Friday, February 27, 2009

Le destin de l’espèce humaine

La question décisive pour le destin de l’espèce humaine me semble être de savoir si et dans quelle mesure son développement culturel réussira à se rendre maître de la perturbation apportée à la vie en commun par l’humaine pulsion d’agression et d’auto-anéantissement. A cet égard l’époque présente mérite peut-être justement un intérêt particulier. Les hommes sont maintenant parvenus si loin dans la domination des forces de la nature qu’avec l’aide de ces dernières il leur est facile de s’exterminer les uns les autres jusqu’au dernier. Ils le savent, de là une bonne part de leur inquiétude présente, de leur malheur, de leur fonds d’angoisse. Et maintenant il faut s’attendre à ce que l’autre des deux "puissances célestes", l’Eros éternel, fasse un effort pour s’affirmer dans le combat contre son adversaire tout autant immortel. Mais qui peut présumer du succès et de l’issue ?

Sigmund Freud, Das Unbehagen in das Kultur
(Malaise dans la civilisation), 1929

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Thursday, February 26, 2009

This Bitter World

Je suis en train de faire un peu d'archéologie : je fouille le disque dur d'un de mes PC avant de le reformater, comme je le fais régulièrement. Mais c'est aussi parce que je suis en train de construire les fondations d'Horizon que je me suis lancé dans des fouilles.

brel maghreb vietnam war souvenirJe remonte à la surface des choses étranges, comme cette photo.
Un tas d'objets ont été transportés d'un PC à un autre, à chaque remplacement de machines ou de HDD. Et, au fil du temps, j'ai fini par oublier l'existence d'un bon paquet de fichiers.

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Statistiques Google Reader

Rubin, si comme tu le prétends, tu utilises Google Reader pour lire les blogs, alors tu dois avoir la possibilité de publier tes statistiques de la manière suivante :

Mais, bien entendu, personne ne te demande de le faire; en tout cas, pas moi.

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Recoil

Au cours d'un entretient avec un sniper de l'US Marine, un reporter de CNN lui demande : "Que ressentez-vous lorsque vous tirez sur un terroriste ?"
Le sniper réfléchit et répond : "Le recul."

sniper marineC'est le genre d'anecdotes qui me fait tordre de rire. Pas Vous ?

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Wednesday, February 25, 2009

Gran Torino

Your world is nothing more than all the tiny things you’ve left behind…
Clint Eastwood in Gran Torino

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Lassitude

Après avoir écrasé ce blog le 26 Décembre 2007, je le relançais avec Tripalium, il y a tout juste un an et un jour. 290 posts mis en ligne au cours des 52 semaines passées.

Je me demande si le moment de faire un break n'est pas à nouveau venu. D'autant plus que j'ai aussi utilisé pas mal de mon temps à faire des copier-coller pour Notesu, après que Pownce ait fermé son site. A l'époque, j'avais été obligé de transférer mes notes sur Soup et sur Vox.

Bon, je ne parle même pas de Posterous ou de Twitter, et encore moins de mes sites d'images, comme Eikasia ou No Milk Today, c'est inutile, je pense que j'en ai assez révélé comme ça : j'ai suffisamment d'excuses pour raccrocher quelques temps.

Ça ne veut pas dire que je m'accorde une pause, mais ça dit que j'y pense sérieusement. D'ailleurs, ça vous ferait aussi des vacances, n'est-ce pas ?

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Bordel martiniquais

grenadines map bequiaMon frère qui a quitté Le Marin, son port d'attache, il y a quelques jours, m'a expédié un mail de Bequia où il se trouve en ce moment.

Voici ce qu'il m'écrit :
"En Martinique, c'est toujours le même bordel. La grève continue et cela tourne à une "guerre" raciale. Les grévistes, tous fonctionnaires ou employés municipaux, barrent l'accès aux diverses zones commerciales et industrielles, empêchent les blancs d'aller travailler et laissent passer les blacks pour qu'ils puissent bosser.
T., [une de ses amies, chef d'entreprise, à la peau blanche], ne peut ainsi rejoindre son labo et va certainement vers une faillite. Cela devient du délire.
Cette grève est en train de faire beaucoup de mal à tout point de vue sur la Martinique."


Évidement cette situation est connu de tous, aussi bien en Guadeloupe qu'en Martinique. Pourtant, je n'ai pas eu l'occasion de lire un seul papier dans la presse qui parle ouvertement du fait que des Antillais à la peau foncée et, de surcroît, au service de l'État, se livrent à de la discrimination raciale. Comment se fait-il que cela soit passé sous silence ?

Qu'en pensent Besancenot, Bové, Royale qui sont allés soutenir ces grévistes ? Qu'en pensent les tordus qui soutiennent Besancenot, Bové, Royale et compagnie ?

Enfin... ces deux dernières questions sont déplacées, oubliez-les : on sait que ces gens ne pensent pas.

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Tuesday, February 24, 2009

Hypocrisie de bon aloi

Oui, je sais, le billet précédent, n'aura aucune portée psycho-socio-politique. 98% des lecteurs vont automatiquement rejeter mes propos et, peut-être même, iront jusqu'à donner raison au dessinateur, uniquement parce qu'ils ne supportent pas l'insulte. Ce pays peuplé de cervelles de mouche voit de la violence partout, ou plutôt, ne voit pas la violence où elle se planque généralement. Il suffit que l'injure soit masquée par une tournure de phrase qui fait qu'elle n'est pas prononcée directement, mais de manière implicite, pour qu'elle soit acceptée par les cervelles foulonnisées. L'insulte franche, sans équivoque est quelque chose d'insupportable pour l'oreille du blogger moyen, le civilisé français du IIIème millénaire.
Encore un domaine, dans lequel je suis inassimilable. Je n'arrive pas à produire tous les efforts que l'hypocrisie de bon aloi réclame. Impossible d'être dans le ton, en harmonie avec le décor aux couleurs crasseuses, baveuses.

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Maurice Sinet relaxé

Le dessinateur Siné avait reconnu avoir voulu pointer "l'arrivisme" de Jean Sarkozy, "la fascination de la famille Sarkozy pour le fric" et "la conversion à une religion (...) pour du blé", mais récuse depuis sa mise en cause tout antisémitisme. Le tribunal correctionnel de Lyon l'a relaxé, ce mardi 24 février, alors qu'il était poursuivi pour "incitation à la haine raciale".

