Showing posts with label sectes. Show all posts
Showing posts with label sectes. Show all posts

Thursday, May 8, 2008

Que dit Bourdieu ?

Que dit Bourdieu ? Qu'il faut que les intellectuels donnent des armes aux dominés pour qu'ils s'affranchissent de la domination que les dominants font peser sur leurs épaules. C'est lui, l'intellectuel, qui a travaillé toute sa vie pour mettre à jours les mécanismes sociaux qui font que deux classes s'affrontent, qui sait ce qu'il faut faire pour abolir cette situation: il ne nous reste plus qu'a suivre ses conseils... si, bien entendu, nous nous trouvons dans la position du dominé. Et, si nous ne savons pas où nous situer, ce n'est pas grave Doc Bourdieu va nous l'expliquer.

Mais comment peut-il nous l'expliquer ? Ben tout simplement parce que c'est un expert. Mais, si c'est un expert, il possède un capital symbolique que nous n'avons pas. Il se situe donc du côté des dominants. Comble de malheur, cet expert nous dit de nous méfier des experts. Le mauvais expert est celui qui est rémunéré par les riches, et le bon celui qui vit au sein d'un collège, d'une église, et se contente d'une bicyclette et de frugalité. Donc, nous qui sommes pauvres, nous avons tout intérêt à faire confiance aux pauvres. Sauf qu'on sait que les riches aiment s'entourer des meilleurs experts et qu'ils vont leur donner tous les moyens de mener leurs expertises à bien, et on sait aussi que si effectivement les riches se foutent de la gueule des pauvres, des pauvres commencent par baiser d'autres pauvres pour devenir riches avant même que d'essayer de baiser les riches, car les riches se protègent mieux que les pauvres ce qui fait que c'est plus difficile de les baiser. La seule façon de baiser les riches c'est de se mettre à plusieurs pour leur casser la tête. Mais ça Bourdieu il veut pas parce qu'il dit que la violence c'est l'apanage des riches. Que la clé de la réussite des pauvres, c'est de comprendre ce que les gentils chercheurs humanistes pauvres nous disent. Mais pour qu'on comprenne ce qu'ils nous disent, il nous faut acquérir un langage de riche, cette langue que parlent ces chercheurs qui nous veulent du bien.

Tout ça c'est très bien, mais, d'un autre côté, tant qu'on a la TV et des mangas, pourquoi on devrait s'emmerder à comprendre les riches qui eux-mêmes s'emmerdent avec des trucs aussi chiant qu'on en trouve sur Arte.
En fait, si on devine ce que Bourdieu nous demande, c'est qu'il faut qu'on achète ses bouquins et ceux de ses copains pour nous libérer du boulot que nous font faire les riches et si on ne veut pas faire ça, et, bien ce n'est pas grave, parce qu'eux, Bourdieu et ses potes, ils savent ce qu'il nous faut et il suffit qu'on leur fasse confiance, qu'on fasse comme ils nous disent, et surtout, qu'on arrête de nous disputer entre nous et de nous arnaquer mutuellement.
Ben ouais ! On ne fait déjà pas confiance aux syndicats et on va faire confiance à ces types là.

Mais d'où ils sortent ces branques ? Ils leur faut autant d'années d'études pour en arriver à des conneries pareilles: "Si tous les chercheurs du monde veulent bien se donner la main... tsoin, tsoin !" ?

Parce que l'histoire que je vous raconte, ici, ce n'est pas une histoire de seconde main, une histoire sur l'homme qui a vu l'étudiant qui a vu le film de Carles sur Bourdieu, mais c'est bien ce que Bourdieu raconte lui-même.

Bon, vous me direz, c'était sur la fin de sa vie; il était certainement déjà terriblement souffrant; il a commencé a pendre son rôle de pédagogue au sérieux, et, comme ses propres étudiants commençaient à émettre de sérieux doutes sur ses théories, il a essayé de rallier à sa vision de la société idéale, des semi-lettrés, des lycéens, des éducateurs, des postiers, etc...

I had a bourdream !

Monday, February 25, 2008

Sectateurs

Dans un chat sur Le Monde | 25.02.08 |, Nathalie Luca annonce qu'"en qualifiant les sectes de 'non-problème', Mme Mignon a soulevé un vrai débat".

J'ai beaucoup aimé la réflexion de N. Luca qui suit :
La France est hostile au fait qu'un groupe fasse payer ses services dits religieux. La France est également hostile au fait qu'un groupe ne se cantonne pas à une seule sphère d'activités. Ce qui choque les Français, concernant la Scientologie par exemple, c'est d'abord que ses services sont payants, c'est ensuite qu'elle intervient dans différents champs de la société : formations en entreprise, soutien scolaire, lutte contre la drogue.
Tout cela n'est pas en soi dangereux, mais c'est contraire à l'esprit français. Il est sûr que se ruiner à cause d'un groupe religieux apparaît tout à fait inaudible en France : qu'on se ruine au casino est une chose, qu'on se ruine pour une croyance en est une autre.
Effectivement, si je regarde autour de moi, parmi mes connaissances, je ne vois personne ayant fréquenté ou fréquentant une "secte" puisque je ne sais pas ce que recouvre cette dénomination. La fameuse Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires est elle-même incapable d'en donner la définition.

Par contre, je pourrais faire une liste bien longue des personnes de ma connaissance qui se sont ruinées ou qui se trouvent faces à des difficultés financière et psychologique simplement pour avoir fréquenté trop assidûment les casinos et les salles de PMU, institutions parfaitement légales. Je passerai sous silence ceux qui sont tombés dans la délinquance à cause du jeu, suite aux dettes insurmontables. Je suis certain que vous aussi, vous en connaissez quelques uns et probablement plus que d'adeptes de l'Eglise de Scientologie. N'est-ce pas ?

Et pourtant, je n'entend personne hurler de désespoir quand les médias parlent de table de roulette, de blackjack, ou du Grand Prix d'Amérique - sinon, parfois, les femmes et les enfants des joueurs invétérés.

Alors que se passe-t-il ? Pourquoi tant d'histoires à la suite des déclarations d'Emmanuelle Mignon et jamais rien lorsque les TV retransmettent l'arrivée des courses à Longchamp ou font passer Maurice Benguigui pour un héros en diffusant des championnats de poker à l'écran ?

A quand une Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives de la Française des Jeux, la MIVLCDFJ ?