Tuesday, March 25, 2008

Nobody knows


Sur Internet personne ne sait que tu es un chien.

Monday, March 24, 2008

Boudieu, le haineux

Albertine, je vais tenir ma promesse, avec quelques semaines de retard, en te disant pourquoi je déteste Bourdieu. C'est totalement subjectif au départ, et puis, par la suite, viennent quelques arguments.

Je ne sais rien de Bourdieu, je sais à peine que ce type existe, jusqu'au jour où sur Arte, en 1999 [merci Wikipedia], je le vois en compagnie de Günter Grass qui l'a invité chez lui, peu après avoir reçu le prix Nobel de Littérature. A l'époque, je ne lisais encore que très peu d'essais, mais beaucoup de romans, et j'aime "Le tambour", entre autres. Je découvre sur l'écran un type dont le nom, par sa sonorité sourde et disgracieuse, empâte mes oreilles "bourdieu" mais qui, surtout, se comporte comme un connard impoli face à son hôte allemand. On sent que ce type crève de jalousie et de rancoeur, et qu'il pense que c'est lui qui aurait dû être le nobélisé. Je ne sais rien de cet individu, parce que, pour des raisons particulières, je n'ai rien su des grèves de 1995 pendant lesquelles il a, parait-il, fait un tabac. Je n'ai donc appris que par le suite que cet abruti jouait le Sartre nouveau sur les barricades. De plus, la fac de Lettres ne représente encore, à cette période, qu'un enclôt où se concentrent les plus belles filles de la cité, mais c'est un territoire que je n'ai pas le temps, ni l'occasion de fréquenter.

J'ai ensuite pu retrouver Bourdieu face à Schneidermann, lors d'un Arrêt sur Image. Entre temps, j'en avais appris un peu plus sur le personnage, je commençais à fréquenter l'université. Cet épisode n'a fait que confirmer la piètre estime que j'avais de ce bourrin, et il était évident que ce mec souffrait terriblement d'être le guru des étudiants en sciences sociales, que les médias, à la botte du patronat, ne traitaient pas avec toute la haute considération et la déférence qu'on doit à une intelligence de cet acabit. J'ai lu ses derniers écrits "Contre-feux I & II" et "Sur la TV" que j'avais acheté et qui doivent aujourd'hui se trouver à Koweït-city parce que je les ai donné à un ami, qui maintenant enseigne le français à ses compatriotes, et se passionne pour ces problèmes ahurissants et exotiques, si typiquement franco-français. Je me souviens aussi d'avoir sorti de la BU "Ce que parler veut dire" parce qu'en rapport avec mes études en sciences du langage. Mais, je ne suis pas un exégète de l'oeuvre bourdieusienne, c'est ce que je veux souligner.

Mais ce qui fait que je ne peux, globalement, pas être d'accord avec ce mec, c'est que j'admire le travail de Foucault, que je connais mieux que celui du venimeux. Travail qui va à l'inverse des thèses de ce marxiste attardé, qui se défend d'être marxiste tout en n'arrivant pas à dépasser l'idée de classe du marxime, idée qu'il renforce à peine en imaginant un tas de sous-classes, de la musisque en passant par le sport.
Ce qui fait que maintenant, dans ce pays, on croit savoir qui tu es si tu passes tes vacances à la montagne où tu écoutes Iggy Pop tout en mangeant du mille-feuilles au café.

Ce sociologue pose un regard sur l'humanité, préalablement divisée en classes qui ont des habitudes très spécifiques, discriminées selon des critères tout à fait arbitraires - comme ceux de la division de l'humanité en races, rouge, jaune, noir, blanc. Une fois les divisions établies, les catégories construites par ces sociologues de merde, il suffirait d'examiner le contenu de ces classes, comme on examine des boites de conserve, pour dire des choses intelligentes sur l'homme.

Alors que cette classification n'a qu'un seul but : se mettre à la tête d'une de ces catégories - dans ce cas ceux qui ont été classés comme pauvres, à qui ont aura bien fait croire qu'ils sont pauvres - et tenter d'exercer son pouvoir sur les individus qui la composent. On fait se battre les opprimés avec les oppresseurs, comme on fait se battre les Hutu avec les Tusti, après avoir composé, de manière tout à fait artificielle, deux ethnies. Bourdieu est un spécialiste : il a crû pouvoir découvrir des dominés/dominants, et il en voit partout, sans qu'on arrive à comprendre comment on peut faire partie d'une catégorie ou d'une autre!

Foucault montre bien que cela ne relève que de l'imaginaire, donc largement soumis à la relativité socio-historique. C'est à dire que tout individu, mis à part le prince, se trouve à la charnière de deux mondes, dominé ou dominant, selon le contexte, la situation, le moment. Bourdieu, et ceux qui se reconnaissent dans ce genre de théories fumeuses, ne font que souffrir de complexe d'infériorité, et cherchent un tas de prétextes pour soi disant résister et combatre des choses qu'ils n'arrivent pas, en réalité, à assumer.