Moi, je suis content que ce fils de pute ait été relaxé, parce que je ne comprends pas qu'on puisse avoir affaire avec la justice pour de simples paroles, aussi connes soient-elles.

Reste tout de même un sérieux problème dans ce pays : nos juges ne parlent pas le français. Ils n'ont pas été capables d'entendre l'implicite antisémite dans les propos de Siné, pourtant évident. Alors, on peut se faire du mouron sur leurs capacités à interpréter les réalités de cette société et donc de juger.

Ce pays patauge, de jours en jours, un peu plus loin dans un marécage qui pue la merde à des centaines de kilomètres à la ronde. Et ce n'est pas une ordure telle que ce Maurice Sinet qui va faire reculer cette puanteur, parce que ce connard et les gens qui lui ressemblent sont des mange-merdes qui ne vivent que des excréments qu'ils répandent.

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Boulon fondu

Rubin Sfadj m'a inscrit sur une chaine qui consiste à appliquer les règles suivantes :

* Choisir la 6ème photo dans son dossier le plus récent.
* La publier sur son blog
* Tagger 6 autres blogueurs et les prévenir sur leur blog

C'est tombé sur l'image d'un boulon... celui que l'inventeur de cette chaîne à perdu en se creusant le ciboulot pour essayer de faire preuve d'imagination.Pas mal, non ?

Bon, je vais refiler cette idée géniale à Ikuulup, Astrale, Evret, Paul, Tizel et Michel.

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Triste crise

Les ménages français sont désormais plus nombreux à penser que le niveau de vie en France s'est détérioré au cours des mois précédents et qu'il va se dégrader dans les mois à venir, indique l'Insee. L'indicateur qui mesure le "moral", est en recul d'un point, ce mois-ci. Il s'établit à -43 en données corrigées des variations saisonnières. Le moral des ménages avait touché en octobre un plancher historique à -47 points.

Et, bien entendu, dès le réveil, sur toutes les radios, qui laissent traîner leurs micros sur les trottoirs, on entend des cohortes de travailleurs, brisés par la douleur, annoncer la fin du monde pour demain. Ces pauvres gens sont désespérés. Je suis en empathie, en résonance. Ce flux de souffrance, qui se propage sur les ondes, me bouleverse. J'arrive à peine à finir mon café.

Je branche mon PC en me disant que je partage ma vie avec un peuple de héros, faisant bravement face à l'adversité. Je me dis qu'ailleurs les gens ont bien de la chance, ils n'endurent pas les souffrances que connaît le peuple français martyrisé par la crise. Un peuple qui résiste comme il le peut. Des hommes et des femmes en lutte pour ne pas tomber encore plus en avant dans la misère.

Effectivement, après quelques recherches en ligne, je dois admettre que la France vit, au regard des autres pays du monde, une insoutenable épreuve, une situation désespérante. C'est bien ce que démontre cet indicateur mondial sur la qualité de la vie en 2008. Je suis au bord des larmes.

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Monday, February 23, 2009

Lectorat limité

En réponse à Chitah, qui me demandait, suite à mon commentaire sous Tous les journalistes sont-ils nuls ?, en quoi le lectorat pouvait jouer sur le manque de professionnalisme des journalistes français, je suis allé chercher quelques chiffres pour illustrer mes propos. Mais bien sûr, une fois les chiffres collectés il m'a été impossible d'accéder de nouveau aux commentaires. [DISQUS déconne sérieusement, Rubin, et ce n'est pas la première fois]. Alors, pour que mes recherches ne soient pas totalement inutiles, je les colle ci-dessous avec mes remarques.

Il semblerait, que la majorité des lecteurs de ce pays ne demandent pas d'êtres parfaitement informés sur la marche du monde et se contentent généralement des faits divers qui se déroulent dans un rayon de 25 km autour de l'endroit où ils résident, ce qu'on dénomme dans le jargon de la communication: informations de proximité.

Selon, les résultats de l’étude EPIQ 2007/2008, chaque semaine, plus de trois Français sur quatre (75,7% soit 37,8 millions) ont un contact avec une marque de presse quotidienne, que ce soit par la lecture d'un journal, d'un de ses suppléments ou la consultation de son site Internet. Les marques de la Presse Quotidienne Régionale attirent 30,8 millions de Français par semaine (61,7%). Celles de la Presse Quotidienne Nationale 19,5 millions (39,1%) et celles de la Presse Quotidienne Urbaine Gratuite 6,9 millions (13,8%).

Ce qui veut dire qu'environ deux Français sur trois, de plus de quinze ans, ne lisent jamais un quotidien comme Le Monde, Le Figaro ou Libération. Quant à ceux qui les lisent, je suis assez perplexe sur leurs facultés intellectuelles. Combien de fois n'ai-je vu des lecteurs abonnés au Monde se plaindre de la longueur des articles qu'ils jugent excessive ou avouer carrément qu'ils n'y comprenaient rien ? C'est en cela que je dis qu'il faut aussi tenir compte du lectorat pour expliquer les difficultés des journalistes. Généralement, ils ne sont pas appelés à se surpasser.

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Saturday, February 21, 2009

L’illusion rhétorique

L’illusion rhétorique consiste à croire que les arguments de chacun comptent, alors que l’objet de la réunion et du dialogue est plutôt la reconnaissance mutuelle du rôle de chacun.

Michel Meyer, Principia rhetorica. Une théorie générale de l’argumentation.

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Intellectuels de haute nécessité

Neuf intellectuels antillais, Ernest Breleur, Patrick Chamoiseau, Serge Domi, Gérard Delver, Edouard Glissant, Guillaume Pigeard de Gurbert, Olivier Portecop, Olivier Pulvar, Jean-Claude William ont rédigé un "Manifeste pour les 'produits' de haute nécessité", publié, le 16.02.09 par Le Monde.

Glissant est titulaire d’un doctorat ès lettres, Chamoiseau a obtenu un prix Goncourt pour un roman et Pulvar est maître de conférence en Histoire. Ces noms me disaient quelque chose; j'ai du les entendre prononcés sur une radio quelconque, mais c'est sur Wikipedia que j'ai appris à qui j'avais affaire. Je ne me suis pas fatigué à découvrir d'où les cinq autres tirent la qualification d'intellectuels, mais je n'ai aucune difficulté à croire qu'ils ont de bonnes raisons pour prétendre au titre, ainsi que le font les trois premiers.

