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Sunday, April 19, 2009

Civilisation boxon

C'est étonnant - comprenez que je fais semblant d'être surpris, mais ça n'a rien d'étonnant - le nombre de réactions sous un article du quotidien Le Monde, intitulé "Les tribunaux sont de plus en plus saisis de contentieux sur le port du voile" est, à l'heure où je rédige ce post, de 123. Le nombre de réactions, suite à la dépêche: "Pour Benoît XVI, la résurrection du Christ est un événement "réel", pas un "mythe"", est de 116. Quant à "La fragilité de nos sociétés est dangereuse", un entretien au Monde dans lequel Daniel Cohn-Bendit parle de la crise, de la panne d'Europe et de Sarkozy, dont il admire "l'énergie" mais ne supporte pas "la dépendance qu'il crée", le nombre de réactions est de... zéro: il semblerait que les lecteurs du Monde s'en tapent comme de l'an 40.

Quand on sait que les Français vont choisir, le 7 juin, leurs 72 députés européens, on a aucun mal a imaginer ce qui passionne les ensouchés: les problèmes religieux, avec un rejet encore accru en ce qui concerne les musulmans. On comprend ce qu'ils sous-entendent quand les bloggers disent s'intéresser à la politique: pour la majorité des Français faire de la politique, c'est ce mettre en quête d'un bouc émissaire. Même Didier Goux, que j'imaginais au-dessus de ce genre de choses, a récemment laissé tomber le masque. Si un type comme lui, que je considérais comme un blogger intelligent, en arrive a proférer des conneries, dignes de Foulon, Criticus ou LOmiG, au sujet de ses concitoyens musulmans, moi, je n'envisage pas l'avenir de ce pays peuplé de gens moins bien éduqués que lui avec beaucoup d'optimisme.

Depuis quelque temps déjà, BBL et moi, on regarde les mappemondes en se demandant où est-ce qu'on va dégotter le petit arpent du bon Dieu, celui sur lequel on pourra finir nos jours, loin de tout ce putain de boxon désigné comme La Civilisation.

Monday, February 23, 2009

Lectorat limité

En réponse à Chitah, qui me demandait, suite à mon commentaire sous Tous les journalistes sont-ils nuls ?, en quoi le lectorat pouvait jouer sur le manque de professionnalisme des journalistes français, je suis allé chercher quelques chiffres pour illustrer mes propos. Mais bien sûr, une fois les chiffres collectés il m'a été impossible d'accéder de nouveau aux commentaires. [DISQUS déconne sérieusement, Rubin, et ce n'est pas la première fois]. Alors, pour que mes recherches ne soient pas totalement inutiles, je les colle ci-dessous avec mes remarques.

Il semblerait, que la majorité des lecteurs de ce pays ne demandent pas d'êtres parfaitement informés sur la marche du monde et se contentent généralement des faits divers qui se déroulent dans un rayon de 25 km autour de l'endroit où ils résident, ce qu'on dénomme dans le jargon de la communication: informations de proximité.

Selon, les résultats de l’étude EPIQ 2007/2008, chaque semaine, plus de trois Français sur quatre (75,7% soit 37,8 millions) ont un contact avec une marque de presse quotidienne, que ce soit par la lecture d'un journal, d'un de ses suppléments ou la consultation de son site Internet. Les marques de la Presse Quotidienne Régionale attirent 30,8 millions de Français par semaine (61,7%). Celles de la Presse Quotidienne Nationale 19,5 millions (39,1%) et celles de la Presse Quotidienne Urbaine Gratuite 6,9 millions (13,8%).

Ce qui veut dire qu'environ deux Français sur trois, de plus de quinze ans, ne lisent jamais un quotidien comme Le Monde, Le Figaro ou Libération. Quant à ceux qui les lisent, je suis assez perplexe sur leurs facultés intellectuelles. Combien de fois n'ai-je vu des lecteurs abonnés au Monde se plaindre de la longueur des articles qu'ils jugent excessive ou avouer carrément qu'ils n'y comprenaient rien ? C'est en cela que je dis qu'il faut aussi tenir compte du lectorat pour expliquer les difficultés des journalistes. Généralement, ils ne sont pas appelés à se surpasser.

Saturday, February 21, 2009

Intellectuels de haute nécessité

Neuf intellectuels antillais, Ernest Breleur, Patrick Chamoiseau, Serge Domi, Gérard Delver, Edouard Glissant, Guillaume Pigeard de Gurbert, Olivier Portecop, Olivier Pulvar, Jean-Claude William ont rédigé un "Manifeste pour les 'produits' de haute nécessité", publié, le 16.02.09 par Le Monde.

Glissant est titulaire d’un doctorat ès lettres, Chamoiseau a obtenu un prix Goncourt pour un roman et Pulvar est maître de conférence en Histoire. Ces noms me disaient quelque chose; j'ai du les entendre prononcés sur une radio quelconque, mais c'est sur Wikipedia que j'ai appris à qui j'avais affaire. Je ne me suis pas fatigué à découvrir d'où les cinq autres tirent la qualification d'intellectuels, mais je n'ai aucune difficulté à croire qu'ils ont de bonnes raisons pour prétendre au titre, ainsi que le font les trois premiers.

Pour moi, ce texte marque un tournant dans la culture française, avec ce "Manifeste pour les 'produits' de haute nécessité", l'horizon se fait soudain lumineux: l'affaire est entendue, il n'y a plus rien à espérer. Il me faut à tout prix faire émigrer ma pensée dans une autre langue. Je dois dans l'urgence apprendre à parler parfaitement le premier idiome à portée de dico, pour essayer de conserver la raison et une once de dignité. Je ne veux pas subir le douloureux sentiment de honte, de ridicule achevé, celui qui me torturera chaque fois que j'aurai à converser avec un humain qui n'a pas la nationalité française.

