Monday, May 12, 2008

Interests

Je sais que ce n'est pas facile: ce n'est pas facile d'accepter les critiques qui remettent nos jugements de valeur, nos bonnes ou mauvaises opinions en question; mais, ce n'est pas facile non plus de prendre le risque de froisser l'autre; ce n'est pas facile, parce que, lorsqu'on commente, on ne peut pas se contenter d'un "j'aime/j'aime pas". Et enfin, ce n'est pas facile, parce qu'il faut essayer d'expliquer ce qui détermine notre prise de position, et de le faire en tentant d'effacer notre subjectivité. Pour ma part, ce dernier point est la chose la plus difficile à faire, mais c'est un exercice très enrichissant.

Bien entendu, il faut aussi respecter ceux qui veulent rester pauvres et ne pas les forcer à s'enrichir, s'ils estiment que ça demande trop d'efforts. Mais dans ce cas, il faut que ceux qui ont la volonté de crever la dalle, le fassent clairement savoir.
Il faut qu'ils soient un peu généreux envers ceux qui veulent s'enrichir. Car ceux qui veulent s'enrichir doivent le faire tout en aidant les autres, moins riches, à devenir riches et sans refuser l'aide des plus riches qu'eux. Pour les miséreux, se montrer généreux, c'est dire clairement que tous ces trucs qui fatiguent les neuronnes, ils ne veulent pas en entendre parler.
Ils doivent écrire sur le fronton de leurs blogs quelque chose comme ceci : "Nous, ce qui nous plait, c'est de rester entre nous avec des choses qu'on connait bien, des mots bien conservés en boites, de belles phrases sugelées et un bon four à sémio-ondes, pour se caler une dent creuse entre deux videos."
Dans ce cas, quand le message est clair, celui qui veut devenir riche gagne du temps : au lieu de remplir ses obligations d'entre-aide, il bouquine, s'informe, médite, réfléchit, lit de judicieux conseils. De plus, quand il tente d'offrir son aide à ceux qui en réclament, il peut le faire en sachant qu'il ne prend pas trop le risque de se faire insulter : "prétancieu, c pas c'ke j'té d'mandé, di moi k'sui bo & kas toi ché toi".

Je suis certain que vous avez d'autres idées pour compléter ce billet, ou que vous ne voyez pas le blogging - activité qui consiste à blogguer - sous le même angle que moi.
N'hésitez pas à le faire savoir.

Saturday, May 10, 2008

Professionalisme

Pour Patrick Baudry, au regard d'un film-x, c’est l’excitation féminine qui est spectaculaire, l’excitation masculine va de soi et accompagne la performance de l’actrice car c’est elle qu’on juge essentiellement.
C’est elle qui s’observe surtout et dont on apprécie les talents et le professionnalisme. C’est moins l’érection qui se regarde que le résultat d’une fellation, ou moins l’éjaculation que sa capacité masturbatoire ou sa bouche. Ce sont les lèvres et ses yeux que l’on juge, le mouvement de ses fesses et la forme qu’elle donne à ses seins. C’est la mine de son excitation que l’on guette. Ce sont ses mouvements de langue, le creusement de ses joues, son regard qui s’évaluent. C’est son maquillage et son vernis à ongles, l’ondulation de ses cheveux, ses gémissements et les mots qu’elle prononce qui sont surtout testés.
Je ne sais pas pourquoi, je fais un rapprochement entre ce que décrit, ici, Patrick Baudry et la tauromachie, l'évaluation critique des aficionados... Poor cows...

Sport, Sexe & Blogs

Il n'y a que les lecteurs qui étaient suffisamment âgés au début des années 80 pour se souvenir de ce qu'étaient les villes avant l'apparition du jogging, phénomène de mode très médiatisé et commenté à cette époque. Avant l'arrivée du jogging, le sport se pratiquait beaucoup moins qu'aujourd'hui et surtout il se cantonnait à des lieux très circonscrits dont il ne sortait jamais. Le port du survêtement en ville était encore un accoutrement tout juste toléré par la plupart des citadins, et ne se portait pas dans le monde rural, c'était mal vu. Mais, les choses ont bien changé, et, une vingtaine d'années après, les rites sportifs sont totalement intégrés à la vie quotidienne, et plus personne ne fait attention aux bourrins qui courent le long des trottoirs, ni aux sportifs qui font leurs courses ou vont au travail en survêtements.