Pour moi, ce texte marque un tournant dans la culture française, avec ce "Manifeste pour les 'produits' de haute nécessité", l'horizon se fait soudain lumineux: l'affaire est entendue, il n'y a plus rien à espérer. Il me faut à tout prix faire émigrer ma pensée dans une autre langue. Je dois dans l'urgence apprendre à parler parfaitement le premier idiome à portée de dico, pour essayer de conserver la raison et une once de dignité. Je ne veux pas subir le douloureux sentiment de honte, de ridicule achevé, celui qui me torturera chaque fois que j'aurai à converser avec un humain qui n'a pas la nationalité française.

Pour l'instant, je me demande s'il ne vaut pas mieux que le Translator de Google me raconte le monde. En effet, lorsque le robot traducteur me donne la version française de "Sein und Zeit", le texte me semble bien plus facile à comprendre que celui de nos intellectuels outremarins.

Seigneur Doliprane, priez pour nous, pauvres Français ! La crise financière internationale est rien en comparaison de ce qui nous guette sur le plan intellectuel.

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Friday, February 20, 2009

Les damnées

“C’est la deuxième abolition de l’esclavage, car l’organisation économique qui a prévalu jusqu’à aujourd’hui est édifiée à l’image de l’économie des plantations. Après trois siècles d’exploitation et de mépris, les gens ont enfin compris ce qui leur échappait et ce qu’ils subissaient”, explique Rozan Mounien, une figure locale du syndicalisme guadeloupéen, interrogé par Antoine Guiral, journaliste du quotidien Le Temps.
Il me semble que cette phrase résume à elle seule un conflit qui dépasse l'entendement.

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Template n°23

Je viens de mettre en place un nouveau template. Je ne sais pas combien de temps le dernier a duré, et je n'ai pas fait le compte des templates que j'ai dessinés pour Cloudy Days depuis sa première mise en ligne; une dizaine environ. Je ne sais plus non plus combien de templates, j'ai bien pu dessiner pour chacun de mes blogs. J'ai donné le n°23 à celui-ci, mais ça ne correspond pas à la réalité. De plus ça n'a aucune importance. Et, cette fois-ci, c'est le background qui me plaît particulièrement. Je modifierai peut-être la couleur des liens et des titres. Mais plus tard. J'en ai assez fait pour aujourd'hui. Je raccroche. Bye!

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Thursday, February 19, 2009

L'université, pour quoi faire ?

Martine Laval a reçu ce matin ce mot de Pierre Jourde, écrivain et professeur d'université.

"Pendant des décennies, l’université a avalé sans broncher les réformes les plus burlesques. Et voici brusquement les universitaires de toutes tendances politiques, les présidents d’université les plus modérés, les chercheurs les plus prudents, gauche et droite mêlées, qui se retrouvent dans la rue, à lever le poing avec des étudiants et de jeunes chercheurs. Pour en arriver à cela, il faut un sentiment profond d’humiliation, de mépris pour les professions intellectuelles, qui dure depuis très longtemps, et qui ne vient pas seulement de nos hommes politiques, mais aussi de la représentation qui est donnée de ces professions par certains médias, à partir d’une méconnaissance profonde de leur réalité quotidienne.

Cela ne tient pas seulement au déferlement des clichés populistes. Ce n’est pas seulement parce que l’on fait passer pour des fainéants des gens qui ne cessent de travailler, pour des salaires minables, dans des lieux souvent sordides. Ce n’est pas seulement parce que l’on prétend évaluer enfin des chercheurs qui le sont en réalité toute leur vie, sur des critères très sélectifs. Ce n’est pas seulement parce que le temps qui pourrait être consacré aux étudiants et aux recherches est en réalité dévoré par une bureaucratie envahissante. C’est aussi et surtout parce qu’il s’agit d’une politique globale de destruction de la culture générale, qui touche l’université, la formation des professeurs, les concours de la fonction publique, l’audiovisuel, etc.

Nous formons les futurs professeurs, et on nous demandera de les recruter, non plus sur ce qu’ils savent en littérature ou en sciences, mais sur des critères techniques étroits. Dans tous les domaines, il s’agit de ne former que des visseurs de boulons soumis, étroitement rivés à leur tâche. Et cela concerne l’éducation dans son ensemble, de la maternelle à l’université. Les universitaires manifestent contre cette vision de la société.

Nous ne voulons pas former seulement des techniciens soumis, aux compétences étroites, mais des hommes et des citoyens. Nous pensons que la recherche est d’autant plus créatrice qu’elle n’est pas soumise à des objectifs purement utilitaires. Que le sens d’une vie ne se résume pas à des savoir-faire techniques. Qu’un professionnel est d’autant plus efficace que sa vision n’est pas étroitement limitée à son domaine de compétence. Que la culture est partie intégrante du fait de devenir homme."

C'est, globalement, ce point de vue que BBL défend en réponse à une question posée par Rubin Sfadj : "Autonomie des universités : une bureaucratisation en trompe l'oeil ?"

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Wednesday, February 18, 2009

Corto & Polluxe, au pays de l'Aufklarung

Il y a un type sur le Web qui se fait appeler Corto. N'allez pas chercher qui c'est en passant par Google, car vous allez vous trouver submergés de réponses : c'est le pseudo que choisissent tous les quadragénaires attardés; ceux qui savent tout de la vie grâce aux bandes dessinées. Son pendant féminin se fait appeler Polluxe. Des mollaçons sans cédille de la cervelle qui ne sont jamais arrivés à lire un article de plus de 1000 signes jusqu'au bout. Je ne vous parle même pas d'un bouquin, objet qui évoque pour eux la torture; ce calvaire subi pendant leurs études - cinq années de DEUG consécutives - alors qu'il leur fallait se présenter aux partiels en ayant une vague idée sur la manière d'aborder le sujet d'examen mais, bien sûr, sans avoir suivi tous les cours.