Pour l'instant, je me demande s'il ne vaut pas mieux que le Translator de Google me raconte le monde. En effet, lorsque le robot traducteur me donne la version française de "Sein und Zeit", le texte me semble bien plus facile à comprendre que celui de nos intellectuels outremarins.

Seigneur Doliprane, priez pour nous, pauvres Français ! La crise financière internationale est rien en comparaison de ce qui nous guette sur le plan intellectuel.

Wednesday, August 27, 2008

Le Post

Ce soir, j'ai ouvert un compte sur Le Post, un site dont Wikipedia dit que c'est une véritable poubelle, et c'est vrai !

Alimenté par des journalistes, mais aussi par des internautes, le site est totalement gratuit. Les "posts" des internautes diffusés en "une" sont tout de même sélectionnés par la rédaction. Chaque internaute est toutefois libre de publier ce qu'il souhaite sur sa page personnelle.

Je ne savais pas où je posais les pieds puisque je ne m'étais jamais intéressé à cette publication à l'époque, encore récente, où j'étais abonné au Monde.

Je suppose que les dirigeants du Monde Interactif, filiale du Monde et de Lagardère, qui a lancé ce site le 11 septembre 2007, doivent être fiers du résultat obtenu.

Si, comme moi, vous n'avez encore jamais croisé ce site, n'hésitez pas à le survoler, ça donne une très bonne image, conforme à la réalité, en tout cas, de la société dans laquelle nous vivons.

Franchement, j'ai l'impression de vivre sous le plus grand chapiteau hexagonal du monde. Ce pays est véritablement un cirque aux représentations permanentes.

Monday, July 28, 2008

Epilogue du Monde


Bonjour

Nous avons bien pris en compte votre demande de désabonnement à la suite de votre confirmation. Votre abonnement au Monde.fr prendra donc fin au terme de l'échéance en cours.
Vous pouvez consulter votre compte utilisateur et vérifier notamment la date de fin de votre abonnement à l'adresse http://www.lemonde.fr/ep, dans la rubrique "votre abonnement".
Vous continuerez néanmoins à bénéficier des services gratuits du Monde.fr (votre météo personnalisée, vos lettres d'information gratuites).

Nous espérons vous retrouver très bientôt dans l'édition abonnés.

Cordialement.

L'équipe du Monde.fr

Thursday, July 24, 2008

La fin du Monde

Yves Deligne wrote:
Bonsoir, j'aimerais savoir comment me désabonner du Monde en ligne. Je n'ai pas trouvé la procédure dans la FAC.
Merci de bien vouloir m'indiquer la marche à suivre.
Cordialement.
Yves Deligné

Service Client Lemonde.fr wrote:
Bonjour

Vous souhaitez vous désabonner mais avez-vous vraiment fait le tour de tous les avantages qui vous sont réservés ?
Découvrez-les à l'adresse http://www.lemonde.fr/web/teaser/1,22-0,1-0,0.html

- Vous pouvez rediriger et/ou suspendre la réception de vos newsletters dans la rubrique "Vos Préférences" http://www.lemonde.fr/ep.

- Si vous souhaitez résilier votre abonnement au Monde.fr, merci de nous le confirmer en nous indiquant l'adresse e-mail correspondant à votre abonnement. Par ailleurs, nous souhaiterions connaître vos motivations. En effet nous nous efforçons d'adapter régulièrement nos contenus et services à vos remarques.

Nous restons à votre disposition pour toutes vos questions.

Cordialement.
L'équipe du Monde.fr

Yves Deligne wrote:
Bonsoir

Je vous demande de résilier mon abonnement au quotidien Le Monde.
Je suis inscrit sous l'adresse e-mail suivante : xxxxxx@gmail.com

Je pense que Le Monde fait fausse route dans sa tentative de séduction d'un lectorat plus large en s'engageant encore plus dans le divertissement, tel que le sport, le multimédia, et ce genre de choses distrayantes. La rédaction est bien moins exigeante que par le passé sur le plan des analyses socio-politiques, sur la qualité de l'investigation, très décevante aussi par le faible intérêt consacrée à la Culture - Le Monde des Livres en particulier. En tout cas, c'est une route que Le Monde poursuivra sans mon très modeste soutient financier. Mais, si ça peut consoler les journalistes, les 6 € d'abonnement ne seront pas transférés vers un autre quotidien fr., puisque je ne vois aucun journal dans ce pays qui vaille qu'on s'y abonne, pas même pour 10 cents par mois.

Cordialement,
Yves Deligné


Voici plusieurs mois que j'y pensais sans passer à l'acte, mais, ce soir, à 22h41, j'expédiai la demande d'une résiliation d'un abonnement qui durait depuis 6 ou 7 ans. Je me souviens avoir soutenu ce journal contre le brûlot de Pierre Péan et Philippe Cohen, en seconde année de DEUG dans un long exposé de fin d'année. Mais à l'époque, j'étais moins bien informé sur les pratiques journalistiques que je ne le suis, aujourd'hui, 5 ans plus tard. Péan et Cohen étaient dans le vrai, et la situation du quotidien s'est encore dégradée. Ce journal est tombé si bas que, même par charité, il devenu impossible de le soutenir.

Bye bye, Le Monde !