En un quart de siècle l'industrie des loisirs a réussi à effacer la distance qui séparait le monde du sport - création de bourgeois oisifs, activité physique pratiquée généralement en comités fermés, c'est à dire en clubs - du monde du travail et de la banalité de la vie quotidienne. Le sport fait partie de notre environnement et plus personne ne conteste sa place. C'est exactement comme la télévision ! D'ailleurs, l'évolution du sport est très fortement corrélée au taux de pénétration de la TV dans les foyers. Tout ça s'est diffusé de manière exponentielle: les statistiques de ventes ont explosé.

Il y a encore quelques années, tout comme le sport, le cinéma porno, lié au monde sordide de la prostitution, était relégué aux marges de la société. Ces films n'étaient projetés que dans certaines salles de cinéma, situées la plupart du temps dans les bas-quartiers des grandes cités.

Ce genre de cinéma, et ses produits dérivés vendus en sex-shops et consommés dans des limites bien établies de l'espace social, ont, à l'instar du sport, envahi le monde du quotidien grâce à la puissante promotion de l'industrie des loisirs exercée depuis que la télévision a gagné tous les foyers, lorsque des chaînes privées ont pu vendre des programmes pornographiques et redoubler les ventes grâce à l'industrie de la cassette VHS, puis du DVD.

L'invention d'Internet et sa prolifération, le fait que dans les pays industrialisés une majorité de consommateurs puissent avoir accès au Web a permis à l'industrie des loisirs, branche pornographie, de mettre en place des stratégies de ventes époustouflantes. Le porno est une industrie globalisée qui rapportait 1 milliard de dollars de chiffre d’affaires en 1998, pour atteindre les 13 milliards aujourd’hui. On dénombrait 22 000 sites pornographiques en 1997, on en compte entre 100 et 300 millions, aujourd’hui.

Sport et porno partagent les mêmes slogans qui disent, en substance, qu'en s'adonnant à l'un et à l'autre, et puis aux deux en même temps, l'individu occidentalisé, l'homme du IIIème millénaire doit pouvoir gagner un surplus de liberté, c'est à dire de confort, de bien être, puisque sont plaisir sera, grâce à la conjugaison de ces deux pratiques, décuplé.

Selon Patrick Baudry: "L’industrie du sexe qui n’est, peut-on dire, qu’une prolongation-extension de la sexualité prostitutionnelle, c’est-à-dire du type d’activités sexuelles qui s’effectue avec des professionnelles, constitue en fait une “généralisation" de l’univers de la prostitution à l’ensemble des réseaux d’une société."

Je me demande ce que vous pensez du film-x, de sa banalisation mais aussi des promesses libertaires qui vont avec la large diffusion de ce genre cinématographique. Pensez-vous que l'on puisse dire du mal de ces films sans être accusé d'être un anti-porno, esclave d'interdits petit-bourgeois ?

Je développerai certainement ce thème, parce que je constate, ça et , que la vague du glam, du récit érotique, qui a déjà submergé les blogs dans les pays anglo-saxon, est en train de débarquer en France, avec pas mal de retard, comme d'hab.

Je me demande aussi si vous avez pris conscience de la place que la branche "sexe" de l'industrie du loisir occupe dans notre paysage culturel.

Friday, May 9, 2008

Ce qui agace

On a le droit d'être agacé par le personnage mais il faut dire clairement ce qui agace.
Ha, ha ! C'est terriblement agaçant, j'ai cette phrase en tête, mais je n'arrive plus à savoir quel est le grand homme, au sens hegelien, qui l'a prononcé.

Thursday, May 8, 2008

Que dit Bourdieu ?

Que dit Bourdieu ? Qu'il faut que les intellectuels donnent des armes aux dominés pour qu'ils s'affranchissent de la domination que les dominants font peser sur leurs épaules. C'est lui, l'intellectuel, qui a travaillé toute sa vie pour mettre à jours les mécanismes sociaux qui font que deux classes s'affrontent, qui sait ce qu'il faut faire pour abolir cette situation: il ne nous reste plus qu'a suivre ses conseils... si, bien entendu, nous nous trouvons dans la position du dominé. Et, si nous ne savons pas où nous situer, ce n'est pas grave Doc Bourdieu va nous l'expliquer.