C'est le genre d'individus qui n'aura pourtant aucun mal à se faire une place dans la vie. Tous finiront toujours par trouver un emploi, pas trop mal rémunéré, qu'ils exerceront à partir d'un bureau, avec à leur disposition personnelle, un ordinateur connecté sur le Web. C'est suite à la pénétration massive d'Internet dans les administrations que les ronds de cuir ont trouvé leur Graal. Quand ils ont eu accès aux encyclopédies en ligne, et particulièrement à Wikipedia, la lumière a enfin inondé la boite à caramels qui, difficilement, tient en équilibre sur leurs épaules.

Depuis, on trouve des Corto et des Polluxe à tous les coins de la bloggosphere. Des gens qui peuvent vous faire entendre tout ce à quoi vous-même, tout seul, vous n'osez pas vous attaquer; car, de la sexualité des araignées à la physique quantique, rien ne leur fait peur. Alors, vous imaginez quand il s'agit de parler d'identité, d'art abstrait ou bien de Spinoza... il sont tous là !!! Tous sauront mieux que quiconque vous expliquer ce qu'il faut comprendre, retenir, lire, dire. Et tant pis si vous-même travaillez depuis 20 ans sur la question, ce n'est pas grave; laissez tomber; écoutez-les bien; ils vont tout vous expliquer et surtout vous dire à quel endroit vous patinez, parce que les choses ne vous semblent pas si simples et que la voie, le cheminement vous parait difficile. N'ayez crainte, Corto et Polluxe sont là pour vous guider; tout est inscrit dans les mangas, il suffit de savoir les déchiffrer !

Vive la bloggosphere qui à chaque interaction vous mène vers la Lumière !!!

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Recensement ethnique


On a dit que les Français émigraient à Paris [1920]. En effet, sur 100 habitants de Paris, on compte seulement 39 Parisiens de naissance, tandis qu'il y a 50 à 51 provinciaux de naissance et 10 à 11 étrangers.

Selon Christophe Beaudouin de l'Observatoire de l’Europe, l’article 21 de la Charte des droits fondamentaux qui va acquérir force obligatoire à travers le traité de Lisbonne (article 6 du Traité sur l’Union européenne révisé) concernant la lutte contre les discriminations introduit précisément le principe ethnique. "Contrairement à l’article 14 de la Convention européenne des droits de l’homme qui protégeait contre les discriminations fondées sur "l’origine nationale ou sociale", l’article 21 qui en est la copie presque conforme évoque quant à lui "les origines ethniques ou sociales". A la nation, on a préféré l’ethnie. En outre, le principe de non-discrimination en lui-même louable, laisse libre cours aux discriminations "positives", revendiquées devant les tribunaux par les personnes qui s’estiment appartenir à une "minorité" défavorisée... C’en est donc terminé de l’égalité républicaine dès lors qu’on célèbre des distinctions fondées sur la simple appartenance à un groupe, et non plus, comme dans la déclaration de 1789, sur "l’utilité commune" (art. 1er), les "vertus" et "talents" des individus (art. 6)".

Hé bien oui, Christophe, c'est ainsi, c'est triste pour les souverainistes. Reste à savoir si l'Union Européenne rendra la cohabitation difficile ou la xénophobie facile ?

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Tuesday, February 17, 2009

Politesse

Hé bien, il était temps que je me tire de ce réseau. Non seulement, les tensions entre membres sont visibles de tous côtés, et, pire, quelques trous du cul affiliés au LHC se montrent de plus en plus cons et arrogants: "Tout commentaire d'un inconnu usant du tutoiement sera détruit quel que soit son contenu.", dixit La lime.

Et, personne ne pense à lui dire qu'il délire. Au contraire, la plupart en rajoute une couche. Ainsi, que le fait, Théo2toulouse, le plus gratiné d'entre eux: "Le tutoiement doit refléter cette volonté délirante d'égalitarisme à tous les niveaux de la société : les parents valent leurs enfants, les jeunes les vieux, les patrons leurs salariés, les femmes les hommes." Il ajoute, un peu plus loin dans un autre commentaire "Pour rappel, le tutoiement systématique se pratique essentiellement chez les camarades de gauche comme de droite, les racailles et les clochards."

Comme toujours, ces bloggers se lancent dans des discussions du café du commerce sans prendre la peine de de se renseigner à minima. Ils n'essayent même pas d'aborder les sujets dont ils "débattent" avec un peu de rigueur. Chacun y va de son lieu commun, de sa vision personnelle faite d'une série d'amalgames, de stéréotypes épouvantables.

Dans le cas de la politesse, je n'ai pas eu a chercher loin puisque Christine Béal, qui fut l'une de mes profs en linguistique interactionniste, conduit des recherches dans ce domaine [PDF]. Pour avoir une petite idée de ce que peut représenter un travail sur la politesse on peut s'intéresser à ce qu'en disent Cerasela Enache et Gabriela Popa [PDF].

La Limace va jusqu'à soutenir que la politesse n'est qu'une forme d'hypocrisie mais que cela vaut mieux que la violence. Une déclaration comme celle-ci laisse deviner la mentalité, l'ethos communicatif de ce blogger.

Une chose est sûre, c'est que les lustukrus qui répandent en coeur leur bave chez La Limace ne donnent aucune envie d'être poli.

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Monday, February 16, 2009

Les héritiers

Après avoir signifié qu'il était "attaché aux droits individuels [tels que] la liberté de penser, d’expression, de religion, de résistance à l’oppression", ce qui révèle un petit problème au niveau sémantique, ce blogger affirme : "je ne supporte pas que l’État, les entreprises, les riches, les administrateurs, les religieux, les politiques, puissent, à un quelconque moment, réduire mes possibilités de réflexion et de jugement."

Oui, arrivé à ce stade, on se dit qu'il est inutile d'aller plus loin, d'essayer d'entamer un dialogue; ce type ne risque plus rien; l'éducation nationale a parfaitement fait son travail; nous avons là un excellent citoyen et les socialistes peuvent dès lors compter sur un militant exemplaire !

Vive la liberté de résistance à l'oppression et vive la République des ratatinés du bulbe !

