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Monday, May 25, 2009

Le sujet

"Le sujet n'est ni à l'image de lui même, ni à l'image de la machine, il est devenir. Devenir n'est pas atteindre à une forme ou à une image, c'est le lien à autrui, trouver, traverser des lignes de sens et d'expression par où passe et s'invente de la subjectivité. S'il parle, s'il s'engage dans cet exercice indéfini, indispensable, jamais achevé, qu'est la conversation, ce n'est pas simplement pour échanger des informations, mais pour apprendre de l'autre qui il est.Il est l'image de ce qui parle. De ce qui parle en lui, dans cette relation fondamentale de la parole, "le pacte de la parole avec l'autre" qui l'établit dans sa subjectivité."
Jean-Marie Prieur. Vent traversier, langage et subjectivité [p. 10].

Friday, March 27, 2009

Nonversation

Une conversation totalement inutile, au cours de laquelle rien n'est éclairé, expliqué ou précisé. Se produit généralement lors de fêtes, dans des bars ou lors d'autres événements de ce genre, alors qu'il est presque impossible d'avoir une conversation.
Patrick: Quel gaspillage de temps que d'être obligé de parler de bloggin'.
Martine: Je sais, à chaque fois que je fais, c'est comme une nonversation.

Tuesday, March 24, 2009

Jardin lexical fleuri

Abasourdi, aberrant, abêti, abruti, absurde, ahuri, anchois, andouille, âne, anéanti, animal, arriéré, badaud, ballot, balourd, béat, bécasse, bêlant, benêt, bestiasse, bedole, bête, biscornu, borné, bouché, brèle, brut, brute, buse, butor, con, conard, corniaud, cornichon, couenne, couillon, crétin, croûte, cruche, cul, dadais, dandin, déraisonnable, débile, dégénéré, demeuré, ébahi, emmanché, enflé, engourdi, épais, étonné, extravagant, faible, faible d'esprit, fleur de nave, fou, fourneau, ganache, gourde, hébété, huître, idiot, ignorant, illogique, imbécile, immobile, impuissant, impardonnable, incapable, incohérent, inepte, inintelligent, insensé, interdit, lourd, lourdaud, lourdingue, manche, melon, minus, moule, niais, nigaud, noix, nul, obtus, panouille, pesant, plat, poire, ramolli, saucisse, saugrenu, simple, sinoque, sot, souche, stupéfait, stupide, surpris, tarte, tourte, vaseux.

Ne pas hésiter à compléter la liste.

Wednesday, March 4, 2009

Ça craint

Je viens de lire sur Wikipedia que Jean-François Kahn a débuté sa carrière de journaliste avec comme bagage universitaire une licence en Histoire. C'est vers la fin de la guerre d'Algérie, où il aura l'occasion d'y faire des reportages, qu'il a commencé a travailler. Il me semble, qu'après 50 années passées au contact de l'écrit, un journaliste doit être en mesure d'énoncer des phrases qui soient cohérentes... a minima.

Je relève, sur Le Monde d'aujourd'hui, que Jean-François Kahn a rappelé la montée des extrémismes en Europe après la crise de 1929, en déclarant : "Si on ne remplace pas d'urgence l'injustice économique par l'humanisme, cela sera un retour au sol, au sang, à la race, aux tribus et aux intégrismes religieux. Y compris en Scandinavie où je m'attends à une poussée de l'extrême droite." Suite à cette lecture, je suis inquiet pour la santé mentale de ce retraité qui se présentera aux élections européennes.

Mais je suis encore plus inquiet de savoir que de telles âneries sont rapportées par d'autres journalistes, qui, comme Geoffroy Deffrennes, ne se demandent même pas de quoi peut bien parler Khan. On dirait une phrase extraite d'un des blogs de cet abruti de Nicolas Jegun. Un homme ou une femme à jeun, en possession de facultés intellectuelles intactes ne peut rien entendre à ça, mais personne n'a l'air de s'en inquiéter. Certains iront même jusqu'à voter pour lui.

Ça craint, n'est-ce pas ?