Mais comment peut-il nous l'expliquer ? Ben tout simplement parce que c'est un expert. Mais, si c'est un expert, il possède un capital symbolique que nous n'avons pas. Il se situe donc du côté des dominants. Comble de malheur, cet expert nous dit de nous méfier des experts. Le mauvais expert est celui qui est rémunéré par les riches, et le bon celui qui vit au sein d'un collège, d'une église, et se contente d'une bicyclette et de frugalité. Donc, nous qui sommes pauvres, nous avons tout intérêt à faire confiance aux pauvres. Sauf qu'on sait que les riches aiment s'entourer des meilleurs experts et qu'ils vont leur donner tous les moyens de mener leurs expertises à bien, et on sait aussi que si effectivement les riches se foutent de la gueule des pauvres, des pauvres commencent par baiser d'autres pauvres pour devenir riches avant même que d'essayer de baiser les riches, car les riches se protègent mieux que les pauvres ce qui fait que c'est plus difficile de les baiser. La seule façon de baiser les riches c'est de se mettre à plusieurs pour leur casser la tête. Mais ça Bourdieu il veut pas parce qu'il dit que la violence c'est l'apanage des riches. Que la clé de la réussite des pauvres, c'est de comprendre ce que les gentils chercheurs humanistes pauvres nous disent. Mais pour qu'on comprenne ce qu'ils nous disent, il nous faut acquérir un langage de riche, cette langue que parlent ces chercheurs qui nous veulent du bien.

Tout ça c'est très bien, mais, d'un autre côté, tant qu'on a la TV et des mangas, pourquoi on devrait s'emmerder à comprendre les riches qui eux-mêmes s'emmerdent avec des trucs aussi chiant qu'on en trouve sur Arte.
En fait, si on devine ce que Bourdieu nous demande, c'est qu'il faut qu'on achète ses bouquins et ceux de ses copains pour nous libérer du boulot que nous font faire les riches et si on ne veut pas faire ça, et, bien ce n'est pas grave, parce qu'eux, Bourdieu et ses potes, ils savent ce qu'il nous faut et il suffit qu'on leur fasse confiance, qu'on fasse comme ils nous disent, et surtout, qu'on arrête de nous disputer entre nous et de nous arnaquer mutuellement.
Ben ouais ! On ne fait déjà pas confiance aux syndicats et on va faire confiance à ces types là.

Mais d'où ils sortent ces branques ? Ils leur faut autant d'années d'études pour en arriver à des conneries pareilles: "Si tous les chercheurs du monde veulent bien se donner la main... tsoin, tsoin !" ?

Parce que l'histoire que je vous raconte, ici, ce n'est pas une histoire de seconde main, une histoire sur l'homme qui a vu l'étudiant qui a vu le film de Carles sur Bourdieu, mais c'est bien ce que Bourdieu raconte lui-même.

Bon, vous me direz, c'était sur la fin de sa vie; il était certainement déjà terriblement souffrant; il a commencé a pendre son rôle de pédagogue au sérieux, et, comme ses propres étudiants commençaient à émettre de sérieux doutes sur ses théories, il a essayé de rallier à sa vision de la société idéale, des semi-lettrés, des lycéens, des éducateurs, des postiers, etc...

I had a bourdream !

Tuesday, May 6, 2008

Exceptional Kylie


La chanteuse australienne, Kylie Minogue, a été décoré ce matin au rang de chevalier des Arts et Lettres par la ministre de la Culture, Christine Albanel.
"This is an exceptional moment for me," Minogue said in French, before describing her feelings for Paris in English: "I fell in love, and it's a love affair that continues to blossom like an eternal spring."

Monday, May 5, 2008

Doubler le Prozac ?

Au détour d'un blog, je suis tombé sur cette phrase:
Doubler le Prozac ? Je voudrais bien, mais seulement deux raisons m’en empêchent, il m’assèche, je ne peux plus pleurer.
C'est le genre de truc qui me fait tordre de rire. J'ai essayé par deux fois de signifier à l'auteure de ce texte que je copiais cet extrait pour le coller sur mon blog, histoire de rigoler à chaque relecture.

Mais, pas de chance ! Miss Prozac est allée ouvrir un blog sur Over-Blog, le genre de plate-forme qui ne fonctionne qu'une fois sur cent, tellement les scripts sont tordus. Les bricoleurs qui ont monté cette plate-forme ne sont pas plus "nets" que ceux qui l'utilisent. Autant d'incompétence, c'est désespérant, ça donne presqu'envie de pleurer... vite un Prozac !

Au fait ! Les antidépresseurs de dernière génération comme le Prozac et le Seroxat n'ont pas plus d'effet que des placebos sur la plupart des personnes souffrant de dépression, selon une étude de l'université anglaise de Hull, dans le Yorkshire, publiée Mardi 26 Février 2008, dans la revue spécialisée PLOS-Medicine. "La différence d'amélioration entre les patients prenant des placebos et ceux prenant des antidépresseurs n'est pas très importante. Cela signifie que les personnes souffrant de dépression peuvent aller mieux sans traitement chimique", explique le professeur Irving Kirsch, du département de psychologie de l'université de Hull.