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Sunday, February 15, 2009

Franchouillardise du dimanche

"Ce n'est pas une raison pour nous imposer d'accepter ces symboles [musulmans]. Nous devons les rejeter au nom de la défense de NOTRE culture, laquelle, ICI, prédomine sur TOUTE AUTRE. On l'accepte ou s'en va. Il n'y a rien de plus simple à comprendre..."
Qui a écrit ça ? Réponse : René Foulon. Le Foulon en question se défend d'être xénophobe, il se dit insulté. Alors que pour moi, cette déclaration frise le racisme, avec cette idée de suprématie : "NOTRE culture, laquelle, ICI, prédomine sur TOUTE AUTRE"; cette suprématie est même posée a priori puisqu'elle "pré-domine". Je n'essayerai pas d'expliquer à René Foulon ce que cette vision essentialiste et hiérarchisante des cultures recouvre. Car, à sa décharge, cet individu me semble intellectuellement inapte à comprendre ce genre d'explications.

Mais, comme le bas de plafond Foulon a obtenu le soutien de LOmiG et de Criticus, il était évident que je ne pouvais pas rester membre d'un réseau dont il est un des gestionnaires et dont le fondateur, Criticus, plus un autre des gestionnaires, LOmiG, approuvent et soutiennent ces conneries. Avec un peu de recul, le trio me semble d'autant plus ridicule qu'il entre en contradiction avec la charte qu'il a lui même établie. Une charte demandant d'adhérer aux valeurs dites humanistes; ce qui suppose un certain universalisme. A l'évidence, l'humanité du trio trouve ses limites aux confins de la culture dite "chrétienne", rejetant tout ce qui n'entre pas dans ce cadre : "Nous devons les rejeter au nom de la défense de NOTRE culture", selon le bon Foulon, sans que LOmiG et Criticus n'y trouvent rien à redire.

Ben wouaaais, pépé Foulon, tu peux te mettre au lit avec ton tromblon, mais moi je n'ai pas ta mentalité d'assiégé, je ne me sens pas à ce point menacé par des "symboles", qu'ils soient musulmans, républicains ou autres. Alors, je te laisse surnager dans ta petite paranoïa ordinaire, ta petite franchouillardise du dimanche, et, je me retire du LHC, parce que, comme le disait l'autre, le Dépendeur d'andouilles, j'ai une autre idée de la grandeur du Réseau, autrement dit du Web.

Bye bye!

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Saturday, February 14, 2009

Un nouveau Mai 68

Comme de bien entendu, le petit facteur sans moustache que 23% de personnes, selon un sondage OpinionWay, considèrent comme le meilleur opposant à la politique de Sarkozy n'est pas en reste. Lui aussi rêve d'un "nouveau Mai 68", certainement pour prendre ensuite la direction politico-économique de la France. Il a d'ailleurs un excellent programme, on sent que ce type a du génie :
"annulation pure et simple de la dette publique (banqueroute), nationalisation des banques pour constituer un service public unique du crédit géré par les salariés et les usagers réunis en conseils (en russe, « soviets »), contrôle généralisé des prix. Augmentation du SMIC à 1.500 euros net, hausse générale des salaires de 300 euros net, allocation aux jeunes de 700 euros par mois, embauche d'un million de fonctionnaires, réduction de la durée du travail à 30 heures, interdiction (ou taxation lourde) des licenciements, généralisation obligatoire des CDI, suppression de toutes les exonérations de charges patronales, rétablissement à 37,5 ans de la durée de cotisation de retraite, alourdissement à 50 % de l'impôt sur les sociétés..."
Et comme le dit Favilla qui rapporte les propos du facteur : "On se limite au plus important".

Certains jours, intérieurement, moi aussi je me mets à souhaiter que ce programme comico-apocalyptique puisse se produire. Ensuite, lorsque les plus cons auront enfin compris à quoi mène cette politique anti-capitaliste, on sera débarrassé de cette propagande populiste nauséabonde pour quelques décennies, ce qui vraiment nous ferait des vacances.

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Extension de la crise

Un sondage à paraître demain [il est dévoilé ici] dans Sud-Ouest indique que 63% de Français n’excluent pas une extension en métropole de la crise d'Outre-mer. Rien de très étonnant après ce que Aubry a déclaré dans un entretien au Parisien : "Je crains effectivement que le sentiment de ras le bol des Guadeloupéens et des Martiniquais se diffuse ici".

Le PCF, par la voix de Greg Oxley, dit en substance la même chose : "Le gouvernement et les capitalistes sont assis sur un volcan qui peut entrer en éruption à tout moment. Derrière la confiance de façade affichée par les ministres et autres porte-paroles du capitalisme, la panique s’installe. Face aux proportions quasi-insurrectionnelles que prend la lutte des travailleurs et des jeunes aux Antilles, ils craignent une "contagion" de la France métropolitaine. Ils sentent confusément le sol se dérober sous leurs pieds. Le déclenchement d’un mouvement généralisé de grèves illimitées mettrait le gouvernement et les capitalistes dans une situation très dangereuse. Elle pourrait même amorcer le développement d’une situation pré-révolutionnaire."

Greg Oxley nous confirme ce à quoi les handicapés du bulbe rêvent : "Pour soulever l’enthousiasme de la masse des travailleurs et de la jeunesse, pour les convaincre de la nécessité et de l’intérêt de s’engager dans une lutte qui s’annonce particulièrement ardue, il faut un programme et des méthodes de lutte qui frappent le système capitaliste à la tête. Il faut expliquer la nécessité d’exproprier les capitalistes, de s’emparer des usines et des grandes entreprises en général. Il faut expliquer la nécessité de nationaliser les banques, les organismes de crédit et les assurances. Il faut également nationaliser les entreprises qui contrôlent la grande distribution. Ces nationalisations ne doivent pas se faire à la manière des nationalisations du passé, mais en plaçant le contrôle et la gestion des entreprises entre les mains des travailleurs."

Et pendant ce temps là, d’après l’étude de l’Observatoire national des stations de montagne Ski France, les taux d’occupation prévisionnels pour les vacances de février vont de 60 % à 75 % selon les massifs. Les réservations de dernière minute, de plus en plus nombreuses, vont néanmoins faire grimper ces chiffres. Déjà lors des fêtes de fin d’année, les taux d’occupation étaient situés entre 65 % et 85 % pour la semaine de Noël, et entre 95 % et 100 % pour la semaine du nouvel an. Les professionnels de la neige sont donc optimistes quant à leurs résultats pour cet hiver.

