blog est un outil de torture terrible. Tous les bloggers le savent, même si certains cherchent à le nier : blogguer sérieusement, sur une durée relativement longue, oblige à s'interroger constamment sur son identité. C'est le miroir le plus implacable que le XXème siècle finissant ait pu inventer.
Depuis 2 mois, donc, je vis mal rasé, mal coiffé. Alors, je pense qu'il est temps de brandir un nouveau miroir. Et puis surtout, beaucoup d'entre vous commençaient à me manquer, puisque je ne me déplaçais plus en ligne pour échanger avec vous un regard dans vos propres miroirs et quelques paroles critiques mais réconfortantes.
Le blog comme outil de déstabilisation du moi, et, même parfois, comme tripalium du moi. Qu'est-ce que vous pensez de ça ?