Travailler moins


Un an de Sarkozy
Un an après sa brillante élection à la présidence de la République, Nicolas Sarkozy paraît dans l'impasse. Porté à la magistrature suprême par l'efficacité de ses thèmes de campagne annonçant "la rupture" avec les méthodes passées de gouvernance, et par un slogan ("travailler plus pour gagner plus") assurant aux Français une augmentation de leur pouvoir d'achat, il a du mal à remplir ses promesses. Une chute de popularité sans précédent pour un président au terme d'une année d'exercice du pouvoir, et un échec retentissant de son parti et ses alliés aux élections municipales de mars dernier mesurent aujourd'hui le désamour entre l'Elysée et le peuple de France.

Alors, citoyen... heureux ?

Sunday, May 4, 2008

Bourdieuseries

Parce que je sais qu'Albertine tient ses promesses et parce que j'étais persuadé qu'elle reviendrait sur le cas Bourdieu, j'avais préparé un texte de Nathalie Heinich, Ce Bourdieu-là ne nous manque pas, histoire de ne pas me sentir trop isolé et de me situer du côté "des gens qui n'ont pas la mémoire courte - ou l'inculture profonde - au point d'avoir oublié que "la pensée au service de l'espace public", ça a donné, entre autres, l'aveuglement stupide de Sartre et de Beauvoir - parangons de l'"intellectuel engagé" - envers l'horreur des camps, nazis ou soviétiques. Des gens qui estiment qu'un chercheur ne trahit pas sa mission en faisant ce pour quoi il est payé par la collectivité : produire du savoir ; et que ceux qui utilisent le prestige de la chaire pour assener leurs opinions personnelles à des étudiants fascinés ou à des militants fanatisés ne sont peut-être pas les mieux placés pour donner à leurs pairs des leçons de probité intellectuelle (sans même parler de productivité scientifique)." [N.H.]

Bon, vous savez que je ne me positionne pas du côté des idolâtres et des mystificateurs de la gauche bien-pensante. Car, j'ai de bonnes raisons de ne pas totalement adhérer aux thèses de Bourdieu, ou plutôt, à ce que j'en sais.

Deux autres papiers se rapportent aux sujets qui, dernièrement, ont été largement abordés sur le blog de notre amie Albertine : une critique de La sociologie à l’épreuve de l’art, essai de Nathalie Heinich, et, quelques Remarques à propos de L’Élite artiste.

Friday, May 2, 2008

En roue libre

Je me demande bien pourquoi j'ai passé autant de temps à remettre ce blog sur pied, alors qu'il vient de nouveau de perdre, pour moi, une grande partie de son intérêt. Mais tout bien réfléchi, c'est normal : le blogging est avant tout une activité qui connaît des hauts et des bas. Et, c'est, en ce moment, une période de creux, du moins en ce qui concerne le désir de m'exprimer par écrit.

Car, ces derniers jours, se sont surtout les collages qui ont occupé mon temps. D'ailleurs, comme je voulais vous les montrer, sans vous obliger à faire un saut jusque sur Flickr, j'ai rouvert une vieille adresse, ma première adresse sur Blogger, soit dit en passant.

Pour l'occasion, j'ai piqué le titre de ce blog sur le dernier billet d'Albertine qui, si je ne me trompe pas, vient de fêter une nouvelle victoire. Parce que j'imagine qu'il y a un lien entre les décollations et sa satisfaction d'avoir mené un travail à son terme. Il faudra que je vérifie. Mais en attendant, sachez que j'ai mis en ligne 11 images. Toutes sont réalisées avec PhotoShop. Vous me direz ce que vous en pensez.

Ensuite, après avoir lu le septième épisode de l'excellent feuilleton "Les couettes de la discorde", dans lequel on peut lire des phrases comme celle-ci:
"L’élégance et la coquetterie, elle le savait, étaient absolument nécessaires si l’on ne voulait pas se faire complètement avaler et mépriser par cette ville. Et Dilek, de la volonté et du désir de s’en sortir, elle avait à revendre. Elle préférait manger uniquement des simits plutôt que de se passer de sa séance hebdomadaire de coiffage dans le salon d'Ahmet. D’ailleurs, finalement le brushing était la seule chose abordable dans cette ville : à peine plus cher qu’un sandwich-döner, et Ahmet qui devait avoir un faible pour elle, acceptait toujours de lui faire crédit."
j'ai recommencé à vagabonder sur la toile. Chose que je n'avais pas vraiment fait depuis pas mal de temps, déjà. Je vous raconterai ce que j'ai découvert au cours de ces dernières déambulations, mais pas tout de suite. J'en ai suffisamment dit pour cette nuit. A bientôt...