Au fait, l'Ifop rappelle les résultats d'une enquête réalisée en décembre sur une possible contagion en France du mouvement d'émeutes en Grèce, après la mort d'un jeune tué par la police. A l'époque, 72% des sondés disaient penser qu'un mouvement similaire pourrait s'étendre en France (25% certainement, 47% probablement), pour 27% qui ne croyaient pas à une telle extension (21% probablement pas, 6% certainement pas) et 1% ne se prononçait pas.

Vive la crise !

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Friday, February 13, 2009

Mourir

Mis à part l'inscription sur Slate.fr, je n'ai rien de particulier à dire sur la journée qui vient de s'écouler. Je l'ai déjà signalé : j'aime utiliser les blogs sous forme de simples bloc-notes, d'aide-mémoires. J'ouvre ce post uniquement pour me remémorer un extrait d'une nouvelle d'Albert Camus que j'avais déjà mise en ligne par le passé. Publier une citation, la mettre en ligne est une bonne façon de refaire vivre les quelques mots qui la composent... pour un certain temps... 

Dans une de ses nouvelles, "La femme adultère", tirée du recueil "L'exil et le royaume", Camus décrit deux commerçants d'Alger, Marcel et Jeannine, mariés depuis vingt ans, un bail bien trop long pour que leur amour, vivace au début, n'ait pu être usé. Une nuit, Jeannine a une révélation. Après avoir quitté la chambre commune et s'être exposée au vent glacé du désert, elle regagne le lit, un évènement que Camus commente en ces termes :
Marcel avait besoin d'elle et elle avait besoin de ce besoin, elle en vivait la nuit et le jour, la nuit surtout, chaque nuit où il ne voulait pas être seul, ni vieillir, ni mourir, avec cet air buté qu'il prenait et qu'elle reconnaissait parfois sur d'autres visages d'hommes, le seul air commun de ces fous qui se camouflent sous des airs de raison, jusqu'à ce que le délire les prenne et les jette désespérément vers un corps de femme pour y enfouir, sans désir, ce que la solitude et la nuit leur montrent d'effrayant. Marcel remua un peu comme pour s'éloigner d'elle. Non, il ne l'aimait pas, il avait peur de ce qui n'était pas elle, simplement, et elle et lui depuis longtemps auraient dû se séparer et dormir seuls jusqu'à la fin. Mais qui peut dormir toujours seul? Quelques hommes le font, que la vocation ou le malheur ont retranché des autres et qui couchent alors tous les soirs dans le même lit que la mort (...). Elle l'appela de tout son cœur (...). Elle aussi avait peur de mourir (...)

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Slate en français

J'ai au une peu de mal, hier, à accéder à ce nouveau site, un "pure player", autrement dit un site Internet, non adossé à un titre écrit, consacré à l'information: le serveur ne répondait pas. Mais, ce soir, tout est rentré dans l'ordre et Slate.fr tourne parfaitement.

L'ambition de Slate.fr est de devenir l'un des principaux lieux en France d'analyses et de débats dans les domaines politiques, économiques, technologiques et culturels. Alors, je m'y suis inscrit.

Vous connaissiez peut-être Slate.com qui appartient au groupe Washington Post. C'est le cinquième site de presse aux Etats-Unis par l'audience, le premier qui ne soit pas la traduction numérique d'un journal ou d'une chaîne de télévision.

Les fondateurs de Slate.fr sont Jacques Attali, Jean-Marie Colombani, Johan Hufnagel, Eric Le Boucher, Eric Leser. Ils ont noué un partenariat éditorial exclusif avec Slate.com. Et je suppose que ces noms vous sont connus. Il est donc inutile de présenter ces journalistes, mais si vous tenez à en savoir un peu plus, Johan Hufnagel est interviewé sur fluctuat.net.

D'après Hufnagel "slate" correspond littéralement à "ardoise" mais Urban Dictionary donne aussi ces définitions:
to slate = to cuss, to insult
a slate = an insult
La naissance d'un nouveau site d'information est une bonne chose pour le pluralisme de la presse, mais aussi une bonne chose au regard de la démocratie.

Longue vie à Slate.fr !

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Wednesday, February 11, 2009

A tous les Renés

Je crois que le discours xénophobe, qui se situe à la limite du racisme ["exogène" est un terme révélateur qui se rapporte à la biologie est qui en aucun cas n'est employé par les ethnologues ou sociologues car cela n'a aucun rapport avec la culture ou la société], que vous tenez René [Lire en commentaires], vous ne le percevez pas comme tel, simplement parce que c'est probablement dans votre milieu une manière soft de refuser l'autre. Alors, bien sûr vous pensez avoir de bonnes raisons pour justifier ce refus. Comme vous n'êtes pas complètement stupide vous savez que vous n'y gagnerez rien en vous attaquant aux musulmans de front: aussi vous en passez par la chasse à de petits objets symboliques tel que le voile. Ensuite comme vous avez eu gain de cause sur le voile à l'école, vous demandez l'interdiction du burqa, ou de je ne sais trop quoi, tout en rêvant de faire tomber dans le futur les mosquées.

Moi, je veux bien, mais ne venez pas essayer de faire croire le contraire. Ne faites pas comme ces antisémites qui se déclarent anti-sionistes, ou ces anti-américains qui se disent anti-bush, etc... Cette façon de procéder par métonymie ne trompe que ceux qui veulent bien être trompés. Je sais que dans ce pays qui s'auto-proclame pays de la Liberté, la principale des libertés, la liberté d'expression, est censurée et que vous risquez une condamnation pour propos racistes, ce qui vous a conduit à développer un système rhétorique qui contourne la loi.

Honnêtement, je m'en fous complètement que vous soyez, vous et vos amis, xénophobes, racistes, suprématistes ou ce qui vous chante: je suis pour la diversité ! Pour que vous puissiez penser et dire ce que vous voulez. Mais si vous voulez véritablement la liberté d'expression, pourquoi ne pas commencer par montrer l'exemple, au lieu de vous cacher derrière un burqa pour exprimer le rejet d'une culture qui ne s'apparente pas à la votre et que, soyez honnête, vous aimeriez voir disparaître de votre environnement culturel ?

