La lecture psychopolitique de Peter Sloterdijk permet également d’éclairer d’un jour nouveau le triste destin des partis de gauche, notamment en France et en Italie, et de dépasser les analyses sommaires.
Comme je ne prends pas le temps de faire référence aux auteurs qui influencent la façon dont je lis le monde, et parce que mes retranscriptions sont sommaires, quand elles ne tombent pas dans la caricature, il est évidement assez facile pour Albertine de m'accuser de dire n'importe quoi - elle qui fait une lecture politique basée sur des concepts élaborés par des dinosaures. Il est tout aussi facile pour Jean-Louis Fraysse de se retrancher derrière un discours fondé sur la doxa, le bon sens commun, sorte de catéchisme à l'usage de l'homme de gauche, et de se montrer quelque peu condescendant en m'imaginant sous les traits d'un martyr de la civilisation occidentale moderne. L'une comme l'autre comprendront peut-être mieux ce à quoi je fais allusion s'ils se donnent la peine, non pas de lire "Colère et temps" sur toute sa longueur, mais un compte rendu et une critique de cet essai de Sloterdjik, dont voici un petit extrait. [Extrait à mettre, aussi, en rapport avec un billet de Didier Goux.]
Comme je ne prends pas le temps de faire référence aux auteurs qui influencent la façon dont je lis le monde, et parce que mes retranscriptions sont sommaires, quand elles ne tombent pas dans la caricature, il est évidement assez facile pour Albertine de m'accuser de dire n'importe quoi - elle qui fait une lecture politique basée sur des concepts élaborés par des dinosaures. Il est tout aussi facile pour Jean-Louis Fraysse de se retrancher derrière un discours fondé sur la doxa, le bon sens commun, sorte de catéchisme à l'usage de l'homme de gauche, et de se montrer quelque peu condescendant en m'imaginant sous les traits d'un martyr de la civilisation occidentale moderne. L'une comme l'autre comprendront peut-être mieux ce à quoi je fais allusion s'ils se donnent la peine, non pas de lire "Colère et temps" sur toute sa longueur, mais un compte rendu et une critique de cet essai de Sloterdjik, dont voici un petit extrait. [Extrait à mettre, aussi, en rapport avec un billet de Didier Goux.]
Ce qui est en jeu dans la modernité économique, c’est tout simplement le remplacement du pilotage thymotique des affects (qui n’a que l’apparence de l’archaïsme), en même temps que ses aspects incompatibles avec le marché (qui n’ont que l’apparence de l’irrationnel), par la psychopolitique, plus conforme à l’époque, de l’imitation du désir et de la culpabilité calculatrice. Cette métamorphose ne peut être obtenue sans une profonde dépolitisation des populations – et, liée à celle-ci : sans la perte progressive du langage au profit de l’image et du chiffre . Les partis de la gauche classique, notamment, dans la mesure où ils sont en soi des banques de colère et de dissidence, ne peuvent, dans ce nouveau climat, se faire remarquer que comme des reliques dysfonctionnelles. Ils sont condamnés à lutter, avec des discours laids, contre les images de belles personnes et des tableaux de chiffres durs – entreprise vouée à l’échec. En revanche, comme des poissons dans l’eau, les social démocraties du type New Labour évoluent dans l’élément de l’érotisme capitaliste – elles ont abdiqué leur rôle de partis de la fierté et de la colère, et pris le virage menant vers la primauté des appétits.
Peter Sloterdijk