Tuesday, February 24, 2009

Hypocrisie de bon aloi

Oui, je sais, le billet précédent, n'aura aucune portée psycho-socio-politique. 98% des lecteurs vont automatiquement rejeter mes propos et, peut-être même, iront jusqu'à donner raison au dessinateur, uniquement parce qu'ils ne supportent pas l'insulte. Ce pays peuplé de cervelles de mouche voit de la violence partout, ou plutôt, ne voit pas la violence où elle se planque généralement. Il suffit que l'injure soit masquée par une tournure de phrase qui fait qu'elle n'est pas prononcée directement, mais de manière implicite, pour qu'elle soit acceptée par les cervelles foulonnisées. L'insulte franche, sans équivoque est quelque chose d'insupportable pour l'oreille du blogger moyen, le civilisé français du IIIème millénaire.
Encore un domaine, dans lequel je suis inassimilable. Je n'arrive pas à produire tous les efforts que l'hypocrisie de bon aloi réclame. Impossible d'être dans le ton, en harmonie avec le décor aux couleurs crasseuses, baveuses.

Saturday, February 21, 2009

L’illusion rhétorique

L’illusion rhétorique consiste à croire que les arguments de chacun comptent, alors que l’objet de la réunion et du dialogue est plutôt la reconnaissance mutuelle du rôle de chacun.

Michel Meyer, Principia rhetorica. Une théorie générale de l’argumentation.

Tuesday, February 17, 2009

Politesse

Hé bien, il était temps que je me tire de ce réseau. Non seulement, les tensions entre membres sont visibles de tous côtés, et, pire, quelques trous du cul affiliés au LHC se montrent de plus en plus cons et arrogants: "Tout commentaire d'un inconnu usant du tutoiement sera détruit quel que soit son contenu.", dixit La lime.

Et, personne ne pense à lui dire qu'il délire. Au contraire, la plupart en rajoute une couche. Ainsi, que le fait, Théo2toulouse, le plus gratiné d'entre eux: "Le tutoiement doit refléter cette volonté délirante d'égalitarisme à tous les niveaux de la société : les parents valent leurs enfants, les jeunes les vieux, les patrons leurs salariés, les femmes les hommes." Il ajoute, un peu plus loin dans un autre commentaire "Pour rappel, le tutoiement systématique se pratique essentiellement chez les camarades de gauche comme de droite, les racailles et les clochards."

Comme toujours, ces bloggers se lancent dans des discussions du café du commerce sans prendre la peine de de se renseigner à minima. Ils n'essayent même pas d'aborder les sujets dont ils "débattent" avec un peu de rigueur. Chacun y va de son lieu commun, de sa vision personnelle faite d'une série d'amalgames, de stéréotypes épouvantables.

Dans le cas de la politesse, je n'ai pas eu a chercher loin puisque Christine Béal, qui fut l'une de mes profs en linguistique interactionniste, conduit des recherches dans ce domaine [PDF]. Pour avoir une petite idée de ce que peut représenter un travail sur la politesse on peut s'intéresser à ce qu'en disent Cerasela Enache et Gabriela Popa [PDF].

La Limace va jusqu'à soutenir que la politesse n'est qu'une forme d'hypocrisie mais que cela vaut mieux que la violence. Une déclaration comme celle-ci laisse deviner la mentalité, l'ethos communicatif de ce blogger.

Une chose est sûre, c'est que les lustukrus qui répandent en coeur leur bave chez La Limace ne donnent aucune envie d'être poli.

Thursday, January 29, 2009

Le mot fétiche des gogochistes

Autogestion, écrit avec ou sans trait d’union, a été le mot fétiche des gogochistes dans les années 1960-80 : ils le prononçaient religieusement comme pour faire advenir la chose que le mot désignait. C’était le sésame ouvre-toi du socialisme et la clef de Saint-Pierre du paradis sur terre. Les gogochistes ne jurant plus que pub, com, fric, pèze, flouze, paillettes, leur utopie autogérée est morte ; et le mot autogestion aussi. C’est du passé d’outre tombe, du passé plus que parfait, du passé décomposé.