Vous avez une chance inouïe de conquérir cette liberté de parole avec le Net et de pourvoir exprimer vos idéaux devant un grand nombre de personnes, quelque chose de quasi-impossible pour le common people il y a encore 10 ans. Allez-y profitez en ! Cessez de vous masquer, avancez à découvert, faite retentir vos idées clairement ! Cessez de vous mentir, et par conséquent de prendre les autres pour des cons !

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Tuesday, February 10, 2009

Xénophobie low cost

"Je suis le contraire d'un xénophobe, et a fortiori d'un raciste." Quand un mec se donne la peine de préciser ce genre de choses, n'allez pas chercher plus loin, il ne s'évertue qu'à se rassurer lui-même, sur son propre compte - bien que ça ne trompe personne - pour pouvoir ensuite tenir le discours classique du xénophobe lambda. Je ne le connais pas, mais je suis certain qu'il a un copain qui s'appelle Miloud, ou Kader et dont il parlera, si nécessaire, en cas de reproche quant à son attitude... stupide. J'ai du mal à qualifier ce comportement, tellement c'est banal dans le paysage français, et, "stupide" me semble le terme le plus adapté.

La suite est conforme à la plus pure diatribe classique, celle qu'on entend lorsqu'un ensouché moyen exprime ses angoisses. Un modèle du genre:
"Ca ne me pousse pas à accepter n'importe quoi, n'importe quel comportement, n'importe quelle tenue vestimentaire, n'importe quel rite social. Si telle femme musulmane porte une bourka parce qu'elle y est contrainte, je me féliciterais que la loi de mon pays en interdise l'usage. Si, au contraire, elle la porte volontairement en application de ses principes religieux ou culturels, alors qu'elle la porte, mais dans son propre pays et pas ici. Sa culture est CONTRAIRE à la nôtre (et je ne parle pas ici QUE de la bourka). Si elle vit ici, c'est à elle de s'adpater, pas à nous..."
Le mec en question n'est même pas en mesure d'imaginer que la femme au burqa soit aussi française que lui et qu'elle n'ait pas d'autre pays d'origine que la France. On peut même imaginer que cette femme soit apparentée avec le duc d'Orléan - bon... d'accord, j'ai une imagination fertile.

Enfin... je vous laisse juge...

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Monday, February 9, 2009

Les gogooglelisés

Barbara Cassin, philosophe et directrice de recherche au CNRS, dénonce sur Rue89, le "scandale" de la méthode de notation - évaluation des enseignants-chercheurs - qui, à l'instar de Google, fait que "la qualité devient une propriété émergente de la quantité".
Pour Google, ce qui est mis au-dessus, c'est ce vers quoi le plus de sites renvoient, c'est-à-dire une pratique de citations. C'est comme ça que ça se passe pour les chercheurs. Plus vous écrivez de textes dans des revues répertoriées, plus ces textes sont cités, plus vous êtes bien classés.
Valérie PécresseJean-Marie Brohm, philosophe et sociologue, que je connais d'assez près, donne une idée plus complète de ce qui freine la recherche et tout le reste. Son analyse, Sociologie critique et critique de la sociologie, s'applique, à mon avis, à tous les départements de l'Université française.
L’une des dimensions les plus critiques de la sociologie critique est l’analyse non euphémisée des mœurs et pratiques professionnelles des sociologues. On juge quelqu’un, disait Marx, non pas sur ce qu’il dit ou écrit, mais sur ce qu’il fait. Or, les diverses “équipes”, coteries, corporations, écuries, réseaux affinitaires, sociétés secrètes qui font et défont la sociologie sont pris dans d’impitoyables logiques de pouvoir et de concurrence où les jeux ne sont pas tous de langage et les enjeux jamais ludiques. Les gestions de carrière (les promotions...), les nominations (les mutations...), les ambitions de carrière (les habilitations individuelles et collectives, les responsabilités administratives), les publications dans les revues, les colloques, les jurys de thèse, les voyages à l’étranger donnent lieu à de peu reluisantes violences symboliques (rumeurs calomnieuses, insinuations, excommunications, amagalmes, etc.) ou, pire, administratives (blocages de carrière, marginalisation, harcèlement) dont sont d’abord victimes les jeunes sociologues. Ce n’est que rarement ou alors par discrète allusion que sont évoquées les pratiques de lynchage des “meutes” sociologiques pour paraphraser Elias Canetti (Canetti 1966). La sociologie de la sociologie et des sociologues refoule ainsi soigneusement les luttes de places, les stratégies de classement, déclassement et reclassement, les alliances douteuses, les connivences sans principes, les refus d’argumentation, les exclusives disqualifiantes, la mauvaise foi et l’opacité bureaucratique qui sont l’apanage de toute nomenklatura et que l’on peut régulièrement observer dans les commissions locales de recrutement, les comités de lecture des revues et des éditions, les comités d’expertise et d’évaluation et par dessus tout au CNU (Conseil national des universités) qui décide du sort des jeunes entrants et du prestige des vieux sortants (la fameuse classe exceptionnelle...).
"On le voit, la sociologie critique dispose de peu d’espace pour exister..." dit Brohm, en conclusion. Mais la connerie a largement la place pour se développer et prospérer, n'est-ce pas ?

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Socialisme des cavernes

Gérard Grunberg, directeur de recherche au CNRS / Sciences Po, a lu le bouquin que viennent de publier Besancenot et Bensaïd : Prenons parti. Pour un socialisme du XXIe siècle. Grunberg nous fait remarquer que depuis plus de cent cinquante ans, une infinité de textes anticapitalistes ont été écrits. Il affirme que "celui-ci [Prenons parti] est indéniablement l’un des plus vides". Pour ce chercheur :
"L’argumentation est réduite à sa plus simple expression. Le capitalisme étant la cause de tous les maux, il suffit de le supprimer. Et pour cela, le peuple doit le vouloir et se lever, car il ne faut pas compter sur les élections pour cela. La crise actuelle peut être résolue ainsi: "Dès aujourd’hui, nous prétendons qu’en donnant à la majorité du peuple un emploi stable, correctement rémunéré, avec une protection sociale généreuse et plus de services publics, non seulement les pouvoirs publics prendraient des mesures de justice sociale et de solidarité, mais ils emprunteraient la seule voie de rationalité économique possible qui permettrait la sortie de crise" (p.24)."
"Aussi simple que cela", ironise Grunberg.