D'un côté Foucault, une personne douée d'une grande intelligence et fière d'elle même, un individualiste sceptique et déculpabilisé, et, de l'autre, Boudieu, un laborieux, un stakanovitch de la statistique, honteux de ses origines provinciales, qui voudrait, par vengeance, entraîner le maximum de gens dans le ressentiment et fait tout pour les dresser les uns contre les autres: tous ceux qui ne présentent pas les signes de l'égalité parfaite doivent se combattre.

Boudieu est un furieux qui donne des arguments aux frustrés "révolutionnaires", ces gens qui n'arrivent pas à trouver des ressources intellectuelles suffisantes, et donc sécurisantes, parce qu'ils ne veulent pas faire l'effort d'une réflexion et préfèrent croire que tout est de la faute de l'autre, surtout si cet autre ne leur ressemble pas à 100%.

Voilà, Albertine, je ne prétends pas ici à un discours "scientifique" pour descendre Boudieu, mais je m'appuie simplement sur mes propres perceptions face à ceux qui brandissent en étendards les textes de ce bâtard, des thèses qui puent la revanche et l'égalitarisme à plein nez.

Sunday, March 23, 2008

Throw them to the lions

Après réflexion, je me dis que si je n'arrive pas à poster sur ce blog, c'est probablement parce que le titre, "Someday, Somewhere", ne me convient pas vraiment. "Un jour, quelque part" est une formulation beaucoup trop vague et qui n'indique rien de précis. Je cherche un autre titre. Que pensez vous de "Throw them to the lions!"? Nettement plus class comme titre, non? Je viens de vérifier: Vivienne, une Australienne, a déjà intitulé sa page LiveJournal avec ces mots. Dommage, je cherche encore.

Un ss-préfet antisémite

Depuis que j'ai lu la dépêche AFP qui suit je suis vraiment perplexe :
Le sous-préfet de Saintes (Charente-Maritime), Bruno Guigue, a été limogé après avoir publié une tribune "violemment anti-israélienne" sur le site internet "Oumma.com", a-t-on appris samedi auprès du ministère de l'Intérieur.
Dans une tribune publié le 13 mars, M. Guigue estime notamment qu'Israël est "le seul Etat au monde dont les snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles". Il ironise également sur les "geôles israéliennes, où grâce à la loi religieuse, on s'interrompt de torturer pendant Shabbat".
La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a "été mise au courant mercredi du contenu de cette tribune et a immédiatement décidé de mettre fin aux fonctions" de M. Guigue, a-t-on indiqué au ministère de l'Intérieur, sans fournir plus de précision.
Enarque, normalien, M. Guigue a publié plusieurs ouvrages, dont "Proche-Orient: la guerre des mots", et des tribunes sur la situation proche-orientale.
Perplexe, parce que j'ai de plus en plus de mal à savoir comment réagir face à de telles informations. J'ai beaucoup de mal à penser que je vis dans un pays où des connards, comme cette raclure de ss-préfet, puissent atteindre de telles fonctions. Je n'arrive pas à croire que l'antisémitisme soit aussi facilement toléré par mes bourrins de concitoyens. Car, pour l'instant, cette affaire ne soulève aucun tollé, cette dépêche AFP n'ayant été relayée que par Le Parisien, Libération, France3 et le Nouvel Observateur. Les autres journaux s'intéressent à la natation. Je suis sidéré... vraiment.

Wednesday, February 27, 2008

500 Signes

Suite aux articles publiés en ligne, le journal Le Monde donne la possibilité aux abonnés de réagir par un message n'excédant pas 500 signes, espaces compris. C'est, le plus souvent, amplement suffisant pour livrer son opinion ou une critique rapide. C'est aussi un très bon exercice rédactionnel qui oblige à aller rapidement à l'essentiel. J'envisage donc ce procédé pour rédiger des billets qui reflèteraient mes questionnements sans me perdre en circonvolutions stylistiques. 2ème piste à suivre.

Décompte

Total characters & spaces: 139. Soit le décompte sur le post précédent. Possibilité d'écrire environ 25 mots par post. Intéressant, non ?

Twitt

Développer un blog dont les posts ne dépassent pas les 140 caractères, comme sur Twitter. Rapide à écrire, facile à lire. Bonne idée, non ?

Monday, February 25, 2008

Sectateurs

Dans un chat sur Le Monde | 25.02.08 |, Nathalie Luca annonce qu'"en qualifiant les sectes de 'non-problème', Mme Mignon a soulevé un vrai débat".