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Thursday, February 5, 2009

2004: Scheiroblog Odyssey

En fin de matinée, BBL, m'a demandée: "Ton premier blog sur Blogger, tu l'avais intitulé comment ? Je ne m'en souviens plus." Il m'a fallu quelques secondes pour scanner ma cervelle : "Scheiroblog, tout simplement." BBL a répliqué : "Ha, oui ! C'est dommage que tu l'aies écrasé, il me plaisait bien." Et puis, on en a plus reparlé.

Je ne sais pas pourquoi, ce bref échange de paroles m'est revenu à l'esprit, il y a quelques minutes. Alors, j'ai eu l'idée de vérifier sur Wayback Machine, s'il n'existait pas une copie de ce défunt blog.

J'ai eu la bonne surprise de retrouver une page de Scheiroblog, archivée le 8 Février 2006 dans les entrailles de la machine à remonter le temps.

A cette période là, la liberté d'expression était en question, à cause du bordel que les Musulmans faisaient à travers le monde en découvrant les caricatures du prophète Mohammed, publiées quelques mois auparavant, dans un journal danois. Mais ce qui m'a vraiment fait rigoler, c'est que le moral des Français étaient déjà en berne, au niveau des ressortissants du Zimbabwe !

Dommage que Wayback Machine n'ait pas conservé des pages encore plus anciennes, celles de l'âge d'or du bloggin', avant la chute.

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Wednesday, February 4, 2009

52 civils ont été tués

Au moins 52 civils ont été tués dans le nord du Sri Lanka, alors même que la communauté internationale réclame la fin des hostilités pour sauver 200.000 civils pris au piège des combats qui font rage entre l’armée et les rebelles tamouls. L'unique hôpital en zone de guerre a été évacué mercredi après avoir été pris sous le feu des combats pendant seize heures.

Commentaire de Marcel le Coq, à 10:08 h, le 4/02/2009, sur Le Soir :
La vie des Sri-Lankais n'a décidément pas la même valeur que celle des Palestiniens. Pas un article comminatoire dans la presse, pas une manif avec drapeaux brûlés, pas de déclarations des associations et partis d'extrême gauche contre les crimes de guerre et pour la poursuite des coupables. En fait, s'il n'y a pas Israël dans le titre, tout le monde s'en fout bien. Ca jette un doute sur la sincérité de certains soutiens tonitruants à la cause palestinienne. Combien faut-il de cadavres srilankais pour un linceul gazaoui ?
Où sont les islamo-gauchistes européens quand, dans le Sri Lanka, la guerre civil dure depuis 37 ans et a fait plus de 70 000 morts ? Honte aux européens à sensibilité variable, indifférentes à toutes les autres souffrances, nombreuses et bien pires dans lesquelles Israël n'est nullement impliqué, que fait preuve de compassion juste pour les terroristes.
Marcel résume parfaitement ce que je pense de la psychologie, du comportement, c'est à dire de l'éthique des "humanistes" européens qui représentent, selon mes critères, sur mon échelle de valeurs, la lie de la civilisation occidentale.

Aussi, je vous laisse le soin d'exprimer votre opinion à ce sujet, mais vous aurez du mal à me faire accepter l'idée que nos "braves pacifistes" sont animés par d'honnêtes convictions. Je sens un relent de pourriture qui flotte dans l'arrière salle de notre société qui , pourtant, se veut si pure, et ça me soulève le coeur.
"L'air pur et le parfum des fleurs nous seraient moins favorables que l'odeur de fosse d'aisance et le relent de charogne que nous respirons ici." Léon Bloy, Journal, 1895, p. 188.

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Tuesday, February 3, 2009

Les influenceurs taklamakandais

Selon l'école de Palo Alto, certains individus ont de l'influence sur les autres dans les relations interpersonnelles, ils sont écoutés et suivis quand ils parlent. Les individus influents sont généralement plus ouverts aux diffusions collectives, et plus influencés par elles. Ils sont eux-mêmes soumis à des influences personnelles.

Dans tous les cas, sur le web, les individus influents apparaissent comme servant à relier, par la médiation d'un ordinateur, les membres de leur groupe avec le milieu extérieur, et notamment avec les idées et informations diffusées collectivement. Ils jouent un rôle, direct ou indirect de relais.

Ceci fonctionne parce que "les individus redoutent l'isolement social et pour l'éviter ils expriment les opinions qu'ils considèrent admises par la majorité. Parallèlement, ils censurent celles qu'ils sentent impopulaires. Ce comportement va donc renforcer l'opinion de la majorité, ce qui mène à la suppression de la minorité, créant ainsi une spirale du silence." [Elisabeth Noelle-Neumann].

Pour le dire autrement, l'influenceur ne représente qu'un relais sur les autoroutes de l'information, un relais par lequel le lecteur passe pour faire un plein de carburant. C'est à dire pour remplir le réservoir de son blog des dernières rumeurs qui courent sur le Web. Il échange, par la même occasion, quelques nouvelles sur l'état de la bloggosphere, et reprend la route tout en gardant la direction vers l'objectif qu'il s'était fixé avant l'arrêt au relais. Sauf s'il apprend que cette direction risque de le conduire vers un univers de désolation, un désert que la divine Doxa ignore et ne fréquente pas. Les relais, ou influenceurs, servent donc à prendre la "bonne" direction, la voie la plus fréquentée, celle où l'on se sent en sécurité, bien inséré au coeur du troupeau en pleine transhumance.

Vous qui venez de vous arrêtez sur Cloudy Days, percevez-vous son immense influence, ne redoutez-vous pas de finir votre trajet comme une momie du Taklamakan ?

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Sunday, February 1, 2009

Sing Along

rowdies
Si vos 20 ans n'ont pas coïncidé avec le début des années 70, c'est regrettable parce que vous êtes passé à côté d'une époque "formidable" qui ne sera pas reproduite de sitôt. Il fallait pour vivre cette époque une dose hallucinante de naïveté et une confiance en l'avenir qui semble totalement impensable de nos jours.

Si vous avez 2 minutes devant vous et envie de pousser quelques cris d'horreur, rendez-vous sur: Really Bad Cover Art.

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