J'ai beaucoup aimé la réflexion de N. Luca qui suit :
La France est hostile au fait qu'un groupe fasse payer ses services dits religieux. La France est également hostile au fait qu'un groupe ne se cantonne pas à une seule sphère d'activités. Ce qui choque les Français, concernant la Scientologie par exemple, c'est d'abord que ses services sont payants, c'est ensuite qu'elle intervient dans différents champs de la société : formations en entreprise, soutien scolaire, lutte contre la drogue.
Tout cela n'est pas en soi dangereux, mais c'est contraire à l'esprit français. Il est sûr que se ruiner à cause d'un groupe religieux apparaît tout à fait inaudible en France : qu'on se ruine au casino est une chose, qu'on se ruine pour une croyance en est une autre.
Effectivement, si je regarde autour de moi, parmi mes connaissances, je ne vois personne ayant fréquenté ou fréquentant une "secte" puisque je ne sais pas ce que recouvre cette dénomination. La fameuse Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires est elle-même incapable d'en donner la définition.

Par contre, je pourrais faire une liste bien longue des personnes de ma connaissance qui se sont ruinées ou qui se trouvent faces à des difficultés financière et psychologique simplement pour avoir fréquenté trop assidûment les casinos et les salles de PMU, institutions parfaitement légales. Je passerai sous silence ceux qui sont tombés dans la délinquance à cause du jeu, suite aux dettes insurmontables. Je suis certain que vous aussi, vous en connaissez quelques uns et probablement plus que d'adeptes de l'Eglise de Scientologie. N'est-ce pas ?

Et pourtant, je n'entend personne hurler de désespoir quand les médias parlent de table de roulette, de blackjack, ou du Grand Prix d'Amérique - sinon, parfois, les femmes et les enfants des joueurs invétérés.

Alors que se passe-t-il ? Pourquoi tant d'histoires à la suite des déclarations d'Emmanuelle Mignon et jamais rien lorsque les TV retransmettent l'arrivée des courses à Longchamp ou font passer Maurice Benguigui pour un héros en diffusant des championnats de poker à l'écran ?

A quand une Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives de la Française des Jeux, la MIVLCDFJ ?

Sunday, February 24, 2008

Tripalium

Dans 2 jours, cela fera 2 mois que la majorité de mes blogs et mes trois sites sont passés au pilon. Je me suis donc retrouvé avec un peu plus de temps libre, puisque je n'avais plus à rédiger de billets ni à répondre aux commentaires. Un surplus de temps pour me consacrer à d'autres activités - la lecture en particulier -, c'est ce dont j'avais le plus besoin.

Mais, ce n'était pas la première fois que j'écrasais des blogs : en 2006, j'en avais déjà pulvérisé deux qui m'avaient accompagnés pendant mes études et sur lesquels mes camarades, avec qui j'avais partagé pendant 5 ans les bancs de la fac, avaient abondamment commenté. Je me souviens de leur concert de protestations lorsque, un beau matin, ils ont constaté que mes blogs s'étaient subitement volatilisés.

Aussi, sachant cela, je présente mes excuses à tout ceux qui, il y a 2 mois, ont eu la surprise de voir que, non seulement mes billets avaient sauté, mais que leurs commentaires étaient aussi partis en fumée. Je ne perds pas de vue que les blogs sont en grande partie co-construits, et que les contributions des lecteurs sont très importantes quant au développement de ce type de médias. Mais, si je n'avais pas agi de la sorte, je ne serais pas parvenu à me détacher de mes blogs. Je n'aurais pas pu prendre le recul devenu nécessaire par rapport à cette drôle d'activité que représente le blogging.

Je vous rappelle que je bloggue depuis 4 ans, soit une durée assez significative dans une vie. De nos jours, bien des mariages ne durent pas si longtemps. Car, comme pour cette vénérable institution, le blogging demande un véritable engagement. Un tas de contrats tacites se passent entre auteurs et lecteurs/commentateurs sans que nous en soyons toujours très conscients.

Par ailleurs, quand on l'observe sous l'angle identitaire, on se rend compte que le blog est un outil de torture terrible. Tous les bloggers le savent, même si certains cherchent à le nier : blogguer sérieusement, sur une durée relativement longue, oblige à s'interroger constamment sur son identité. C'est le miroir le plus implacable que le XXème siècle finissant ait pu inventer.

Depuis 2 mois, donc, je vis mal rasé, mal coiffé. Alors, je pense qu'il est temps de brandir un nouveau miroir. Et puis surtout, beaucoup d'entre vous commençaient à me manquer, puisque je ne me déplaçais plus en ligne pour échanger avec vous un regard dans vos propres miroirs et quelques paroles critiques mais réconfortantes.

Le blog comme outil de déstabilisation du moi, et, même parfois, comme tripalium du moi. Qu'est-ce que vous pensez de ça ?

Monday, January 7, 2008